J'aime ta beauté, de Prosper Blanchemain (1858)

J'aime ta beauté.

Recueil : Poésies et sonnets (1858)

Laisse-moi longtemps en silence,
Admirer et m'enivrer de ta beauté ;
Mon regard n'est pas une offense,
C'est un hommage bien mérité.

Est-ce que jamais le ciel pense
Par notre terre être insulté,
Si l'azur de son dôme immense
Dans les lacs bleus est reflété ?

Ton image en mon cœur se plonge ;
Je veux l'emporter comme un songe
Dont on ne peut plus se détacher !

Oui, comme le trésor d'un avare,
Ou le parfum d'une fleur si rare,
Qu'on respire sans oser y toucher.


Prosper Blanchemain.