Le dégoût, de Évariste Boulay-Paty (1851)

Le dégoût.

Recueil : Sonnets (1851)

On a fermé les jeux, mais par une autre loi
Qu'on ferme donc aussi la Bourse, ce repaire !
La honte où nous vivons finira, je l'espère :
Infâme amour de l'or, tout le mal vient de toi !

Les spéculateurs vils !... Mes amis, parlez-moi
Le langage d'honneur que me parlait mon père,
Lorsque j'étais enfant, en un temps plus prospère,
Alors qu'à l'héroïsme au moins on avait foi !

Mes amis, nobles cœurs, rendez-moi ma patrie !
Faites-moi croire encore à ma France chérie !
Lorsque je vous entends, mon cœur bat plus léger.

Aux Français d'à présent en rien je ne ressemble ;
Je ne sais ni leurs mœurs, ni leur langue ; il me semble
Que je suis, dans la France, en pays étranger !


Évariste Boulay-Paty.