La divinité, de Laurent Drelincourt (1677)

La divinité.

Recueil : Sonnets chrétiens (1677)

Élève-toi, mon âme, et d'un vol glorieux,
Va dans le plus haut ciel, contempler l'invisible ;
Le monarque infini, plus grand que tous les cieux ;
La première beauté, l'être incompréhensible.

C'est lui qui toujours est, sans jamais être vieux :
C'est lui par qui tout est, à qui tout est possible ;
Qui, sans changer de place, est présent en tous lieux ;
Et dont tout l'univers est l'image sensible.

Éternel, trois fois bon, trois fois grand, trois fois saint,
Que le ciel même adore, et que la terre craint
Fais que je t'aime autant que je te vois aimable.

Que t'ayant ici bas contemplé par la foi,
Quelque jour, au sortir de ce corps périssable,
J'entre dams ton palais, pour être tout en toi.


Laurent Drelincourt