À ma Bretagne, de Évariste Boulay-Paty (1851)

À ma Bretagne.

Recueil : Sonnets et poésies (1851)

Jeune, je te quittai pour la gloire éphémère
Qui de Paris appelle avec un doigt moqueur,
Bretagne, où tout est bois, prés, ombrage et chœur ;
Puis la beauté sourit à ma jeunesse amère.

Dans la vie est un âge où la gloire est chimère,
Où le dernier amour s'efface enfin du cœur ;
Où l'amour du pays seul reste en nous vainqueur,
Où l'on pense aux tombeaux d'un père et d'une mère.

Oh ! comme alors, du monde échappé triomphant,
Vieillard rêvant aux lieux où je courais enfant,
Rajeunissant d'idée et l'âme encore ravie,

J'irai, les yeux en pleurs, baiser le sol natal,
Lui demander pardon de mon exil fatal,
Et finir l'existence où commença ma vie !


Évariste Boulay-Paty.