À chacun ses défauts quand on aime

Légère ironie.

Recueil : Poésie d'amour (1833)

Conservons bien le souvenir
De celui qui m'avait choisie ;
De celui dont le vrai désir
Fut de m'aimer toute la vie.
Je sais que ce désir charmant
Ne fut pas de longue durée ;
Mais il m'aimait si tendrement
Que j'en suis encor troublée.

Je pourrais l'accuser, dit-on,
D'avoir, parfois en mon absence,
Dépeint, avec trop d'abandon,
Ses soupçons ou son espérance ;
Mais s'il fut jamais suffisant,
Ou d'une jalousie extrême,
C'est qu'il m'aimait si vivement !
L'on a ses défauts quand on aime.



Hélène van den Bergh.