Gustave Flaubert (2)

Les citations célèbres de Gustave Flaubert :

Travaille, travaille, écris, écris tant que tu pourras, tant que ta muse t'emportera. C'est là le meilleur coursier, le meilleur carrosse pour se voiturer dans la vie. La lassitude de l'existence ne nous pèse pas aux épaules quand nous composons.
Gustave Flaubert ; Lettre à Alfred Le Poittevin, le 5 septembre 1845.

À force de me trouver mal dans ma solitude, j'arrive à m'y trouver bien.
Gustave Flaubert ; Lettre à Alfred Le Poittevin, le 3 juillet 1845.

Si ma vie est douce, elle n'est pas fertile en facéties. D'ici à quelques années cependant je n’en désire pas d'autre. J'ai même envie d'acheter un bel ours (en peinture), de le faire encadrer et suspendre dans ma chambre, après avoir écrit au-dessous : Portrait de Gustave Flaubert, pour indiquer mes dispositions morales et mon humeur sociale.
Gustave Flaubert ; Lettre à Ernest Chevalier, le 15 juin 1845.

J'ai l'infirmité d'être né avec une langue spéciale dont seul j'ai la clé.
Gustave Flaubert ; Lettre à Louise Colet, le 11 août 1846.

La contemplation d'une femme nue me fait rêver à son squelette.
Gustave Flaubert ; Lettre à Louise Colet, le 8 août 1846.

Le meilleur de la vie se passe à dire : Il est trop tôt, et puis : Il est trop tard.
Gustave Flaubert ; Lettre à Jules Duplan (1857)

Aimer, c'est s'unir avec un mélange de tendresse et de plaisir, se voir avec charme.
Gustave Flaubert ; Lettre à Louise Colet, le 30 avril 1847.

Aimer, c'est avoir une préoccupation exclusive de l'être aimé, ne vivre que par lui, ne voir que lui au monde, être plein de son idée, en avoir le cœur comblé, sentir enfin que votre vie est liée à la vie de l'être aimé.
Gustave Flaubert ; Lettre à Louise Colet, le 30 avril 1847.

Ce ne sont pas les grands malheurs qui font le malheur, ni les grands bonheurs qui font le bonheur, mais c'est le tissu fin et imperceptible de mille circonstances banales, de mille détails ténus qui composent toute une vie de calme radieux, ou d'agitation infernale.
Gustave Flaubert ; Lettre à Louise Colet, le 20 mars 1847.

Le cœur de l'homme est encore plus variable que les saisons, tour à tour plus froid que l'hiver et plus brûlant que l'été. Si ses fleurs ne renaissent pas, ses neiges reviennent souvent par bourrasques lamentables ; ça tombe ! ça tombe ! ça couvre tout de blancheur et de tristesse, et quand le dégel arrive, c'est encore plus sale !
Gustave Flaubert ; Lettre à Louise Colet (1847)

Mon cœur, où ont cuvé dans la solitude, les passions, les fantaisies et les rêves d'un autre monde, de sorte qu'il est maintenant bosselé et tordu comme de la vaisselle hors de service, et qu'on aura beau l'essuyer et le rincer, toujours il aura la froide odeur de tout ce qu'on y a mangé autrefois.
Gustave Flaubert ; Lettre à Louise Colet (1847)

Il y a des gens qui ont le cœur tendre, et l'esprit dur.
Gustave Flaubert ; Lettre à Louise Colet (1847)

L'amour, c'est un lit où l'on met son cœur pour le détendre.
Gustave Flaubert ; Lettre à Louise Colet (1847)

Quand on s'aime, on peut passer dix ans sans se voir et sans en souffrir.
Gustave Flaubert ; Lettre à Louise Colet (1846)

L'avenir est ce qu'il y a de pire dans le présent. Et tous, vous n'aurez comme les autres que de l'ennui pendant votre vie, et une tombe après la mort, et la pourriture pour l'éternité.
Gustave Flaubert ; Pensées (1915)

Les anges de ma jeunesse deviennent des ménagères. Toutes mes anciennes étoiles se tournent en chandelles et ces beaux seins où se berçait mon âme vont bientôt ressembler à des citrouilles.
Gustave Flaubert ; Lettre à Louis Bouilhet, le 31 août 1855.

J'avais hier les poumons fatigués à force de humer les lilas, et ce soir sur la rivière, les poissons sautaient avec des folâtreries incroyables, comme des bourgeois invités à prendre un thé à la Préfecture.
Gustave Flaubert ; Lettre à Louis Bouilhet, le 7 juin 1855.

Il faut que les phrases s'agitent dans un livre comme les feuilles dans une forêt, toutes dissemblables en leur ressemblance.
Gustave Flaubert ; Lettre à Louise Colet, le 7 avril 1854.

Qui a toujours était dans le brouillard aime le soleil.
Gustave Flaubert ; Lettre à Louise Colet, le 4 avril 1854.

L'inaction musculaire où je vis me pousse à des besoins d'action furibonde. Il en est toujours ainsi, la privation radicale d'une chose en crée l'excès. Et il n'y a de salut pour les gens comme moi que dans l'excès.
Gustave Flaubert ; Lettre à Louise Colet, le 4 avril 1854.

Oui, tu as raison, bonne Muse, cessons de nous quereller, embrassons-nous, passons l'éponge sur tout cela. Aimons-nous chacun à notre manière, selon notre nature. Tâchons de ne pas nous faire souffrir réciproquement. Une affection quelconque est toujours un fardeau qu'on porte à deux. Que celui qui est plus petit se hausse pour que tout le poids ne lui tombe pas sur le nez ! Que celui qui est plus grand se baisse pour ne pas écraser son compagnon !
Gustave Flaubert ; Lettre à Louise Colet, le 3 mars 1854.

L'esprit sert à peu dans les arts, à empêcher l'enthousiasme et nier le génie, voilà tout.
Gustave Flaubert ; Lettre à Louise Colet, le 16 mai 1852.

J'ai toujours vécu sans distractions ; il m'en faudrait de grandes. Je suis né avec un tas de vices qui n'ont jamais mis le nez à la fenêtre. J'aime le vin ; je ne bois pas. Je suis joueur et je n'ai jamais touché une carte. La débauche me plaît et je vis comme un moine. Je suis mystique au fond et je ne crois à rien. Je suis mystique au fond, et je ne crois à rien.
Gustave Flaubert ; Lettre à Louise Colet, le 9 mai 1852.

La vue de la bûche qui brûle dans ma cheminée me fait autant de plaisir qu'un paysage.
Gustave Flaubert ; Lettre à Louise Colet, le 9 mai 1852.

As-tu quelquefois voulu être petit oiseau ? nous volerions ensemble, ça doit être si doux de faire l'amour dans l'air ! les vents vous poussent, les nuages vous entourent.
Gustave Flaubert ; Œuvres de jeunesse inédites (1910)