Les poèmes sur le sourire :

Un sourire.

Recueil : Le Livre d'amour (1920)

Un sourire ne coûte rien et produit beaucoup,
Il enrichit celui qui le reçoit sans appauvrir celui qui le donne,
Il ne dure qu'un instant, mais son souvenir est parfois éternel,
Personne n'est assez riche pour s'en passer,
Personne n'est assez pauvre pour ne pas le mériter,
Il crée le bonheur au foyer, soutient les affaires,
Il est le signe sensible de l'amitié,
Un sourire donne du repos à l'être fatigué,
Donne du courage au plus découragé
Il ne peut ni s'acheter, ni se prêter, ni se voler,
Car c'est une chose qui n'a de valeur qu'à partir du moment où il se donne.
Et si toutefois, vous rencontrez quelqu'un qui ne sait plus sourire,
Soyez généreux donnez-lui le vôtre,
Car nul n'a autant besoin d'un sourire
Que celui qui ne peut en donner aux autres.


Raoul Follereau
(1903-1977) Haut de page

Je dédie à tes pleurs, à ton sourire.

Recueil : Les heures claires (1896)

Je dédie à tes pleurs, à ton sourire,
Mes plus douces pensées,
Celles que je te dis, celles aussi
Qui demeurent imprécisées
Et trop profondes pour les dire.

Je dédie à tes pleurs, à ton sourire,
À toute ton âme, mon âme,
Avec ses pleurs et ses sourires
Et son baiser.

Vois-tu, l'aube blanchit le sol, couleur de lie ;
Des liens d'ombre semblent glisser
Et s'en aller, avec mélancolie ;
L'eau des étangs s'éclaire et tamise son bruit,
L'herbe rayonne et les corolles se déplient,
Et les bois d'or s'affranchissent de toute nuit.

Oh ! dis, pouvoir, un jour,
Entrer ainsi dans la pleine lumière ;
Oh ! dis, pouvoir, un jour,
Avec des cris vainqueurs et de hautes prières,
Sans plus aucun voile sur nous,
Sans plus aucun remords en nous,
Oh ! dis, pouvoir un jour
Entrer à deux dans le lucide amour !


Émile Verhaeren
(1855-1916) Haut de page

Votre sourire.

Recueil : Les échos du rivage (1857)

Votre sourire est charmant de gaieté ;
Lorsqu'en mon âme où bout parfois l'orage
Il resplendit comme un soleil d'été,
Il y dissipe et chasse tout nuage,
Et je m'apaise à sa sérénité.

Ce doux rayon dans mon cœur reflété,
Oh ! si j'étais poète, à chaque page
Comme en beaux vers ma muse l'eut chanté !
Votre sourire.

Vous n'avez pas besoin en vérité,
D'avoir le sceptre et l'empire en partage ;
Vous n'en sauriez pas en réalité
Être plus reine et régner d'avantage,
Car il vaut bien certes une royauté,
Votre sourire.


Albert Dabadie
(1832-1866) Haut de page

Le sourire.

Recueil : Poésies (1827)

Rends-le-moi, rends-le-moi, ce gracieux sourire
Que j'ai cru sur ta lèvre entrevoir en passant !
Qu'il soit né d'un caprice, ou que l'amour l'inspire,
N'importe ! — rends-le-moi, ce gracieux sourire,
Je veux me croire aimé, ne fût-ce qu'un instant.

Je sais que ton regard ne brille que pour plaire ;
Que sa flamme est pareille à la froide lumière
Qu'en nos climats glacés nous verse le soleil ;
Que c'est au prix des pleurs que tu vends ton sourire,
Et que tu fais payer une heure de délire
Par des jours d'amertume, et des nuits sans sommeil.

Mais j'ai besoin d'aimer, de croire à l'espérance ;
J'ai besoin que sa fleur sur ma triste existence
Jette un léger parfum qui réveille mon cœur ;
Détrompé mille fois, ce cœur veut l'être encore :
Je te crains, mais te suis ; te maudis, mais t'adore,
Et j'ai soif d'être ému, même au prix du malheur.

Rends-moi donc, rends-le-moi, ce gracieux sourire,
Que j'ai cru sur ta lèvre entrevoir en passant ;
Qu'il soit né d'un caprice, ou que l'amour l'inspire,
N'importe ! — rends-le-moi, ce gracieux sourire ;
Que je me croie aimé, ne fût-ce qu'un instant !


Xavier Labenski, dit Jean Polonius
(1800–1855) Haut de page

Autres rubriques à découvrir :