Le regard triste, de Delphis de La Cour

À Mlle De Prud'homme.

Recueil : Poèmes et sonnets (1867)

Quand je vous vois, j'admire, ô svelte jeune fille,
Votre long col de cygne aux contours gracieux,
Votre beauté si chaste, auréole qui brille
Au front pur de la vierge et de l'ange des cieux.

Vous avez tour à tour le regard qui scintille
Et le regard voilé, regard triste et joyeux ;
Tout ce qui se reflète et tout ce qui pétille,
Le rayon de l'esprit, l'étincelle des yeux.

Vous avez à la fois et l'éclair et la flamme,
Ce qui jaillit du cœur et s'épanche de l'âme,
Quelque chose de fier, quelque chose de doux.

Quel argent vaut ces biens dont plus d'une est jalouse ?
Mon bel ange aux yeux noirs, celui qui vous épouse,
Eût-il des millions, est moins riche que vous.



Delphis de La Cour.