Les faux amis, de Évariste Boulay-Paty (1851)

Les faux amis.

Recueil : Sonnets (1851)

Quand l'hiver fait pleurer les grands troncs jaunissants,
Qu'un vent humide et froid passe dans les ramées,
Par légers tourbillons les feuilles bien-aimées
Délaissent aussitôt les arbres gémissants.

Mais lorsque les beaux jours, les midis caressants
Couvrent de rayons d'or les tiges ranimées,
Les feuilles à l'envi fraîches et parfumées
Reparaissent autour des rameaux verdissants.

Voilà bien les amis, ou ceux qu'ainsi l'on nomme !
On les voit tour à tour s'envoler loin de l'homme
Sur lequel a soufflé le vent froid du malheur.

Que des soleils nouveaux, une saison plus douce,
Éloignent de son ciel l'hiver de la douleur,
Un feuillage d'amis autour de lui repousse.


Évariste Boulay-Paty.