Dernier espoir, de Paul Verlaine

Dernier espoir.

Recueil : Le livre posthume (1926)

Il est un arbre au cimetière
Poussant en pleine liberté,
Non planté par un deuil dicté, —
Qui flotte au long d'une humble pierre.

Sur cet arbre, été comme hiver,
Un oiseau vient qui chante clair
Sa chanson tristement fidèle.
Cet arbre et cet oiseau c'est nous :

Toi le souvenir, moi l'absence
Que le temps — qui passe — recense...
Ah, vivre encore à tes genoux !

Ah, vivre encor ! Mais quoi, ma belle,
Le néant est mon froid vainqueur...
Du moins, dis, je vis dans ton coeur ?


Paul verlaine.