Les faveurs, de Évariste Boulay-Paty (1851)

Les faveurs.

Recueil : Sonnets (1851)

Sans titre magnifique et sans habit doré,
L'homme grand par l'esprit, le cœur ou la science,
Comme un titre sur lui porte sa conscience,
Et de son propre nom il se croit décoré.

Assez, par ce qu'il vaut, à ses yeux honoré,
Il a des vains honneurs la digne insouciance.
Il marche à l'avenir, ferme avec patience,
Noble être sous l'habit d'un vulgaire ignoré.

Eh ! que peuvent lui faire à lui ces dons stériles,
Ces faveurs, le désir des âmes puériles,
Que l'aveugle pouvoir laisse au hasard tomber ?

Faux talent, baisse-toi, prends-les, amasse, amasse,
Car le mérite vrai jamais ne les ramasse ;
Il est trop droit, trop haut, trop fier, pour se courber.


Évariste Boulay-Paty.