François-Jules Suisse, dit Jules Simon

Quelques mots sur l'auteur :

Jules Simon

Philosophe, académicien et homme d'État français né le 27 décembre 18142 à Lorient dans le Morbihan en Bretagne, François-Jules Suisse, dit Jules Simon, est décédé le 8 juin 1896 à Paris.

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Les 40 citations de Jules Simon :

Les passions ont beau se croire indomptables, elles ont un maître : c'est la raison. La raison est lumineuse : elle connaît son but, elle éclaire sa propre marche, elle sait la place et le rang de toutes choses. Elle porte en elle le sceau divin du commandement. Quand elle s'applique aux actes de la liberté humaine, son nom est la justice ; ce qu'elle ordonne est le devoir. Chaque fois qu'elle parle, la passion, même la plus ardente, doit se taire, doit céder.
Jules Simon ; Le devoir (1854)

La loi de la justice est la loi de Dieu même, méconnue de beaucoup, ignorée de personne ; toujours présente en nous pour nous guider avant l'action, pour nous récompenser après le sacrifice, pour nous punir après la faute.
Jules Simon ; Le devoir (1854)

Toute science commence par un acte de foi. Être philosophe, c'est croire à la puissance de la raison, et s'efforcer, par le moyen de la raison, de sonder le reste.
Jules Simon ; Le devoir (1854)

Il n'y a pas de plus grand malheur que de se dévouer pour une illusion.
Jules Simon ; Le devoir (1854)

Dieu ne nous a pas chargés du gouvernail sans faire luire pour nous une étoile.
Jules Simon ; Le devoir (1854)

Il y a en ce monde beaucoup d'hommes froids, calmes, impassibles, chez lesquels aucune passion n'a de force, difficiles à remuer, incapables de pousser un peu loin la joie ou la peine, tièdes, indifférents, engourdis, égoïstes moins par excès d'amour-propre que par défaut de sympathie, et vivant au jour le jour, de peu d'actions et de peu de sentiments, si cela peut s'appeler vivre.
Jules Simon ; Le devoir (1854)

Donner pour recevoir, ce n'est pas donner, c'est faire un commerce.
Jules Simon ; Le devoir (1854)

Un pays libre en matière de philosophie, c'est celui où la pensée et l'expression de la pensée ne sont entravées ni par les lois, ni par les mœurs.
Jules Simon ; La liberté (1859)

La société ne peut laisser mourir de faim ni les orphelins abandonnés, ni les malades et les vieillards sans amis et sans famille. Il en est de l'assistance comme de l'action même du pouvoir public : elle est légitime partout où elle est nécessaire et seulement où elle est nécessaire.
Jules Simon ; Le travail (1866)

Il arrive qu'on fasse une action honnête, non parce qu'elle est honnête, mais parce qu'on craint d'être puni en ne la faisant pas, ou parce qu'on espère être récompensé pour l'avoir faite. Quand l'amour-propre se met ainsi au premier plan et devient le but unique de nos actes, il ne les rend pas criminels à la vérité, mais il les empêche d'être méritoires ; ni Dieu ni la société ne doivent rien à celui qui s'est en quelque sorte payé d'avance. La vertu qui rapporte n'est plus de la vertu.
Jules Simon ; Le devoir (1854)

Le plus grand malheur dans l'alcoolisme, c'est que les ivrognes engendrent des enfants idiots, de sorte que la punition se poursuit de génération en génération, du père coupable et dégradé aux enfants innocents.
Jules Simon ; Le travail (1866)

L'aumône de hasard, distribuée à tout venant, entretient le vice et la paresse, provoque l'hypocrisie et le vol, n'est dans celui qui donne qu'ostentation et sensiblerie. L'aumône organisée se croit bien autrement utile ; elle est ravie de sa force et de son discernement. Elle prétend ne donner qu'aux vrais misérables, faire de ses dons un remède, et profiter de la circonstance pour placer de bons conseils.
Jules Simon ; Le travail (1866)

Il n'y a rien que l'homme foule aux pieds si aisément qu'un cadavre.
Jules Simon ; La liberté (1859)

On ne peut dire si un ami nous est plus nécessaire dans la bonne ou dans la mauvaise fortune ; dans la mauvaise, pour nous consoler, dans la bonne pour nous avertir. C'est un témoin à la fois bienveillant et austère ; c'est notre conscience personnifiée et rendue visible, dont les conseils doivent être donnés avec fermeté et reçus avec douceur.
Jules Simon ; Le devoir (1854)

Aucune passion comme l'amour n'est plus prompte à se rendre souveraine maîtresse de nos âmes quand nous la laissons une fois se développer sans entraves. La passion amoureuse est comme ces feux qui ont longtemps couvé, et qui sont inextinguibles, lorsqu'ils éclatent en plein air, et que le vent les ravive et les agite de toutes parts.
Jules Simon ; Le devoir (1854)

L'amour doit être sans nuage entre deux cœurs qui battent à l'unisson l'un de l'autre.
Jules Simon ; Le devoir (1854)

L'amour trouve mille portes pour s'insinuer dans les âmes.
Jules Simon ; Le devoir (1854)

L'amour exalte tout ce qu'il y a dans nos âmes de noble et de délicat, et il peut subsister longtemps après l'objet ou les qualités qui l'ont fait naître, comme un parfum qui n'abandonne plus le vase où la liqueur a séjourné.
Jules Simon ; Le devoir (1854)

L'amour, qui commence le plus souvent par les yeux, se nourrit des grâces de l'esprit et des qualités du cœur.
Jules Simon ; Le devoir (1854)

L'amitié est une chaleur générale et universelle, tempérée au demeurant, et égale, une chaleur constante, toute douceur et polissure, qui n'a rien d'aspre et de poignant.
Jules Simon ; Le devoir (1854)

L'amour a souvent pour effet de fausser notre jugement en tout ce qui touche à la personne aimée ; c'est le premier dommage qu'il nous cause, car rien n'est plus désastreux pour une âme que de se tromper sur les caractères du beau et de l'honnête, et d'admirer sous ces noms, le laid et l'injuste.
Jules Simon ; Le devoir (1854)

L'amour conjugal diffère de l'amour par le calme des sens, par la confiance, la sécurité et un sentiment de gratitude mutuelle. L'habitude détruit les enchantements et la poésie du premier jour, mais elle crée à la place un lien plus grave et plus profond qui s'accroît chaque jour de tout le bonheur qu'on a goûté et de tout le malheur qu'on a supporté ensemble.
Jules Simon ; Le devoir (1854)

On ne juge pas un ami, on le supporte tel qu'il est.
Jules Simon ; Le devoir (1854)

La véritable amitié ne comporte pas seulement l'estime, mais le respect ; il faut que l'on sente, jusque dans les épanchements de l'intimité, la présence et la dignité de la vertu.
Jules Simon ; Le devoir (1854)

Hélas ! on s'habitue même à la prison ; on devient un hôte naturel de ces tristes demeures.
Jules Simon ; Le devoir (1854)