L'amour, de Pierquin de Gembloux

L'amour.

Recueil : Nouvelles poésies (1829)

Je ne vis plus, si ce n'est par ta vie ;
Tout mon esprit a passé par mon cœur ;
Je n'écris rien, ô ma céleste amie,
Que n'ait dicté notre commun bonheur ;

Quand ta beauté seule habite mon âme,
Quand près de toi s'écoule chaque jour,
Que tes beaux yeux me retracent ta flamme ;
Puis-je chanter si ce n'est pour l'amour !

Va, que mes pleurs touchent peu ta tendresse,
Craignons tous deux de précoces plaisirs,
Résiste-moi, résiste à ma faiblesse ;
N'accorde rien à mes brûlants désirs !

Promets beaucoup, fais-moi toujours attendre,
Prends tout mon temps, il n'appartient qu'à toi ;
Rendu parfait par l'Amour le plus tendre,
C'est à tes pieds que je suivrai ta loi.

Qu'un mot d'Amour de ta bouche mi-close
De mes serments soit l'unique soutien ;
Tel au zéphyr se dérobe la rose,
De sa pudeur enveloppant son sein.

Sois mon amie et non pas mon amante,
Que tes vertus éclipsent tes appas ;
Vivons toujours d'une flamme constante,
Aimons l'Amour mais ne nous aimons pas !


Claude-Charles Pierquin de Gembloux