Paul Verlaine: Découvrez ses plus beaix poèmes. Mon rêve familier - A une femme - Tu n'es pas du tout vertueuse - Toute grâce et toutes nuances.

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La biographie de Paul Verlaine: Poète français (1844-1896)

Paul Verlaine

Il se convertit au catholicisme pendant sa détention, et il écrit plusieurs poèmes de Sagesse. Après sa libération, il devient professeur en Angleterre, puis à Rethel dans les Ardennes, mais il est chassé de ce dernier poste pour avoir recommencé à boire (1877).

Tout en continuant à écrire et à publier des poèmes (Sagesse, 1881 ; Jadis et naguère, 1885), il s'est fait agriculteur dans le Nord.
Verlaine est de nouveau arrêté et emprisonné pour avoir battu sa mère, qui meurt en 1886.
Lui-même passe ses dernières années dans la misère, l'ivrognerie et la débauche, errant d'hôpital en taudis, exploité par ses maîtresses.
Il est pourtant devenu célèbre, et sacré "Prince des poètes", après Lecomte de Lisle, deux ans avant de mourir.


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Biographie de Paul VERLAINE - Poésie de Paul VERLAINE - Poésie française

Mon rêve familier.

Paul Verlaine (1844-1896)
Recueil : Poèmes saturniens.

Je fais souvent ce rêve étrange et pénétrant
D'une femme inconnue, et que j'aime, et qui m'aime,
Et qui n'est, chaque fois, ni tout à fait la même
Ni tout à fait une autre, et m'aime et me comprend.

Car elle me comprend, et mon coeur transparent
Pour elle seule, hélas ! cesse d'être un problème
Pour elle seule, et les moiteurs de mon front blême,
Elle seule les sait rafraîchir, en pleurant.

Est-elle brune, blonde ou rousse ? Je l'ignore.
Son nom ? Je me souviens qu'il est doux et sonore,
Comme ceux des aimés que la vie exila.

Son regard est pareil au regard des statues,
Et, pour sa voix, lointaine, et calme, et grave, elle a
L'inflexion des voix chères qui se sont tues.


Les citations de Paul Verlaine.

A une femme.

Paul Verlaine (1844-1896)
Recueil : Poèmes saturniens.

A vous ces vers de par la grâce consolante
De vos grands yeux où rit et pleure un rêve doux,
De par votre âme pure et toute bonne, à vous
Ces vers du fond de ma détresse violente.

C'est qu'hélas ! le hideux cauchemar qui me hante
N'a pas de trêve et va furieux, fou, jaloux,
Se multipliant comme un cortège de loups
Et se pendant après mon sort qu'il ensanglante !

Oh ! je souffre, je souffre affreusement, si bien
Que le gémissement premier du premier homme
Chassé d'Eden n'est qu'une églogue au prix du mien !

Et les soucis que vous pouvez avoir sont comme
Des hirondelles sur un ciel d'après-midi,
- Chère, - par un beau jour de septembre attiédi.


Les citations de Paul Verlaine.

Tu n'es pas du tout vertueuse.

Paul Verlaine (1844-1896)
Recueil : Chansons pour elle.

Tu n'es pas du tout vertueuse,
Je ne suis pas du tout jaloux :
C'est de se la couler heureuse
Encor le moyen le plus doux.

Vive l'amour et vivent nous !

Tu possèdes et tu pratiques
Les tours les plus intelligents
Et les trucs les plus authentiques
À l'usage des braves gens

Et tu m'as quels soins indulgents !

D'aucuns clabaudent sur ton âge
Qui n'est plus seize ans ni vingt ans,
Mais ô ton opulent corsage,
Tes yeux riants, comme chantants,

Et ô tes baisers épatants !

Sois-moi fidèle si possible
Et surtout si cela te plaît,
Mais reste souvent accessible
À mon désir, humble valet

Content d'un " viens ! " ou d'un soufflet.

" Hein ? passé le temps des prouesses !
Me disent les sots d'alentour.
Ca, non, car grâce à tes caresses
C'est encor, c'est toujours mon tour.

Vivent nous et vive l'amour !


Toute grâce et toutes nuances.

Paul Verlaine (1844-1896)
Recueil : La bonne chanson.

Toute grâce et toutes nuances
Dans l'éclat doux de ses seize ans,
Elle a la candeur des enfances
Et les manèges innocents.

Ses yeux, qui sont les yeux d'un ange,
Savent pourtant, sans y penser,
Eveiller le désir étrange
D'un immatériel baiser.

Et sa main, à ce point petite
Qu'un oiseau-mouche n'y tiendrait,
Captive sans espoir de fuite,
Le coeur pris par elle en secret.

L'intelligence vient chez elle
En aide à l'âme noble ; elle est
Pure autant que spirituelle :
Ce qu'elle a dit, il le fallait

Et si la sottise l'amuse
Et la fait rire sans pitié,
Elle serait, étant la muse,
Clémente jusqu'à l'amitié,

Jusqu'à l'amour - qui sait ? peut-être,
A l'égard d'un poète épris
Qui mendierait sous sa fenêtre,
L'audacieux ! un digne prix

De sa chanson bonne ou mauvaise !
Mais témoignant sincèrement,
Sans fausse note et sans fadaise,
Du doux mal qu'on souffre en aimant.


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