Quand je te vois, de Auguste Desmenay (1788)

Quand je te vois.

Recueil : Romance et poésies (1788)

Quand je te vois, j'aime encor l'existence,
Malgré les maux dont je fus abreuvé ;
Mon cœur se rouvre à la douce espérance,
Dont si longtemps, hélas ! il fut privé.
Dans mon malheur, je n'avais pas d'amie
Pour s'affliger et pleurer avec moi ;
Mais ces chagrins, ma douce, je les oublie
Quand je te vois.

Quand je te vois, de mon âme ravie
Vient s'emparer un doux saisissement ;
Dans tes regards j'aime à puiser la vie ;
Je crois y voir ce que ton cœur ressent.
À mon bonheur je rêve avec ivresse :
Il est si doux de vivre auprès de toi !...
Le plaisir vient et bannit la tristesse,
Quand je te vois.

Quand je te vois, quand ton charmant sourire
Porte le trouble à mon âme, à mes sens,
Ivre d'amour, dans mon brûlant délire,
Pour te chanter je cherche des accents.
Espoir trompeur ! en vain je prends ma lyre ;
Elle se tait, et je reste sans voix :
Je t'aime tant, que je ne puis te le dire
Quand je te vois.


Auguste Desmenay.