2 - Ce dictionnaire vous propose 119 citations et pensées de Louis-Jules Mancini-Mazarini :
Pour vivre exempt de chagrin, il faudrait ni voir ni entendre.
Travail sans suite, en tous genre, c'est peine double et c'est peine perdue.
Pour jouir d'un sort tranquille il vaut mieux être craint qu'utile.
En toute affaire à la source il faut remonter ; et tout désordre enfin, comme toute rivière, à sa source peut s'arrêter.
Faute de moyen suffisant pour résister avec quelque avantage, il faut souffrir patiemment pour ne pas souffrir davantage.
Le sot, ne discernant rien, ne connaît qu'une manière ; le sage a plus d'un moyen.
Tandis que le sot qui s'admire néglige d'observer autrui, le coup qu'à-propos on lui tire parvient sans peine jusqu'à lui.
Nul ne peut savoir le sort que le ciel lui destine.
Le sens commun sert bien souvent mieux que le génie.
Ici-bas, auprès de ce qu'on ne sait pas, ce qu'on sait est bien peu de chose.
Tout querelleur trouve des ennemis.
N'entrons jamais en nulle affaire sans bien savoir par où nous pourrons en sortir.
Sur tout ce qui nous environne ayons toujours les yeux ouverts.
Parmi tous tant que nous sommes nul n'a le droit de vexer son prochain : la goutte d'eau que nous jette un voisin, nous semble un poids insupportable.
Ce qu'on prise bien souvent le plus est ce qui vaut le moins.
Le pouvoir ne produit pas tout seul l'obéissance ; intrigue, fuite ou trahison, quand il est seul, savent lui tenir tête : il faut, pour que rien ne l'arrête, qu'il s'unisse avec la raison.
C'est une dangereuse amorce qu'un pouvoir trop illimité.
Mettons à leur place les gens et tout ira pour le mieux du monde.
Le péril réunit ceux que l'humeur divise.
Discours sensés n'ont guère d'efficacité contre un penchant qui prend sa source au cœur : il est de feu, la raison est de glace. Jugez quel sera le vainqueur.
La patience est bien souvent la seule ressource du sage.
L'orgueil qui nous transporte jusqu'à nous faire batailler avec gens de trempe trop forte est un bien mauvais conseiller.
Le faible est fort quand on l'opprime.
L'ombrageux est souvent moins difficile à gouverner que l'imbécile.
La multitude est prompte à se venger.
L'espoir du mieux est l'ennemi du bien.
Le mérite souvent mène une vie obscure, environné d'ignorants ou d'ingrats.
L'oreille des méchants est sourde aux bons avis.
Par tout pays et de tout temps, mari sans yeux et sans oreilles convient aux femmes à merveilles.
Le malheur met à l'unisson l'indigence avec la richesse, et la force avec la faiblesse ; il rend sensible aux maux d'autrui, et les loups de l'espèce humaine ne s'adoucissent que par lui.
Le mal, ou celui qui l'endure, ne peuvent longtemps subsister.
En toute affaire il faut du jugement, surtout en fait de querelle et d'offense.
De rien la jeunesse ne doute, et toute nouveauté pour elle a des attraits.
Jeunesse est ignorante et prompte à mal juger.
L'instinct n'égare jamais, et quand on suit le vœu de la nature on suit la raison de bien près.
En ce monde, si l'on acquiert quelque degré d'honneur, c'est tout autant de pris sur le bonheur.
Le hasard quelquefois aussi sert à corriger la jeunesse.
Le vrai grand homme est souvent au bas rang ; et tel autre ne paraît grand que par la place qu'il occupe.
Quand les ressorts d'un bon gouvernement se détraquent dans un empire, on peut annoncer sûrement qu'il n'est pas loin de se détruire.
L'aspect de la fortune tient l'œil ouvert mieux que le clair de lune.
Le malheureux accuse, invoque la fortune ; l'heureux n'en reconnaît aucune, et ne veut rien devoir qu'à ses propres talents.
On peut bien, sans être astrologue, prédire aux fils méconnaissants, qu'ils engendreront des vipères ; et qu'ils seront traités par leurs enfants comme ils auront traité leurs pères.
Un fat entêté de ses talents, de son mérite, n'écoute que la vanité.
Autorité, tradition, science, près de nous en mainte occurrence sont en défaut. Or quel est donc le maître qu'il nous faut ? L'expérience.
Il est bon d'être fort pour être respecté ; mais trop est trop, et l'excès de la force a souvent son mauvais côté.
On court à sa perte quand on sort de son état pour vivre avec plus d'éclat.
Toujours mêmes erreurs, toujours mêmes chimères, et les sottises de nos pères sont autant de perdu pour nous.
La plus petite entreprise veut les soins d'un bon ouvrier.
C'est fort bien fait, en toute affaire, de marcher sans s'écarter ; mais il ne faut pas s'entêter.
L'enfant chéri devient enfant gâté : il n'apprend rien, et l'ignorance, la paresse et la vanité, vils corrupteurs de son enfance, le laissent bientôt sans défense au milieu des écueils de la société.
J'approuve fort qu'on ait l'âme élevée ; mais, si l'on veut assurer sa couvée, il ne faut pas nicher trop haut.
On ne peut vivre avec son semblable quand on veut tirer tout à soi.
L'égalité prévient la plainte.
Les meilleures leçons, les plus sages conseils, près des heureux n'ont qu'un effet frivole ; le malheur est la seule école qui soit utile à nos pareils.
L'éclat attire l'envie.
La douleur ne dure qu'autant qu'on peut la supporter.
La disgrâce adoucit bien les mœurs.
Tout culte a, dit-on, ses dévots, mais tous n'ont pas même pratique.
On perdrait le plaisir de vivre si l'on était dans les secrets du sort.
Toujours défiance est un fruit de malice ou d'expérience.
Rien ne profite sans culture.
Tout criminel doit apprendre pourquoi on va le livrer au supplice.
Ce qui nous contrarie prépare souvent notre bien.
Le vrai bonheur n'est que dans la constance.
Tel homme a de l'esprit, tel autre a de l'argent ! Celui-ci se pourvoit de ce dont l'autre abonde ; personne ne reste indigent.
Tout est commerce en ce bas monde.
Il est dangereux tout-à-fait d'écouter une aveugle colère.
Bon coeur a besoin d'être instruit.
Le ciel, dit-on, sait fort bien tout ce qu'il fait.
Tout ce qui vient du ciel est sacré pour les hommes.
Bons chiens de chasse, dit-on, doivent nourrir leur maître.
Le châtiment n'est opportun qu'afin de corriger et non pas pour détruire.
La chasse est, comme on sait, l'image de la guerre.
La charité même doit procéder avec règle et compas.
Il faut s'asservir au caprice suivant les goûts, les humeurs et les temps.
Tout est soumis au calcul ici-bas : la gloire, le bonheur, le destin des États. Et la meilleure politique est celle qui jamais ne fait le moindre pas sans consulter l'arithmétique.
On doit s'attendre à la calamité quand avec gens de perverse nature on se met en société.
La nature met le bonheur dans la diversité, le changement, la nouveauté.
Nul bonheur n'est stable en ce bas monde.
Tout est bon ou mauvais pour nous suivant les besoins ou les goûts.
Les vrais besoins de la vie vont avant ceux de la fantaisie.
Il n'est besoin d'aucun grimoire pour être au fait de l'avenir ; il suffit de nous souvenir chacun de notre propre histoire.
Tout avare est voleur dans la société.
Heureux qui par l'instinct conduit, dans l'âge d'aimer et de plaire, s'attache sans être séduit !
Le cœur veut un attachement et s'abandonne à la tendresse sans savoir pourquoi ni comment.
Pour l'ordinaire chaque artiste parle de son art ou de rien.
Défions-nous d'une lourde apparence.
Nous courons après la fortune, le pouvoir, la grandeur, vaines illusions que réalise aux yeux de l'ignorance le coloris des passions : nous ne trouvons que l'apparence.
L'amour-propre est la seule chose dont on ne vient jamais à bout.
L'amant n'a rien que pour l'être qu'il aime.
Rien ne coûte à qui se sent épris.
Il faut qu'on s'entr'aime pour être heureux et tranquille ici-bas.
Il faut, dit-on, connaître avant d'aimer.
Rien n'est si bon que quelque abus n'en suive.
Les traités sont d'impuissantes sauvegardes, et l'on ne prend ses sûretés qu'en se tenant bien sur ses gardes.
S'agrandir, c'est se détruire : plus on étend un empire, plus les lois, l'autorité, y perdent d'activité.
La nature ne fait rien qui ne soit bon à quelque chose.
Se jouer du faible est bien plat ; se jouer au fort c'est folie.
Pour un sage qui doute on trouvera mille sots sur la route qui croiront en fermant les yeux.
Réflexion et jeunesse ne s'unissent pas aisément.
La bonne philosophie sert à tout, et ne nuit à rien.
Prêcher un ivrogne, c'est du temps perdu.
La plus éclatante vengeance ne vaut pas un bon accommodement.
Ce n'est pas tout d'être intrépide, il ne faut pas être étourdi.
Le mérite se plaît à vivre obscurément.
Suivons l'exemple du sage qui, cherchant la vérité, attend en tranquillité qu'elle ait percé le nuage.
Souvent on tire d'un rien le précepte le plus utile. Un rien dans une main habile, peut produire le plus grand bien.
Mieux vaut, sans vous déplaire, passer son temps à ne rien faire, qu'à suer pour faire des riens.
Vexer au loin pour répandre l'aisance autour de soi, ce n'est pas une bienfaisance de bon aloi.
La vertu me semble assez belle pour la montrer sans ornement.
De la vertu la touchante beauté, aux méchants même a souvent droit de plaire.
Dans les lieux où le despotisme tient tous les esprits abattus, s'il se rencontre des vertus elles vont jusqu'à l'héroïsme.
Le meilleur guide est sans doute celui qui ne conduit jamais autrui que par sa propre expérience.
Bêtes et gens privés des yeux, sont bien dangereux à conduire.
Que sert d'éclairer les gens quand ils n'ont pas reçu de quoi voir la lumière ?
Certain besoin d'aimer qui presse, l'on est ami, l'on est amant, bien moins par choix que par ivresse.
Les sots ne doutent de rien.
On ne fait pas toujours à temps la démarche qu'il faudrait faire.
Quand le bonheur est près de nous, mon fils, n'ayons pas la folie de l'écarter par nos dégoûts.
