Charles-Joseph de Ligne (2)

Les citations célèbres de Charles-Joseph de Ligne :

La générosité d'argent est bien trop facile, il n'y a qu'à être riche pour être généreux. Mais celle qui ne coûte pas un sou, la générosité de l'âme, est celle que j'estime. C'est une belle chose qu'un homme vraiment généreux, car il n'y a de grandeur sur la terre que dans le sacrifice de soi.
Charles-Joseph de Ligne ; Les lettres, maximes et pensées (1809)

On est injuste envers la mort en la peignant comme on le fait : on devrait la représenter en vieille femme bien conservée, grande, belle, auguste, douce et calme, les bras ouverts pour nous recevoir et nous accueillir : La mort est l'emblème du repos éternel après la malheureuse vie inquiète et orageuse.
Charles-Joseph de Ligne ; Les lettres, maximes et pensées (1809)

L'inquiétude bannit le sommeil.
Charles-Joseph de Ligne ; Les lettres, maximes et pensées (1809)

Plus on a de courage, et plus on est sensible : en toutes choses, c'est l'émotion qui est sublime.
Charles-Joseph de Ligne ; Les lettres, maximes et pensées (1809)

On fait bien des chutes avant d'attraper la raison, elle se sauve parce qu'elle croit valoir la peine qu'on coure après elle ; elle passe par les endroits les plus glissants et veut éprouver ses véritables amants : celui qui prétend l'avoir acquise tout de suite est un fat.
Charles-Joseph de Ligne ; Les lettres, maximes et pensées (1809)

Je n'aime pas à parler de moi, et le Je m'est odieux quand je m'en sers.
Charles-Joseph de Ligne ; Lettre au roi de Pologne (1785)

La philosophie est l'arrière-garde des malheurs, des goûts et des passions.
Charles-Joseph de Ligne ; Les lettres, maximes et pensées (1809)

Pour peu qu'on soit assez considéré dans le monde pour y jouer un rôle, on est lancé comme une boule qui ne reprend jamais sa tranquillité.
Charles-Joseph de Ligne ; Les lettres, maximes et pensées (1809)

Un bon censeur est un don du ciel. S'il y a quelque chose d'un peu neuf, qui étonne le petit esprit, il en développe l'utile ou l'agréable, et le communique au public : donc, il est capable de faire lui-même un bon ouvrage. Le bon censeur est sensé et sensible, ne fait, ne dit, et ne voit pas le mal où il n'y en a pas ; le petit esprit le met à la place du bien qu'il ne peut point comprendre.
Charles-Joseph de Ligne ; Les lettres, maximes et pensées (1809)

Il ne faut jamais se laisser dominer par ses affaires : un habile homme se met au-dessus. Quand même il manquerait d'exactitude, il se rattrape et se met au courant. Il faut de l'ordre sans doute, et de la méthode ; mais il faut n'en pas être esclave. La peur de faire des injustices en fera commettre. Le génie fait tout percer, tout deviner, tout réparer, et s'élever au-dessus des formes. L'absence du génie fait d'un ministre un commis, d'un général un major, d'un président un avocat, d'un intendant un subdélégué, d'un médecin un apothicaire, mais presque jamais un prêtre d'un évêque.
Charles-Joseph de Ligne ; Mes écarts ou ma tête en liberté (1796)

Il faut toujours être en garde contre soi ; il faut même s'abstenir des bonnes choses. Par exemple, la retraite est admirable pour faire des retours sur soi-même ; cependant on peut en abuser. Je m'y accoutume trop tous les jours ; et c'est par principe que je m'y arrache dans ce moment-ci, pour aller chercher un ennui à un bal superbe, ou je le trouverai sûrement au milieu de cent femmes dont aucune ne m'intéresse.
Charles-Joseph de Ligne ; Mes écarts ou ma tête en liberté (1796)

On ne réfléchit au passé et à l'avenir que pour gâter le présent.
Charles-Joseph de Ligne ; Mes écarts ou ma tête en liberté (1796)

L'amour-propre d'un sot est aussi dangereux que celui d'un homme d'esprit est utile.
Charles-Joseph de Ligne ; Mes écarts ou ma tête en liberté (1796)

La timidité allonge l'amour et lui donne de la vivacité.
Charles-Joseph de Ligne ; Mes écarts ou ma tête en liberté (1796)

L'audace fait quitter aussi aisément que l'audace a fait avoir.
Charles-Joseph de Ligne ; Mes écarts ou ma tête en liberté (1796)

L'indifférence pour la gloire est incompatible avec l'élan du génie qui fait voler à la victoire.
Charles-Joseph de Ligne ; Mes écarts ou ma tête en liberté (1796)

On croit que le persiflage rend ridicule. Oui, sûrement ; mais c'est la personne qui s'en sert, car plus le persiflé aura d'esprit, moins il aura l'air de croire qu'on emploie ce mauvais genre contre lui. Il y a beaucoup de choses qu'il faut déjouer en ne les remarquant pas.
Charles-Joseph de Ligne ; Les lettres, maximes et pensées (1809)

Il y a beaucoup d'esprit dans la bonté, elle suppose plus de pénétration que le blâme.
Charles-Joseph de Ligne ; Les lettres, maximes et pensées (1809)

L'intérêt personnel le moins malhonnête est celui qui, examinant les choses sous les deux faces qu'elles ont presque toujours, ne prend le parti qui lui convient le mieux, qu'après s'être convaincu qu'il ne nuit pas trop aux autres. Cela prouve au moins qu'il a discuté la matière avec lui-même, et tant que les hommes se croient honnêtes gens ils le sont encore un peu.
Charles-Joseph de Ligne ; Les lettres, maximes et pensées (1809)

Le temps passé est toujours regretté, c'est le présent qui le sert. On voit en bien tout ce qui n'est plus, et en mal tout ce qui est.
Charles-Joseph de Ligne ; Les lettres, maximes et pensées (1809)

Malheur à celui qui veut des lauriers au milieu de gens qui n'en ont pas, il sera écrasé.
Charles-Joseph de Ligne ; Les lettres, maximes et pensées (1809)

Il ne faut peut-être pas toujours avoir raison pour plaire ; il y a une manière d'avoir tort qui est faite pour réussir. Il y a même des travers fort agréables, quand ils ne sont pas joués.
Charles-Joseph de Ligne ; Les lettres, maximes et pensées (1809)

Un original est souvent un bon diable : son originalité est fondée sur la certitude qu'il a de son caractère ; cela fait qu'il néglige les manières convenues ; il aura peut-être beaucoup de défauts, mais il ne sera sûrement ni faux, ni rampant.
Charles-Joseph de Ligne ; Les lettres, maximes et pensées (1809)

Les sottises de ceux qui sont préférés aux gens de mérite, les vengent et couvrent de boue les protégés bien bas, les protecteurs bien bêtes et les plats intrigants qui se mêlent de tout ce qui est injuste.
Charles-Joseph de Ligne ; Les lettres, maximes et pensées (1809)

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