Les anciennes expressions du XIIIe au XVIIe siècle

Que veut dire cette expression ?

Aux chevaux maigres vont les mouches.

Origine : Jean-Antoine de Baïf ; Mimes, enseignements et proverbes (1576)
Explication : Signifie que l'on persécute plus facilement un malheureux ou un misérable, qu'une personne puissante qui saurait se défendre.

À vieille mule frein doré.

Origine : Manuscrit du XIIIe s.
Explication : Cette expression se dit, vulgairement et par reproche, à une vieille femme qui se pare et se farde. à l'origine, on utilisait cette définition quand on préparait une bête pour mieux la vendre.

Bon sang ne peut mentir.

Origine : Proverbe cité par Noël du Fail ; Propos rustiques (1547)
Explication : Une expression devenue proverbe quand on parle de l'hérédité. Bien souvent, les qualités et défauts des parents se transmettent aux enfants. D'où cette expression française très connue Les chiens ne font pas des chats devenue également proverbe.

C'est la mer à boire.

Origine : Proverbe cité par Noël du Fail ; Propos rustiques (1547)
Explication : Signifie que cette chose est irréalisable, difficile à faire ou qu'on n'en voit pas la fin. À l'inverse Ce n'est pas la mer à boire veut dire que ce travail n'est pas trop pénible.

Des amis à la mode.

Origine : Remonte au XIVe s.
Explication : Se dit des personnes qui ne témoignent de l'amitié que par intérêt, par profit et qui n'ont aucuns égards vis à vis de leurs anciens amis.

Être marqué au bon coin.

Explication : Se dit d'une personne qui possède de grandes qualités ou d'un homme de bien.

S'enluminer la trogne.

Explication : Une expression qui désignait une personne qui buvait beaucoup et à excès.
On nomme aujourd'hui cet individu ainsi Un pochetron (nom commun: pochtron).

Faire le pot à deux anses.

Origine : Remonte au XIIIe s.
Explication : Signifie mettre les mains sur les hanches. Cette expression était utilisée pour décrire un homme fier. On disait alors qu'il se tenait comme un pot à deux anses.

Gober les mouches.

Origine : Gobe-mouches ; Remonte au XVIIe s.
Explication : Signifie à l'origine perdre son temps ou qualifie une personne qui n'a rien à faire. Aujourd'hui définit une personne qui croit tout ce qu'on lui dit ou qu'on lui laisse entendre.

Il est vêtu comme un oignon.

Origine : Date du XIIIe s.
Explication : Se dit des gens qui portent plusieurs vêtements les uns sur les autres.

Il ne faut pas se fier à qui entend deux messes.

Explication : Un proverbe utilisé dans le sens qu'il ne faut pas porter d'importance aux hypocrites, aux bigoteries ou personnes qui ont deux sons de cloches.

Jeter de l'huile sur le feu.

Origine : Remonte au XIIIe s.
Explication : Signifie, dans une discussion déjà tendue voir très violente, en rajouter une couche, exciter et attiser davantage l'autre personne.

La marmite est renversée.

Explication : Cette expression était utilisée pour indiquer aux autres personnes qu'on ne mangera plus dans tel endroit ou telle auberge.

La messe est dite.

Explication : Une expression qui signifie que tout est terminé, qu'il n'y a plus rien à faire ou à espérer. Quand la messe est dite, la décision finale ou le verdict est tombé.

La mesure est comble.

Explication : Une expression utilisée dans le sens que trop c'est trop. Se dit d'une personne dont on ne peut en supporter davantage et d'un récidiviste.

Les bons chiens chassent de race.

Origine : Date du XIIIe s.
Explication : Signifie que les enfants tiennent du tempérament et des mœurs de leur père.

Mettre de l'eau dans son vin.

Origine : Proverbe commun du XVe s.
Explication : Cette expression se dit dans le sens se raviser, prendre des résolutions plus modérées ou se remettre en cause.

Monter aux nues.

Origine : Remonte au XVe s.
Explication : Expression utilisée pour indiquer qu'une personne s'emportait subitement de colère. Mais cette expression est également utilisée dans le sens obtenir un grand succès.

Tous songes sont mensonges.

Explication : Signifie qu'il ne faut pas s'arrêter à tout ce qui peut être dit ou à tout pronostique qui pourrait être formulé.

Toute médaille a son revers.

Explication : Une expression qui signifie qu'il n'y a rien que l'on puisse considérer comme bon ou mauvais. En affaire comme dans la vie, il y les avantages et les inconvénients.

Pocher les yeux au beurre noir.

Origine : Remonte au XIIIe s.
Explication : Signifie avoir les yeux gonflés et meurtris suite à un coup de poing.

Pousser le temps à l'épaule.

Origine : Remonte au XIIIe s.
Explication : Signifie gagner du temps, s'octroyer adroitement un moyen pour payer plus tard une dette ou pour effectuer quelque chose après.

Qui veut noyer son chien l'accuse de rage.

Origine : Proverbia vulgalia et latina ; Manuscrit du XIIIe s.
Explication : Cette expression, devenue proverbe, se dit quand on utilise tous les prétextes et des moyens odieux pour se débarrasser d'une personne.

Qui vivra verra.

Origine : Proverbe cité par Jean de La Véprie ; Proverbes communs (1498)
Explication : Signifie qu'il est inutile de faire des pronostiques ou formuler des hypothèses sur telle ou telle chose. Citons aussi cette expression française qui dit Faire des plans sur la comète.

Revenir à ses moutons.

Origine : François Villon ; Pièce de théâtre (1460)
Explication : Expression qui signifie que l'on revient à un propos commencé mais qui fut interrompu. Cette expression devenue proverbe est tirée d'une pièce de théâtre intitulée La farce de Patelin.

Se mettre en rang d'oignons.

Origine : Remonte au XIIIe s.
Explication : Signifie à l'origine prendre place avec des personnes de plus grande qualité ou plus âgées que soi. Aujourd'hui, on l'utilise dans le sens se placer et se mettre en ligne.

Tel refuse qui après muse.

Origine : Date du XIIIe s.
Explication : Se dit d'une personne qui refuse une opportunité et qui ensuite la regrette.

Retourner à son vomissement.

Origine : Date du XIIIe s.
Explication : Signifie commettre une seconde fois la même faute et reproduire la même erreur.

L'habit ne fait pas le moine.

Origine : Proverbe cité par Rutebeuf ; Le frère Denise, XIIIe s.
Explication : Autrefois utilisée dans le sens que si l'on prenait l'habit, il fallait également accepter d'en vivre selon les règles. Indique aujourd'hui qu'il ne faut pas se fier aux apparences parfois trompeuses. Un proverbe latin de Plutarque dit La barbe ne fait pas le philosophe.

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