Robert Mauzi

Quelques mots sur l'auteur :

Photo de Robert Mauzi

Écrivain et professeur d'université français né le 22 juin 1927 à Toulouse dans le département de la Haute-Garonne, Robert Mauzi est décédé le 8 août 2006 dans sa ville natale à l'âge de 79 ans. Il est l'auteur de L'idée de bonheur dans la littérature et la pensée françaises au XVIIIe siècle (1960),et de Maintenant sur ma route (1994).

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Les 50 citations de Robert Mauzi :

Parmi les biens que le Ciel donne à ceux qu'il favorise, la médiocrité est un des plus grands.
Robert Mauzi ; L'idée de bonheur dans la littérature française (1960)

Une société harmonieuse englobe toujours un lot nécessaire de maudits.
Robert Mauzi ; L'idée de bonheur dans la littérature française (1960)

Le bonheur est l'œuvre de l'esprit qui prend la nature comme simple modèle.
Robert Mauzi ; L'idée de bonheur dans la littérature française (1960)

Le courtisan est le jouet d'un destin qui le fait voltiger comme un pantin fou, l'oblige à mille pirouettes, et l'épuise en un fourmillement d'agitations inutiles, tant et si bien que sa voluptueuse existence n'est, en définitive, qu'une longue chaîne de corvées.
Robert Mauzi ; L'idée de bonheur dans la littérature française (1960)

Tout homme peut être heureux dans les limites de sa condition. À l'exception du Grand, qui doit fuir son palais, renoncer à ses fastes et à ses vertiges, opter pour le cloître ou le désert. Il n'est pas de bonheur pour lui sans cette rupture, ce renoncement. Il faut qu'il rejette dans le néant toute une partie de lui-même. L'homme atteint de ce mal qu'est la grandeur, doit tuer en lui la grandeur, s'il veut sauver l'homme.
Robert Mauzi ; L'idée de bonheur dans la littérature française (1960)

Le bonheur des pauvres est dans leurs bras.
Robert Mauzi ; L'idée de bonheur dans la littérature française (1960)

Il existe une façon d'utiliser les richesses qui, bien loin de rendre l'homme malheureux, lui procure un état voisin de la béatitude. Le riche qui prodigue tous ses biens pour le bonheur des hommes savoure comme une apothéose. Par le biais de la bienfaisance, voilà donc le riche languissant, angoissé, ou frivole, devenu un être surnaturel.
Robert Mauzi ; L'idée de bonheur dans la littérature française (1960)

Le malheur veut que le désir des richesses soit l'un des instincts les plus solidement rivés au cœur de l'homme, au point que le désenchantement même n'est jamais détachement. Déçu par l'expérience de l'argent, l'homme n'en reste pas moins fasciné et le convoite toujours. Cette magie s'exerce encore plus sur les pauvres que sur les riches. Le peuple ne conviendra jamais que la richesse n'apporte pas le bonheur. Lorsqu'un riche, désabusé, proclame publiquement son échec, chacun pense : À sa place, j'aurais su être heureux !
Robert Mauzi ; L'idée de bonheur dans la littérature française (1960)

Les riches sont malheureux parce qu'ils manquent d'imagination. Pour les riches, la réalité se réduit à elle-même. Aucun prestige n'enveloppe l'objet de leurs jouissances. Leur âme n'est plus « secouée » par des plaisirs devenus habitudes. Surtout, elle n'est plus capable d'interposer entre elle et les choses ce voile magique, si nécessaire au bonheur. Posséder est le seul acte qui soit à la portée des riches. Or c'est le plus triste de tous, lorsque l'imagination ne le transfigure pas.
Robert Mauzi ; L'idée de bonheur dans la littérature française (1960)

Ne jouissant de rien et craignant tout, insensible à la joie, trop vulnérable au malheur, l'âme du riche ne fait qu'osciller indéfiniment entre l'inquiétude et l'ennui.
Robert Mauzi ; L'idée de bonheur dans la littérature française (1960)

L'inégalité est inscrite dans la nature. Les hommes ne sont point nés égaux ; il n'en est pas qui possèdent exactement les mêmes forces, le même esprit, les mêmes passions.
Robert Mauzi ; L'idée de bonheur dans la littérature française (1960)

Inquiète et libre à la fois, la sensibilité cherche des stimulants et des ivresses. Le salut est dans le rapprochement de toutes ces âmes avides, de ces cœurs anxieux. La sociabilité devient l'unique et providentielle dimension de l'homme.
Robert Mauzi ; L'idée de bonheur dans la littérature française (1960)

On ne peut se rendre heureux qu'en contribuant au bonheur des autres.
Robert Mauzi ; L'idée de bonheur dans la littérature française (1960)

Être heureux au milieu des autres, c'est être heureux par les autres.
Robert Mauzi ; L'idée de bonheur dans la littérature française (1960)

La lecture et la méditation guérissent la plus terrible des douleurs.
Robert Mauzi ; L'idée de bonheur dans la littérature française (1960)

L'état le moins malheureux pour l'homme est celui qui approche le plus de l'insensibilité, pourvu, néanmoins, que cette insensibilité soit naturelle et non survenue.
Robert Mauzi ; L'idée de bonheur dans la littérature française (1960)

L'homme oscille tout le temps entre deux envoûtements et deux risques : d'un côté, l'enivrement du cœur et les souffrances que l'on doit en attendre ; de l'autre, la quiétude de la raison, mais l'ennui qui dissout toute vie inactive.
Robert Mauzi ; L'idée de bonheur dans la littérature française (1960)

Le bonheur ne doit pas dépasser les bornes de la condition humaine : il est absurde qu'un homme convoite la félicité d'un dieu. Jamais l'âme ne doit s'aliéner aux passions qui l'entraîneraient à la dérive. Toute vie est vouée au désastre, qui ne choisit pas cette sagesse comme centre de gravité.
Robert Mauzi ; L'idée de bonheur dans la littérature française (1960)

Il suffit pour être heureux de préférer la vie au néant. Une telle félicité n'exige comme prudence que d'éliminer les maux imaginaires, de se résoudre à l'inéluctable, de manière à laisser jouer sans mélange l'attachement naturel que nous avons pour la vie. Le bonheur, en ce sens, c'est l'existence retrouvée dans sa pureté originelle. Quand elle n'est pas obscurcie par des angoisses ou déviée par des chimères, l'âme libère spontanément ce plaisir de vivre qui est l'une de ses composantes virtuelles. Si l'homme savait épuiser son existence, il éprouverait qu'il n'a pas besoin de raison pour être heureux.
Robert Mauzi ; L'idée de bonheur dans la littérature française (1960)

Le bonheur n'est qu'une éclaircie dans un ciel toujours brouillé et souvent noir.
Robert Mauzi ; L'idée de bonheur dans la littérature française (1960)

L'homme doit devenir son maître à force de bon sens, de raison, de justice et de vertu.
Robert Mauzi ; L'idée de bonheur dans la littérature française (1960)

Ne seront heureux ici-bas que les gens constitués pour l'être. Tous les efforts des autres ne pourront viser qu'une œuvre limitée d'accommodement ; ils ne changeront pas le fonds de leur tempérament et resteront tristes et malheureux, s'ils sont fâcheusement doués d'une âme mélancolique.
Robert Mauzi ; L'idée de bonheur dans la littérature française (1960)

La Fortune fait tournoyer à sa guise les hommes qu'elle saisit déjà tout ligotés, les jette dans des situations soudaines, s'amuse à intervertir les destins, à décevoir ceux qui ont misé sur elle, et à surprendre ceux qui ne l'attendent plus.
Robert Mauzi ; L'idée de bonheur dans la littérature française (1960)

Le plus heureux des hommes est rarement celui qu'on pense.
Robert Mauzi ; L'idée de bonheur dans la littérature française (1960)

On est assez heureux pourvu qu'on ne fasse jamais le sot projet d'être parfaitement sage.
Robert Mauzi ; L'idée de bonheur dans la littérature française (1960)