Quand je t'aimais de l'amour le plus tendre

Romance d'amour.

Recueil : Poésie d'amour (1833)

Quand je t'aimais de l'amour le plus tendre,
Quand tu causais ma peine ou mon bonheur,
Au seul plaisir de te voir, de t'entendre,
Je consacrais tous les vœux de mon cœur.

Je n'avais plus, vers toi seul attirée,
Qu'un sentiment, qu'un espoir, qu'un désir ;
De mon amour constamment enivrée,
Ne pas t'aimer me paraissait languir !

Las ! ce penchant, qui dominait ma vie,
À moins charmé que tourmenté mes jours !
Craintes, regrets, pénible jalousie,
En remplissaient, en agitaient le cours.

Mon cœur enfin, sortant de ce délire,
Sut de l'amant se créer un ami,
Qu'il aime encor, plus qu'il n'ose le dire ;
Mais... qu'est-ce auprès de ce qu'il a senti !



Hélène van den Bergh.