À l'esprit modeste, de Évariste Boulay-Paty (1851)

À l'esprit modeste.

Recueil : Sonnets (1851)

Par un sot vulgaire incompris,
Quoiqu'un parfum soit sur ta trace,
Digne fils de savante race,
Pour un ignorant souvent pris,

Ô le plus charmant des esprits,
Esprit modeste, dont la grâce
N'a rien en soi qui l'embarrasse,
Tu laisses deviner ton prix.

Ta pensée attend qu'on la cueille.
La modestie est sous sa feuille
L'arbre qui nous cache son fruit ;

La beauté qui, naïve et sage,
Passe à côté de nous sans bruit,
Un voile mis sur son visage.


Évariste Boulay-Paty.