Solitude, de Anna de Noailles

Solitude.

Recueil : Les forces éternelles (1920)

Je t'aime, mais je rêve, et mon être sans borne,
Quand le croissant des nuits montre sa belle corne,
Attiré vers les cieux par des milliers d'aimants,
S'élance, et va s'unir à tous les éléments.

Pourtant c'est toujours toi que mon désir réclame,
Mais comment pourrais-tu dominer sur mon âme,
Si tu ne peux bannir de mon cœur ébloui

Ce pouvoir d'espérer par quoi je te trahis ?


Anna de Noailles.