Pierre-Marc-Gaston de Lévis, second duc de Lévis

Quelques mots sur l'auteur :

Duc de Lévis

Pierre-Marc-Gaston de Levis, second duc de Lévis, pair de France, ministre d'État, membre de l'Académie française, chevalier des ordres du roi, né à Paris le 7 mars 1764. Le duc de Levis est décédé à l'Élysée-Bourbon, le 15 février 1830, à l'âge de 66 ans. L'ordonnance royale du 21 mars 1816 pour réorganiser l'Institut, le nomma membre de l'Académie française.

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Les 75 citations du duc de Lévis :

Une bonne police garantit la sûreté publique d'une manière insensible, mais certaine ; c'est ainsi que les paratonnerres préservent de la foudre.
Pierre-Marc-Gaston de Levis ; Maximes et préceptes (1808)

Rien ne prouve autant la médiocrité de ceux qui sont à la tête des affaires que la répugnance qu'ils ont à se servir des hommes supérieurs. Le génie ne craint point les comparaisons.
Pierre-Marc-Gaston de Levis ; Maximes et préceptes (1808)

Le passé est soldé, le présent vous échappe, songez à l'avenir.
Pierre-Marc-Gaston de Levis ; Maximes et préceptes (1808)

Bientôt il faudra mourir. Alors, si vous êtes heureux, quel regret de quitter la vie ! Et pourquoi ne pas chercher à prolonger votre bonheur au-delà du trépas ? Êtes-vous malheureux ; que n'essayez-vous de prendre votre revanche ? Dans les deux cas, adressez-vous à la religion.
Pierre-Marc-Gaston de Levis ; Maximes et réflexions (1808)

Si les hommes étaient sages, ils donneraient à la religion et à la médecine la plus grande partie du temps que ne réclament pas les devoirs de leur état.
Pierre-Marc-Gaston de Levis ; Maximes et réflexions (1808)

On n'est pas d'accord sur le moment de la journée où l'esprit est le plus disposé au travail. Les uns prétendent que c'est le matin, d'autres soutiennent que c'est le soir. Le fait est que chacun a raison pour soi, sans pouvoir juger pour les autres, puisque tout dépend de l'action plus ou moins prompte des organes de la nutrition. Le cerveau ne saurait agir avec toute son énergie que dans cet état de liberté qui suit le travail de l'assimilation, et qui précède le besoin.
Pierre-Marc-Gaston de Levis ; Maximes et réflexions (1808)

La plupart des auteurs, en cherchant à rendre leurs ouvrages piquants, ne réussissent pas mieux que ces médecins qui ordonnent l'opium comme stimulant, et qui souvent endorment leurs malades.
Pierre-Marc-Gaston de Levis ; Maximes et réflexions (1808)

Entendre le soir de la bonne musique, c'est accorder un juste dédommagement aux oreilles pour tout ce qu'elles ont à souffrir pendant la journée.
Pierre-Marc-Gaston de Levis ; Maximes et réflexions (1808)

En administration, toutes les sottises sont mères.
Pierre-Marc-Gaston de Levis ; Maximes de politique (1808)

La critique est un impôt que l'envie perçoit sur le mérite.
Pierre-Marc-Gaston de Levis ; Maximes et réflexions (1808)

L'ennui est une maladie dont le travail est le remède.
Pierre-Marc-Gaston de Levis ; Maximes et préceptes (1808)

La femme n'a de force que dans le cœur, l'homme en a dans le cœur et dans la tête.
Pierre-Marc-Gaston de Levis ; Réflexions sur les femmes (1808)

Quand la flatterie ne réussit pas, ce n'est pas sa faute, c'est celle du flatteur.
Pierre-Marc-Gaston de Levis ; Réflexions sur l'amour-propre (1808)

Si l'amour-propre, égaré par la flatterie, fait commettre bien des fautes, souvent aussi il retient par la crainte de la honte, et devient la sauvegarde de l'honnêteté.
Pierre-Marc-Gaston de Levis ; Réflexions sur l'amour-propre (1808)

On confond trop souvent l'orgueil de la naissance avec l'esprit de corps général parmi la noblesse dans tous les pays où cette institution subsiste. Si le premier de ces sentiments est ridicule et quelquefois odieux, le second est trop utile à l'état pour ne pas être encouragé : en effet, il assure l'observation des bienséances, détruit l'égoïsme, donne la force de faire des sacrifices, exige la bravoure et commande la générosité.
Pierre-Marc-Gaston de Levis ; Maximes et préceptes (1808)

L'imagination peint, l'esprit compare, le goût choisit, le talent exécute.
Pierre-Marc-Gaston de Levis ; Maximes et préceptes (1808)

De tous les sentiments, le plus difficile à feindre c'est la fierté.
Pierre-Marc-Gaston de Levis ; Maximes et préceptes (1808)

Il est contraire à la dignité et à l'intérêt bien entendu d'un gouvernement de prendre une part directe aux entreprises que l'on annonce devoir être lucratives, quelles que soient les bénéfices qu'elles semblent promettre.
Pierre-Marc-Gaston de Levis ; Maximes et préceptes (1808)

Le luxe déprave les mœurs en créant pour toutes les classes de la société des besoins factices et des sujets de tentation, ce qui ne peut manquer d'accroître le penchant déjà trop naturel à l'homme de s'enrichir par le moyen le plus prompt et le plus commode, c'est-à-dire, en s'emparant par la ruse ou la violence de ce qu'il devrait gagner par le travail ou l'industrie.
Pierre-Marc-Gaston de Levis ; Maximes et préceptes (1808)

Dans un Etat bien ordonné, le peuple doit retirer plus d'avantages de la noblesse que les nobles eux-mêmes.
Pierre-Marc-Gaston de Levis ; Maximes et préceptes (1808)

Les meilleurs gouvernements sont ceux qui renferment en eux-mêmes des principes de réformation.
Pierre-Marc-Gaston de Levis ; Maximes et préceptes (1808)

Justice, humanité, industrie, voilà les principes fondamentaux des Etats, c'est par eux qu'ils prospèrent, quelle que soit la nature de leur constitution ; mais dans tous, la crainte est le seul ressort qui puisse maintenir l'ordre et la tranquillité.
Pierre-Marc-Gaston de Levis ; Maximes et préceptes (1808)

Les grands Etats peuvent supporter de grands abus, ce sont les grandes fautes qui les font périr.
Pierre-Marc-Gaston de Levis ; Maximes et préceptes (1808)

Les choses sont si bien arrangées que le plaisir du succès est presque toujours proportionné à la peine qu'il a fallu prendre pour réussir.
Pierre-Marc-Gaston de Levis ; Maximes et préceptes (1808)

Les formes de la société sont comme les vêtements, elles servent à couvrir des défauts et des plaies secrètes qui restent cachées jusqu'à ce que l'intimité vienne à les découvrir, aussi l'homme sage ne les provoque-t-il pas légèrement.
Pierre-Marc-Gaston de Levis ; Réflexions sur la société (1808)