Déclaration, de Évariste Boulay-Paty (1851)

Déclaration.

Recueil : Sonnets (1851)

J'aime deux mains gracieuses et blanches,
Deux grands sourcils arqués sur des cils longs ;
J'aime un front haut, des cheveux châtains-blonds ;
J'aime un corps droit et souple sur les hanches,

Deux bras d'ivoire en de flottantes manches,
Un ton charmant, merveille des salons,
Un cœur naïf, chérissant les vallons,
La paix des soirs et l'odeur des pervenches ;

J'aime deux yeux bien fendus et bien noirs,
Souvent baissés comme au temps des manoirs,
Deux pieds petits, d'une élégance extrême ;

J'aime un parler un peu grave et bien doux ;
Et tout cela, je le retrouve en vous ;
Voilà pourquoi, Madame, je vous aime.


Évariste Boulay-Paty.