Jean Dutourd (3)

Les meilleures citations de Jean Dutourd :

Une femme qui vous a quitté laisse dans l'âme une traînée éblouissante.
Jean Dutourd ; L'âme sensible (1959)
Absurde. (Subst. masc.) Vieux, mais toujours à la mode. Découverte de 1945 : Dieu n'existe pas, rien n'a de sens, l'homme ne sait d'où il vient ni où il va, etc. Le philosophe de l'absurde est obligatoirement « lucide et désespéré », ce qui le conduit à avoir des idées de gauche.
Jean Dutourd ; L'école des jocrisses (1970)
Une femme ne passe jamais l'éponge sur une vieille tromperie.
Jean Dutourd ; La trilogie française (1997)
Si l'amour est un maître, l'amitié est la plus discrète et la plus exquise des servantes.
Jean Dutourd ; Pluche ou l'amour de l'art (1967)
Souvent des gens qui croient s'aimer, ou du moins ne s'interrogent pas là-dessus, ont cessé de le faire depuis plusieurs années. Les amours conjugales sont comme des tasses fêlées, qui peuvent rester longtemps entières, mais qui se cassent si on les trempe dans l'eau chaude.
Jean Dutourd ; Pluche ou l'amour de l'art (1967)
À vingt ans, la vérité ennuie, j'entends la vérité profonde, la vérité de l'être, qui perce à travers les attitudes, comme les mauvaises herbes au milieu d'un gazon bien tondu. A vingt ans, toute vérité apparaît comme une ortie ou un chardon qu'il faut arracher. A quarante-cinq ans, il n'y a plus que les chardons et les orties qui m'intéressent en moi, et pour un peu j'arracherais le joli gazon qui est autour.
Jean Dutourd ; Pluche ou l'amour de l'art (1967)
Le désespoir n'est pas une grande vague qui submerge un homme ; une brusque invasion, une maladie foudroyante qui brise d'un seul coup tous les ressorts. J'imagine le désespoir, moi, plutôt comme un microbe qui opère ses ravages dans un coin de l'organisme. J'ajouterai qu'il se passe avec le désespoir ce qu'il se passe avec à peu près tous les sentiments et toutes les passions : celui qui en est atteint l'ignore très longtemps. Il ne soupçonne rien du travail du microbe. Puis, un beau jour, il s'aperçoit qu'il ne reste plus rien en lui, plus une trace d'espoir. Tout a été grignoté. Il est comme une maison entièrement absorbée par les termites. La maison tombe en poussière. L'homme tombe en poussière.
Jean Dutourd ; Les horreurs de l'amour (1963)
On fait l'amour, ce soir ? Faut pas en abuser, mignonne.
Jean Dutourd ; Au bon beurre, le 10 septembre 1952.
Toute vie s'achemine vers son terme, telle est la destinée des hommes.
Jean Dutourd ; Les œuvres romanesques (1979)
Le destin, lorsqu'il s'empare d'un homme, ne le lâche pas facilement.
Jean Dutourd ; Les œuvres romanesques (1979)
Tout homme est le prophète de son destin, mais il ne le sait pas.
Jean Dutourd ; Les portraits de femmes (1991)
La supériorité dans l'amitié est un crime impardonnable;
Jean Dutourd ; L'âme sensible (1959)
La chasteté d'un couple n'est pas dans la continence.
Jean Dutourd ; Le septième jour (1995)
Je me fous de l'argent, il n'est intéressant que pour ce qu'il procure.
Jean Dutourd ; Pluche ou l'amour de l'art (1967)
Un authentique chagrin d'amour enferme en lui-même celui qui l'éprouve ; c'est comme une seconde cristallisation, plus solide que la première, et plus durable car, dans ce domaine, contrairement au proverbe, les absents ont toujours raison. L'être aimé vous eût-il dit adieu à jamais, vous eût-il accablé des plus grandes cruautés, on ne parvient pas à lui être infidèle, on est d'autant plus enchaîné charnellement à lui qu'il est invisible.
Jean Dutourd ; Le séminaire de Bordeaux (1987)
La bagatelle, on peut parfaitement s'en passer pendant des mois. La chasteté est bien moins pénible qu'on n'affecte de le dire, surtout les messieurs qui, sur ce chapitre, mentent à qui mieux mieux.
Jean Dutourd ; Les œuvres romanesques (1979)
Ce qu'on n'a pas mérité est un cadeau, un sourire du destin.
Jean Dutourd ; Le bonheur et autres idées (1980)
L'amour, c'est uniquement une question d'odeur.
Jean Dutourd ; Le déjeuner du lundi (1947)
La vraie vie n'est pas d'aller s'enterrer à la campagne avec des imbéciles. La vraie vie c'est de voyager. Mais voyager comme autrefois, quand on restait parti dix ans ou trente ans, faute de moyens de transport pour revenir.
Jean Dutourd ; Henri ou l'éducation nationale (1983)
L'amitié est, de tous les sentiments, celui que j'aime le plus. Je vais même jusqu'à préférer un peu l'amitié à l'amour. L'amour prend trop de temps, trop d'âme ; il apporte des bonheurs et des ennuis trop considérables ; neuf fois sur dix il est assommant, et quand il n'est pas assommant, c'est pire. On laisse tout pour courir à lui, on est sans cesse à son service, et deux passions, c'est trop pour un seul cœur.
Jean Dutourd ; Pluche ou l'amour de l'art (1967)
La plupart des gens traversent la vie avec pour tout bagage une centaine de proverbes. Ils se feraient couper en morceaux plutôt que de l'avouer, ils n'en sont même pas toujours conscients ; mais ces cent proverbes leur permettent de tenir soixante ou quatre-vingts ans sans catastrophe majeure, tout aussi bien que s'ils se réglaient sur les principes de Kant ou de Platon.
Jean Dutourd ; Mimi-Bamboche (1979)
L'amour ressemble parfois à un feu qui prend mal, qui menace à tout instant de s'éteindre. Si tu y jettes des bûches, tu l'étouffes. Tu n'arrives à le faire durer qu'en ajoutant de temps à autre des brindilles.
Jean Dutourd ; Les œuvres romanesques (1979)
Être quitté, cela signifie que votre amour n'est pas mort d'épuisement ou de vieillesse, mais qu'il a été assassiné, qu'il a été tué dans sa fleur.
Jean Dutourd ; L'âme sensible (1959)
Perdre le temps est un délice que je goûte souvent. Je vais de-ci de-là, l'esprit vide, deux pensées roulant dans la tête, comme des billes. Il ne me déplaît pas de perdre mon temps si c'est comme je le veux. Seul, du temps passé à m'ennuyer me semble réellement perdu.
Jean Dutourd ; Le complexe de César (1946)
La dépense exorbitante d'une chambre d'hôtel est à mes yeux un puéril gaspillage ; comment peut-on ainsi jeter par les fenêtres l'argent qui est si difficile à attraper, qui nous est si chichement compté lorsque nous n'avons que notre cervelle pour le gagner ?
Jean Dutourd ; Le vieil homme et la France (1994)
L'amour est la grande affaire des femmes, même de celles qui ne l'ont guère connu ou pas du tout. Elles ont un œil d'aigle pour le repérer, si soigneusement se dissimule-t-il ; elles le devinent avant qu'il soit éclos.
Jean Dutourd ; Les œuvres romanesques (1979)
Un homme et une femme qui passent leur vie entière ensemble, qui finissent par ne faire plus qu'une seule et même âme, qu'un seul et même être, est l'une des plus belles réussites humaines.
Jean Dutourd ; Les œuvres romanesques (1979)
Les hommes organisent leur amour en fonction de leur vie, les femmes organisent leur vie en fonction de l'amour. L'amour ne pose aucun problème aux femmes, elles immolent tout pour lui avec enthousiasme. Alors que pour les hommes, il s'agit de l'ajuster, de le répartir, de l'empêcher de mordre trop sur les occupations, le gagne-pain, la position sociale, etc. L'amour se fraie un chemin comme il peut à travers l'âme encombrée des hommes, alors qu'il prend possession, souverainement, de l'âme des femmes, qui se vide de tout à son approche.
Jean Dutourd ; Les œuvres romanesques (1979)
Peu à peu la séparation s'est faite, et maintenant elle est totale.
Jean Dutourd ; Le bonheur et autres idées (1980)
Qui donne ne sait jamais combien il faut donner ; qui reçoit croit toujours qu'on le gruge.
Jean Dutourd ; Le bonheur et autres idées (1980)
La chance, c'est le bonheur, c'est la face rébarbative et noire du destin qui tout à coup s'illumine d'un charmant sourire. Un instant avant, on vivait dans les ténèbres, on étouffait sous un couvercle, on était enchaîné par la nécessité, on était un esclave écrasé par le poids du monde.
Jean Dutourd ; De la France considérée comme une maladie (1982)
L'oisiveté, c'est la plus belle chose du monde, quand on n'en souffre pas.
Jean Dutourd ; Pluche ou l'amour de l'art (1967)
Les gens qu'on aime, c'est sacré.
Jean Dutourd ; Pluche ou l'amour de l'art (1967)
Vingt-huit ans est l'âge où l'on est placé devant le choix déchirant des pantoufles ou des pieds nus.
Jean Dutourd ; Henri ou l'Éducation nationale (1983)
Le propre de notre temps est la malhonnêteté intellectuelle.
Jean Dutourd ; Les scènes de genre et tableaux d'époque (1996)
Un chagrin d'amour, cela s'organise et cela se savoure.
Jean Dutourd ; Les horreurs de l'amour (1963)
J'applique à ma manière la sagesse des nations : les capitulations dont ma vie est semée me donnent chacune la délirante allégresse du condamné à qui l'on accorde une remise de peine.
Jean Dutourd ; Doucin (1955)
Il n'y a rien de plus guignard qu'un homme qui veut à tout prix se marier.
Jean Dutourd ; Les horreurs de l'amour (1963)
Rien n'est inéluctable en ce monde, et la plupart du temps l'on ne meurt que parce qu'on le veut bien.
Jean Dutourd ; Loin d'Édimbourg (1990)
L'esprit étincelant et vrai, qui frôle sans cesse le cynisme, effraye les jolies femmes.
Jean Dutourd ; L'âme sensible (1959)
Un Auvergnat, c'est plus malin que deux Juifs.
Jean Dutourd ; Au bon beurre, le 10 septembre 1952.
Tout le monde se moque des proverbes, s'amuse à les retourner, à les mettre en contradiction les uns avec les autres, mais il est certain qu'ils représentent une expérience globale, qu'ils sont les conclusions tirées par l'humanité de spectacles auxquels elle a assisté des millions de fois et qui ne varient guère.
Jean Dutourd ; Mimi-Bamboche (1979)
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