Ange d'amour, de Jean-François Pellet (1828)

Ange d'amour.

Recueil : Le barde des Vosges (1828)

Est-il bien vrai qu'avec moi tu veux vivre,
Qu'un doux penchant m'a nommé ton vainqueur ?
Est-il bien vrai que du feu qui m'enivre
Une étincelle a passé dans ton cœur ?

Non, ce n'est point un aveugle délire :
Je suis aimé, tes lèvres me l'ont dit.
Dans tes regards, où les miens ont su lire,
En traits de feu mon bonheur est écrit.

Ô ma chérie ! ô moitié de moi-même !
Ange d'amour ! ange qui m'as charmé !
Redis-le-moi ce mot sacré : Je t'aime !
Enivre-moi du bonheur d'être aimé !

Aimé de toi ! vivre au fond de ton âme !
De mon image occuper ton réveil !
Et quelquefois, dans un songe de flamme,
D'un doux prestige agiter ton sommeil !

Contre mon sein frémissant de tendresse,
Presser ton sein de plaisir palpitant,
Et savourer, plein d'une double ivresse,
Un siècle entier dans un rapide instant !

Comme une rose épanouie à peine,
Pour me nommer voir tes lèvres s'ouvrir,
Et sur ta bouche, éperdue, hors d'haleine,
Sentir mon âme, et trembler, et mourir !

Ah ! ce bonheur qu'aux dépens de ma vie
Auraient payé ma constance et ma foi,
Dieux immortels ! que l'on me porte envie...
Soyez jaloux... ce bonheur est à moi !


Jean-François Pellet.

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