Aimons mignonne, de Edmond Arnould (1863)

Aimons mignonne.

Recueil : Sonnets et poèmes (1863)

Plus je te vois, mignonne, et plus je m'imagine
Qu'ainsi qu'aux anciens temps les Muses dans leur sein
T'ont prise à ta naissance, et qu'un suave essaim
A répandu son miel sur ta bouche enfantine.

Dans ton charmant sourire et ta voix argentine,
Dans ton œil vif et bon, dans ton front large et fin,
Ô doux rêve d'amour, fleur au parfum divin !
La terre se dérobe et le ciel se devine.

Dois-tu plus tard, enfant, noble amante du beau,
Maniant une plume, une lyre, un pinceau,
Livrer à l'art ton âme, à la fois tendre et forte ?

J'en suis peu soucieux, et te dirai pourquoi :
Musique, ou poésie, ou peinture, il n'importe ;
Ton charme le plus grand, ce sera toujours toi.


Edmond Arnould.