Les souvenirs, de Pierquin de Gembloux (1829)

Les souvenirs.

Recueil : Nouvelles poésies (1829)

Ami, vois-tu ce limpide ruisseau,
Dont rien n'agite la surface,
Serpenter autour du coteau,
Aux bergères servir de glace ?
Ce calme que tu vois au loin
Régner sur toute la nature,
Mon cœur en avait bien besoin
Pour mieux oublier la parjure :
Semblable au zéphire amoureux
Qui paraît dormir sur la rose,
Je vois ses traits, je vois ses yeux
Sans troubler l'heure où je repose :
Ce calme qui règne en mon cœur,
Je le retrouve en mon asile,
Et c'est enfin sans la moindre douleur,
Que, par hasard, sous mon chaume tranquille,
Sans nuls regrets, sans nul malheur,
Je me souviens de nos moments d'ivresse,
Sans réveiller les plus légers désirs ;
Et ce qu'on croit des larmes de tendresse,
Ce sont des pleurs donnés aux Souvenirs.


Claude-Charles Pierquin de Gembloux