Marie d'Agoult (5)

Les citations de Marie d'Agoult :

Les moralistes ont dit à l'homme : abaisse, réprime, étouffe en toi l'orgueil ; moi, je lui dis : justifie ton orgueil, c'est le secret de toutes les grandes vies.
Marie d'Agoult ; Esquisses morales (1849)

Beaucoup font l'aumône, peu font la charité.
Marie d'Agoult ; Esquisses morales (1849)

Ne retournez jamais vos plus belles vertus, leur envers est souvent bien pire que des vices.
Marie d'Agoult ; Esquisses morales (1849)

L'homme, sournois et fourbe, vous dénigre aujourd'hui pour demain faire votre apothéose.
Marie d'Agoult ; Esquisses morales (1849)

La plus amère punition de nos fautes, c'est qu'elles nous mettent presque toujours dans la nécessité d'en commettre de nouvelles.
Marie d'Agoult ; Esquisses morales (1849)

Nos remords ne sont pas dans la proportion de nos fautes, mais dans la proportion des vertus qui nous restent.
Marie d'Agoult ; Esquisses morales (1849)

Se conformer à son malheur ce n'est pas s'y résigner : l'un est la marque d'un caractère fort, l'autre est le signe certain d'une âme faible.
Marie d'Agoult ; Esquisses morales (1849)

La différence entre bonheur ou malheur est si petite, qu'on ne doit jamais envier ni plaindre personne.
Marie d'Agoult ; Esquisses morales (1849)

Presque toutes les choses que nous souhaitons fortement nous arrivent un jour, alors pourquoi faut-il que ce soit précisément le jour où nous avons cessé de les souhaiter ?
Marie d'Agoult ; Esquisses morales (1849)

L'homme ne sait ce qui est bon pour lui, qu'il ne demande rien aux Dieux, de peur d'être exaucé.
Marie d'Agoult ; Esquisses morales (1849)

Aimez la vie, la vie vous aimera.
Marie d'Agoult ; Esquisses morales (1849)

La faiblesse ou la force d'âme nous attachent à la vie, et nous y tenons diversement, mais presque également, soit que nous la possédions, soit qu'elle nous possède.
Marie d'Agoult ; Esquisses morales (1849)

Le vulgaire se croit sage parce qu'il se sent médiocre.
Marie d'Agoult ; Esquisses morales (1849)

La sagesse est cette rare concordance, cette heureuse harmonie des facultés et des désirs que la nature, en ses jours de largesse, accorde aux hommes d'élite, et qui produit en eux une liberté d'âme parfaite.
Marie d'Agoult ; Esquisses morales (1849)

La suprême vertu, en même temps que la suprême sagesse, consiste à ne considérer les événements du dehors que dans leur rapport avec notre être intime, et à ne les estimer qu'en raison de leur influence sur notre progrès moral.
Marie d'Agoult ; Esquisses morales (1849)

Les esprits profonds pénètrent la nature des choses ; ils reconnaissent la rigueur des lois et lisent à la voûte splendide des cieux l'immuable arrêt qui pèse sur l'imbécillité humaine. Les esprits légers flottent de surface en surface ; ils se laissent emporter au hasard de l'événement, entraîner par la mobilité des rapports et leurrer sans cesse par l'apparente nouveauté des phénomènes. Nul cependant n'est satisfait. Les uns gémissent de ne pouvoir rien changer ; les autres, de ce que tout change dans le monde.
Marie d'Agoult ; Esquisses morales (1849)

La vie du genre humain me fait l'effet d'une symphonie, composée par un grand artiste, il est vrai, mais exécutée par des sourds.
Marie d'Agoult ; Esquisses morales (1849)

Sachons mettre l'art dans la vie, et la vie dans l'art.
Marie d'Agoult ; Esquisses morales (1849)

Si nous savions écouter les voix de la nature et suivre l'esprit intérieur, notre vie se composerait d'elle-même selon les lois d'une grande œuvre d'art. On n'y verrait ni contrastes heurtés, ni brusques transitions, ni déclin rapide. Avec le changement des saisons et des âges, l'harmonie première se modifierait sans s'interrompre ; elle perdrait peu à peu de sa force et de son éclat, mais elle ne serait jamais altérée : semblable à cette symphonie du maître, où les instruments se taisent un à un sans que le dessin en souffre, et de telle sorte que l'oreille charmée garde jusqu'à la fin l'illusion d'un parfait ensemble.
Marie d'Agoult ; Esquisses morales (1849)

Le plus important, celui qu'on exerce le moins de tous les arts, c'est l'art de vivre. Combien peu d'hommes ont ce juste sentiment des proportions qui, supprimant le détail, ne s'attache qu'aux grandes lignes. Combien peu surtout concoivent un idéal d'après lequel ils modèlent leurs actions, auquel ils conforment leurs desseins. Je ne vois partout que la caricature, ou tout au plus la grossière ébauche de ce que pourrait être la vie humaine.
Marie d'Agoult ; Esquisses morales (1849)

La suprême sagesse et la suprême vertu, c'est de se rendre libre. S'il était donné à l'homme de s'affranchir de toutes les servitudes où le retient l'ignorance ; s'il arrivait à une intelligence complète de sa nature et de sa destinée, il voudrait toujours son véritable bien et le bien d'autrui. Il deviendrait sur ce point semblable à Dieu qui, souverainement libre, ne peut pas, néanmoins, vouloir le mal. En un mot, et ce mot renferme à mes yeux toute notion de morale et de progrès, aussi bien pour les individus que pour les peuples : la parfaite liberté chez l'homme n'est autre chose que l'activité de sa raison.
Marie d'Agoult ; Esquisses morales (1849)

La supériorité d'esprit chez une femme est un phénomène trop rare encore pour ne pas exciter la défiance du vulgaire. Il en résulte que c'est une supériorité inquiète, armée, et qui use à se défendre elle-même les forces qu'elle devrait consacrer utilement au bien de la famille et de la société.
Marie d'Agoult ; Esquisses morales (1849)

Les femmes ne méditent guère, elles se contentent d'entrevoir les idées sous leur forme la plus flottante et la plus indécise. Rien ne s'accuse, rien ne se fixe, dans les brumes dorées de leur fantaisie. Ce ne sont qu'apparitions rapides, vagues figures, contours aussitôt effacés. On dirait qu'elles n'ont nul souci delà vérité des choses, et que leur esprit n'a commerce qu'avec ces personnages énigmatiques de la scène grecque qu'Aristophane appelle les célestes nuées, les divinités des oisifs.
Marie d'Agoult ; Esquisses morales (1849)

Penser est pour un grand nombre de femmes un accident heureux plutôt qu'un état permanent. Elles font, dans le domaine de l'idée, plutôt des invasions brillantes que de régulières entreprises et des établissements solides.
Marie d'Agoult ; Esquisses morales (1849)

Il est des femmes qui conservent la faculté d'aimer longtemps après avoir perdu celle de plaire ; je ne conçois guère d'état plus pitoyable. Il en est d'autres, au contraire, qui inspirent encore l'amour lorsqu'elles ne peuvent plus l'éprouver. Pour celles-ci, le déclin des ans est doux et facile. Elles restent jusqu'à la fin dans la dignité du rôle que la délicatesse de nos mœurs leur a tracé.
Marie d'Agoult ; Esquisses morales (1849)