L'ivresse, de Pierquin de Gembloux (1829)

L'ivresse.

Recueil : Nouvelles poésies (1829)

Dans ces moments d'ineffable bonheur,
D'une voix douce et pleine de tendresse
Tu dis parfois : ô ma vie !... ô mon cœur !...
Le cœur, la vie ont tous deux leur vieillesse.

Ces mots divins, qui ravissent notre âme
M'ont arraché quelquefois un soupir ;
Ils suffiraient aux besoins de ma flamme,
S'ils n'annonçaient que nous devons mourir.

Ah ! de ces mots n'attriste plus ces lieux,
Laisse-moi croire à ta flamme éternelle ;
Dis : ô mon âme !... et je me crois aux cieux,
Si comme Dieu, notre âme est immortelle !


Claude-Charles Pierquin de Gembloux