Maxime Du Camp

Quelques mots sur l'auteur :

Photo de Maxime Du Camp

Écrivain, poète, critique littéraire, polygraphe et photographe français né le 8 février 1822 à Paris, Maxime Du Camp est décédé le 8 février 1894 à Baden-Baden en Allemagne à l'âge de 72 ans. Il repose au cimetière de Montmartre à Paris.

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Les 49 citations de Maxime Du Camp :

Ils étaient dans une telle sécurité sur eux-mêmes, vis-à-vis l'un de l'autre et des événements possibles, qu'ils furent saisis par l'orage sans l'avoir vu se former. Ils en étaient arrivés à cette heure singulière et douloureuse qui ne manque jamais de sonner à un certain moment pour les liaisons de cette sorte, si solidement nouées qu'elles soient ; l'instant de la crise était venu. Les heureux, les prédestinés, les indifférents peut-être, les sages à coup sûr, traversent courageusement cette étape pénible et se retrouvent après, fatigués, diminués, mais n'ayant point désespéré d'eux-mêmes, et ils peuvent, se reprenant par la main, continuer sans trop de malaise la route qu'ils avaient commencée ensemble. Mais ceux qui sentent battre dans leur cœur le sang trop chaud de la passion, les ardents, les convaincus s'arrêtent, luttent, se meurtrissent mutuellement et s'en vont, pleins de regrets, de souvenirs amers, de récriminations injustes, mourir chacun dans son coin comme un loup blessé. Ceux-là ont sans doute vécu plus vite, plus fort, plus amplement que les autres ; mais de quelles incurables douleurs, de quelles cicatrices toujours ouvertes ne payent-ils pas les heures d'extase qu'on leur a enviées sans savoir quel en serait le châtiment ? On ne revient jamais sain et sauf de ces batailles occultes et acharnées, on y laisse toujours la meilleure part de soi-même et l'on s'en retire avec une sorte de déchéance morale qu'on ne connaissait pas.
Maxime Du Camp ; Les forces perdues (1867)

La bourgeoise s'imagine qu'il suffit d'avoir beaucoup d'amants pour être une grande dame.
Maxime Du Camp ; Les forces perdues (1867)

Je reviens d'enterrer ma tante, je l'ai mise dans son cercueil, elle me laisse assez de rente pour me permettre un joli deuil ! Elle est dans un coffre de chêne où tout de son long on peut tenir ! Il ne faut pas que ça la gêne ! où y a d'la gêne, y a pas de plaisir.
Maxime Du Camp ; Les forces perdues (1867)

La plupart des filles sont aussi bêtes que décolletées.
Maxime Du Camp ; Les forces perdues (1867)

Jurer, c'est la dernière ressource des hommes quand ils ne savent plus que dire.
Maxime Du Camp ; Les forces perdues (1867)

La vie n'est pas faite pour les rêvasseries malsaines ou tout au moins inutiles.
Maxime Du Camp ; Les forces perdues (1867)

Les vieux moines n'ont jamais converti les jeunes pécheurs.
Maxime Du Camp ; Les forces perdues (1867)

Tout changement porte en soi son chagrin, et je dirai même sa punition.
Maxime Du Camp ; Les forces perdues (1867)

Larmes d'amour, pluie de printemps, sont séchées en peu de temps.
Maxime Du Camp ; Les forces perdues (1867)

On doit se marier quand on aime et qu'on est aimé, sinon il vaut mieux rester libre.
Maxime Du Camp ; Les forces perdues (1867)

La femme rêve de se fixer à jamais et veut se donner tout entière ; l'homme cherche à n'accepter que ce qu'il pourra quitter sans peine, car il veut demeurer libre toujours, différence essentielle qui divise irrémissiblement les deux sexes et en fait souvent des frères ennemis.
Maxime Du Camp ; Les forces perdues (1867)

Il faut dans la vie toujours savoir où l'on va sous peine de se casser le cou dans le premier trou ouvert sur la route.
Maxime Du Camp ; Les forces perdues (1867)

À vingt-deux ans, le cœur est bientôt pris, et, à seize ans, il aime à se donner.
Maxime Du Camp ; Les forces perdues (1867)

L'amour est une force indépendante de l'homme, elle lui est donnée momentanément en vertu de raisons et de circonstances dont souvent il n'a pas conscience et dont il est rarement responsable.
Maxime Du Camp ; Les forces perdues (1867)

Nous nous faisons dans nos rêveries premières une haute idée de l'existence ; nous lui demandons plus qu'elle ne contient, et nous ne lui pardonnons pas de ne nous offrir que ce qu'elle renferme. Nous cherchons et nous ne trouvons pas. Nous interrogeons l'oracle, il reste muet, car il n'aurait rien à nous apprendre que nous ne sachions ; nous mangeons le fruit de l'arbre de la science et nous demeurons surpris et indignés de ne point nous sentir plus savants et « devenus semblables aux dieux. » Quand enfin l'expérience a fait la lumière en nous, nous arrivons souvent à cette amère conclusion que changer d'amis, de position, de patrie, de maîtresse, ce n'est le plus souvent que changer d'ennui.
Maxime Du Camp ; Les forces perdues (1867)

Quand le chevreau est là, la chèvre est tout proche.
Maxime Du Camp ; Les forces perdues (1867)

Nul homme ne peut être sans aimer.
Maxime Du Camp ; Les forces perdues (1867)

C'est la loi du couple : Qui ne se renouvelle pas, meurt ; qui s'absorbe, périt.
Maxime Du Camp ; Les forces perdues (1867)

Quand un ivrogne voit un cabaret, il y entre ; quand je vois un orchestre, j'y cours.
Maxime Du Camp ; Une histoire d'amour (1889)

Lorsque je regarde autour de moi, lorsque je me retourne vers le passé de mon existence, qui, cependant, fut heureuse, et que je vois des enfants, je suis pris de tristesse en me demandant ce que la destinée leur réserve. L'insouciance, la joie, la santé, l'imprévoyance d'un lendemain auquel on ne saurait songer, les dorloteries maternelles, tout cela s'en ira, pour faire place à l'angoisse, au chagrin, à la maladie, à l'inquiétude, au regret de ceux que l'on aime et qui meurent, à la lutte quotidienne, aux déceptions, à la ruine et peut-être à l'infortune. C'est pourquoi je suis de ceux qui gâtent les enfants et qui, en prévision de l'avenir, cherchent à leur faire quelques années heureuses au début de la vie.
Maxime Du Camp ; Une histoire d'amour (1889)

N'auras-tu pas pitié de ma jeunesse errante, j'ai traversé les mers pour venir jusqu'à toi.
Maxime Du Camp ; Une histoire d'amour (1889)

Plus nous devenons incapables d'inspirer de l'amour, plus l'amour nous apparaît ineffable ; on regrette les heures gaspillées, au temps de la jeunesse, à autre chose qu'à aimer.
Maxime Du Camp ; Une histoire d'amour (1889)

Lorsque l'on n'adore rien, on est bien près de s'adorer soi-même.
Maxime Du Camp ; La charité privée à Paris (1885)

Il y a des souvenirs qu'on voudrait arracher de son cœur, dût-on arracher son cœur avec eux.
Maxime Du Camp ; Les mémoires d'un suicidé (1853)

Les enfants sont charmants, mais on devrait par pitié les étouffer avant qu'ils atteignent l'âge de raison.
Maxime Du Camp ; Les mémoires d'un suicidé (1853)