La tristesse, de Pierquin de Gembloux (1829)

La tristesse.

Recueil : Nouvelles poésies (1829)

Épargnez à mon âme une vaine tristesse,
De grâce ayez pitié, de moi, de mon malheur,
Le doux accent de la traîtresse
Trop longtemps réveilla mon cœur !
Ah ! pourquoi de sa voix craintive
Imiter le son langoureux ?
Pour le malheur mon âme est trop active,
De grâce, laissez-moi !... Puis-je encore être heureux ?...
Éloignez le vain bruit d'une voix si plaintive,
À l'oreille du cœur il est si douloureux !...
Mais quel est ce trompeur murmure,
Qui me tourmente nuit et jour ?
Ne puis-je en paix oublier la parjure ?...
Non ; j'entends une voix qui me crie à son tour :
Ami, Néris en pleurs vient te parler d'amour !


Claude-Charles Pierquin de Gembloux