Ces poèmes de Victor Hugo sont dédiés à sa fille Jeanne mais découvrez aussi quelques écrits et de beaux poèmes sur les femmes et l'amour.

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Poésie d'amour: Biographie de Victor Hugo.

Victor Hugo : Chevalier de la Légion d'Honneur

Ses précoces succès littéraires lui donnent l'ambition de devenir "Chateaubriand ou rien". En 1819, il fonde avec ses frères une revue: le conservateur littéraire. Devenu le poète du parti Ultra, il publie des poésies officielles (Odes et poésies diverses, 1822), des romans (Han d'Islande, 1823), et rencontre Vigny et Lamartine.

Pensionné et décoré, Victor Hugo évolue cependant vers des idées politiques de plus en plus libérales. La préface de Cromwell lui permet de se poser en doctrinaire du Romantisme, dont il devient décidément le chef de file après la représentation tapageuse d'Hernani (1830). Avec les Orientales (1829), il a également poursuivi son oeuvre poétique, qui se prolonge dans la parution successive des Feuilles d'automne (1831), des Chants du crépuscule (1835), des Voix intérieures (1837) pour finir dans cette première période de son activité avec Les Rayons et Les Ombres (1840). Il continue à écrire pour le théâtre avec Lucrèce Borgia (1833) ou Ruy Blas (1838) et dans le genre romanesque avec Notre-Dame de Paris (1831).

Il connaît la gloire et la consécration sociale; reçu à l'Académie française en 1841. Il est nommé pair de France par Louis-Philippe en 1845. Pourtant, il est attiré désormais par les idées républicaines ; élu député en 1948 et en 1949. D'abord favorable à la candidature de Louis-Napoléon Bonaparte, il s'opposera en vain au coup d'état du 2 décembre 1851.

Dès lors sa vie va prendre un autre cours. La douleur du décès tragique de sa fille Léopoldine en 1843, la solitude de l'exil à Jersey puis Guernesey, l'amènent à approfondir son inspiration. Il se tourne vers les mystères de la vie et de la mort, s'adonne au spiritisme, se perd dans la contemplation de l'océan. Il compose ainsi des oeuvres maîtresses, Les Châtiments (1853), la Fin de Satan, Dieu, et sans doute son recueil le plus riche.

A la chute de l'empire, il revient à Paris, mais malgré sa gloire aussi bien politique que littéraire, la fin de sa vie sera assombrie par les deuils et les malheurs.

Idole de la gauche républicaine comme l'écrivain populaire par excellence, il est célébré à sa mort par de grandioses funérailles nationales.

Jeanne endormie.

Recueil : L'art d'être grand-père.

L'oiseau chante ; je suis au fond des rêveries.

Rose, elle est là qui dort sous les branches fleuries,
Dans son berceau tremblant comme un nid d'alcyon,
Douce, les yeux fermés, sans faire attention
Au glissement de l'ombre et du soleil sur elle.
Elle est toute petite, elle est surnaturelle.
Ô suprême beauté de l'enfant innocent !
Moi je pense, elle rêve ; et sur son front descend
Un entrelacement de visions sereines ;
Des femmes de l'azur qu'on prendrait pour des reines,
Des anges, des lions ayant des airs benins,
De pauvres bons géants protégés par des nains,
Des triomphes de fleurs dans les bois, des trophées
D'arbres célestes, pleins de la lueur des fées,
Un nuage où l'éden apparaît à demi,
Voilà ce qui s'abat sur l'enfant endormi.
Le berceau des enfants est le palais des songes ;
Dieu se met à leur faire un tas de doux mensonges ;
De là leur frais sourire et leur profonde paix.
Plus d'un dira plus tard : Bon Dieu, tu me trompais.

Mais le bon Dieu répond dans la profondeur sombre :
- Non. Ton rêve est le ciel. Je t'en ai donné l'ombre.
Mais ce ciel, tu l'auras. Attends l'autre berceau ;
La tombe. -

Ainsi je songe. Ô printemps ! Chante, oiseau !


Le sacre de la femme - Ève.

Recueil : La légende des siècles.

Ève offrait au ciel bleu la sainte nudité ;
Ève blonde admirait l'aube, sa soeur vermeille.


Chair de la femme ! argile idéale ! ô merveille !
Pénétration sublime de l'esprit
Dans le limon que l'Être ineffable pétrit !
Matière où l'âme brille à travers son suaire !
Boue où l'on voit les doigts du divin statuaire !
Fange auguste appelant le baiser et le coeur,
Si sainte, qu'on ne sait, tant l'amour est vainqueur,
Tant l'âme est vers ce lit mystérieux poussée,
Si cette volupté n'est pas une pensée,
Et qu'on ne peut, à l'heure où les sens sont en feu,
Étreindre la beauté sans croire embrasser Dieu !
Ève laissait errer ses yeux sur la nature.


Et, sous les verts palmiers à la haute stature,
Autour d'Ève, au-dessus de sa tête, l'oeillet
Semblait songer, le bleu lotus se recueillait,
Le frais myosotis se souvenait ; les roses
Cherchaient ses pieds avec leurs lèvres demi-closes ;
Un souffle fraternel sortait du lys vermeil ;
Comme si ce doux être eût été leur pareil,
Comme si de ces fleurs, ayant toutes une âme,
La plus belle s'était épanouie en femme.



Tu me vois bon charmant et doux.

Recueil : Océan vers.

Tu me vois bon, charmant et doux, ô ma beauté ;
Mes défauts ne sont pas tournés de ton côté ;
C'est tout simple. L'amour, étant de la lumière,
Change en temple la grotte, en palais la chaumière,
La ronce en laurier-rose et l'homme en demi-dieu.
Tel que je suis, rêvant beaucoup et valant peu,
Je ne te déplais pas assez pour que ta bouche
Me refuse un baiser, ô ma belle farouche,
Et cela me suffit sous le ciel étoilé.
Comme Pétrarque Laure et comme Horace Églé,
Je t'aime. Sans l'amour l'homme n'existe guère.
Ah ! j'oublie à tes pieds la patrie et la guerre
Et je ne suis plus rien qu'un songeur éperdu.

Les citations de Victor Hugo.

Quand deux coeurs en s'aimant
ont doucement vieilli.

Recueil : Toute la lyre.

Quand deux coeurs en s'aimant ont doucement vieilli
Oh ! quel bonheur profond, intime, recueilli !
Amour ! hymen d'en haut ! ô pur lien des âmes !
Il garde ses rayons même en perdant ses flammes.
Ces deux coeurs qu'il a pris jadis n'en font plus qu'un.
Il fait, des souvenirs de leur passé commun,
L'impossibilité de vivre l'un sans l'autre.
- Chérie, n'est-ce pas ? cette vie est la nôtre !
Il a la paix du soir avec l'éclat du jour,
Et devient l'amitié tout en restant l'amour !



Les citations de Victor Hugo.

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