Louis-Xavier Eyma, dit Adolphe Ricard (2)

Les citations célèbres de Adolphe Ricard :

Lorsque je vois une coquette sexagénaire découvrir aux yeux des hommes les débris de ce qui la faisait belle dans sa jeunesse, je songe involontairement à ces vieilles reliques dont l'antiquité nous inspire un si profond respect, qu'on n'ose, en les regardant, les toucher même du bout des doigts.
Adolphe Ricard ; L'amour, les femmes et le mariage (1857)

Enfermez neuf cents femmes ensemble pendant quarante-huit heures, placez-vous au milieu d'elles, et de quelque côté que vous portiez votre attention, vous les entendrez toutes parler de la seule chose qui les occupe sérieusement, vous les entendrez parler chiffons.
Adolphe Ricard ; L'amour, les femmes et le mariage (1857)

Une jeune fille de seize ans se laisse aimer, une femme de trente ans se fait aimer.
Adolphe Ricard ; L'amour, les femmes et le mariage (1857)

Le plaisir de l'amour est le parfum qui nous suit jusqu'au tombeau.
Adolphe Ricard ; L'amour, les femmes et le mariage (1857)

L'adultère est dans les yeux de tout homme qui regarde une femme qu'il trouve jolie.
Adolphe Ricard ; L'amour, les femmes et le mariage (1857)

L'adultère est dans la pensée de toute femme qui voit un homme qui lui plaît.
Adolphe Ricard ; L'amour, les femmes et le mariage (1857)

Un paysan picard venait d'arriver à Paris. Son hôte voulant le distraire, lui demanda s'il voulait voir la Veuve du Malabar (tragédie de Lemierre qu'on jouait à cette époque au Théâtre-Français). — La veuve du Malabar ! Oh ! nenni-da, m'sieur, répondit le paysan, j'suis pas un coureux de filles, moi, j' m'en tiens à not' femme.
Adolphe Ricard ; L'amour, les femmes et le mariage (1857)

S'il est vrai que d'ordinaire on ne fasse parade que de ce que l'on n'a pas, la crinoline me semble le moyen le plus ingénieux que les femmes puissent employer pour faire savoir au public les appas qui leur manquent.
Adolphe Ricard ; L'amour, les femmes et le mariage (1857)

Un herboriste, nommé Gaston, rentrant chez lui surprit sa femme dans les bras de son voisin. N'écoutant que sa colère, notre homme armée d'une épée allait se jeter sur son indigne rival, lorsque l'épouse coupable, pour protéger les jours de celui qu'elle aimait, vint héroïquement se placer entre son mari et son amant : — Que vas-tu faire, Gaston ? lui cria-t-elle en arrêtant violemment le bras de son mari, malheureux ! tu ne vas pas tout de même tuer le père de tes enfants !
Adolphe Ricard ; L'amour, les femmes et le mariage (1857)

Avec les femmes, on ne peut compter sur rien : leur cœur, de cire le matin, est d'airain le soir, et telle qui vous a permis hier les familiarités les plus compromettantes, se révoltera demain si le jeu ne lui convient plus.
Adolphe Ricard ; L'amour, les femmes et le mariage (1857)

Une jolie femme est un charmant joujou qui plaît à tout le monde ; mais quand elle n'est que jolie, les hommes d'esprit s'en amusent et les sots s'en amourachent.
Adolphe Ricard ; L'amour, les femmes et le mariage (1857)

En faisant l'oraison funèbre d'une dévote qui venait de mourir, un prêtre s'étendait longuement sur la sagesse exemplaire dont elle avait fait preuve durant toute sa vie. — Bast ! dit à son voisin un poète que l'expérience avait rendu très incrédule sur ce chapitre : Marthe, dit-on, fut toujours sage ; jamais personne n'eut son cœur, mais cette vertu, je le gage, elle la dut à sa laideur.
Adolphe Ricard ; L'amour, les femmes et le mariage (1857)

Un ami d'enfance de Charles le voyant, à cinquante-neuf ans, courir encore la minette, lui dit : — Mais s'il m'en souvient, mon cher ami, à l'âge où nous volions ensemble des pommes vertes dans le jardin de ton père, ce fut une femme de quarante ans qui devint l'objet de ton premier amour. — Ta mémoire ne te trompe pas, mon ami, lui répondit en riant Charles, mais ce que tu dis là ne prouve qu'une chose : c'est qu'en sortant du collège j'aimais les pommes vertes et les femmes mûres, tandis que maintenant, à mon âge, j'aime les femmes vertes et les pommes cuites.
Adolphe Ricard ; L'amour, les femmes et le mariage (1857)

Une femme d'un certain âge très avancé, qui venait de perdre son mari, le pleurait à chaudes larmes devant un vénérable ecclésiastique. — Mon pauvre mari !... mais où donc est-il maintenant ? s'écriait-elle au milieu de ses sanglots. — Il est au ciel, Madame, lui répondit le prêtre, touché de son désespoir. — Au ciel, dites-vous ? Ah ! monsieur le curé, que n'y est-il monté vingt ans plus tôt, reprit la veuve inconsolable... j'aurais pu du moins profiter de mon veuvage !
Adolphe Ricard ; L'amour, les femmes et le mariage (1857)

Un jeune homme tout frais débarqué de sa province, vint un jour trouver l'ancien du village, et le pria de lui donner quelques renseignements sur une demoiselle qu'il aimait beaucoup, et qu'il voulait épouser, disait-il, parce qu'il la croyait sage, honnête et vertueuse. — Épouser ! Ah ! monsieur, gardez-vous en bien, répondit l'ancien du village, car si depuis qu'elle a des amants, votre future avait exigé de chacun d'eux une pierre de taille pour en bâtir une pyramide, comme fit autrefois une princesse d'Égypte, elle en pourrait construire une qui monterait jusqu'au troisième ciel.
Adolphe Ricard ; L'amour, les femmes et le mariage (1857)

Il y a des femmes auxquelles la froideur de leur tempérament tient lieu de vertu. Celles-là n'ont pas plus de mérite à être chastes, que celles qui se réfugient par crainte de l'amour derrière les grilles d'un couvent. Christine de Suède, visitant un jour un de ces établissements, disait avec beaucoup de raison à la supérieure : — Si vous faites des vœux, pourquoi des grilles ? et si vous avez des grilles, pourquoi des vœux ? — Il n'y a point de mérite, dit un philosophe latin, à ne pas faire ce que l'on ne peut pas faire : Nulla igitur laus est non facere quoi facere non possis.
Adolphe Ricard ; L'amour, les femmes et le mariage (1857)

Quelques jours après le décès de Gaston, un de ses amis s'avisa de faire son panégyrique au milieu d'une assez nombreuse compagnie. Un poète qui se trouvait là, ne pouvant écouter de sang-froid ce qui lui semblait très risqué, se pencha vers son voisin, et lui dit : — Je l'ai connu, ce pauvre cher homme ! austère comme un cénobite, il vécut toujours chastement, mais il dut sa bonne conduite, à son mauvais tempérament !
Adolphe Ricard ; L'amour, les femmes et le mariage (1857)

Qu'est-ce qu'un amant ? — Le successeur d'un mari trompé, d'un pauvre cocu. — Qu'obtient-il ? — La permission d'effacer le soir les baisers que sa maîtresse a reçus le matin ! — Combien d'hommes, qui chassent impunément sur les terres d'autrui, seraient honteux de leurs bonnes fortunes s'ils se faisaient une seule fois cet humiliant aveu !
Adolphe Ricard ; L'amour, les femmes et le mariage (1857)

La vérité, Mesdames, ne se trouve pas seulement dans le vin, elle est aussi dans le sommeil : in vino vel in somno veritas. Si donc votre conscience vous reproche un amant, éloignez-vous de la chambre nuptiale, faites lit à part. Les fortes passions rêvent, a dit un philosophe ; on prend plaisir à songer à ce que l'on aime ; et plus d'une fois, le nom d'un amant, prononcé pendant le sommeil, est venu révéler à de pauvres maris cocus les blessures qu'ils portaient au front !
Adolphe Ricard ; L'amour, les femmes et le mariage (1857)

Quand j'entends un sot se vanter de ses bonnes fortunes et de ses conquêtes, je me hâte de me souvenir, pour n'être point sa dupe, que ce sont les tonneaux vides qui font le plus de bruit, ça me rassure !
Adolphe Ricard ; L'amour, les femmes et le mariage (1857)

Dans l'ampleur exagérée des robes de nos grandes dames, il y a quelque chose de plus blâmable encore que le ridicule de leurs robes, c'est l'ampleur de ces dames.
Adolphe Ricard ; L'amour, les femmes et le mariage (1857)

Pour réussir auprès des femmes, il n'est pas nécessaire d'être un galant homme, bien moins encore un homme d'esprit ; il faut être tout simplement un homme bien fait. Les femmes n'estiment en nous que ce qu'elles y trouvent à leur portée. L'arrangement des cheveux les séduit beaucoup plus que la noblesse du cœur, et la distinction de l'esprit est peu de chose pour elles, quand elles peuvent admirer l'élégance des formes, certaines disent même que : L'amour n'est jamais le prix de la vertu, c'est par les agréments que l'on touche une femme, et pour une de nous que l'amour prend par l'âme, il en est plus de cent qu'il séduit par les yeux.
Adolphe Ricard ; L'amour, les femmes et le mariage (1857)

L'action de deux femmes qui s'embrassent ne prouve pas grand-chose, car deux femmes peuvent se jeter au cou l'une de l'autre, et se haïr très cordialement.
Adolphe Ricard ; L'amour, les femmes et le mariage (1857)

La crainte du diable et de l'enfer n'intimide les femmes que pour un quart d'heure, et n'a jamais retenu personne. Une femme oublie son devoir en sortant du sermon, si elle sait que l'homme qu'elle aime l'attend avec impatience au rendez-vous donné.
Adolphe Ricard ; L'amour, les femmes et le mariage (1857)

Une jeune femme reprochait un soir à son compagnon de danse de n'avoir point suivi la mesure : — Vous êtes un grand coupable, Monsieur, lui disait-elle, en grossissant sa jolie voix, et vraiment je vous en veux beaucoup. — De grâce, Madame, soyez indulgente, lui répondit le poète, car : Si pour vous je sors de cadence, tout ce que vous devez penser, c'est qu'un homme en votre présence, ne sait plus sur quel pied danser.
Adolphe Ricard ; L'amour, les femmes et le mariage (1857)