Alexandre Weill

Quelques mots sur l'auteur :

Photo de Alexandre Weill
Journaliste et écrivain français né à Schirrhoffen dans le nord de l'Alsace le 10 mai 1811, Abraham Weil, dit Alexandre Weill, est décédé le 18 avril 1899 à Paris à l'âge de 87 ans. Pour de plus amples informations, lisez sa biographie sur Wikipédia »

Les 44 citations de Alexandre Weill :

Principes sans esprit, papillon sans ailes !
Alexandre Weill ; Les glanes d'esprit (1874)
Le vrai poète parle toutes les langues de la nature et en ressent tous les sentiments. Il caresse la fleur, embrasse des arbres, rêve avec les étoiles, baise les joues des herbes et cause avec un papillon. Et toutes ces créatures lui confient leurs secrets de cœur, chacune dans sa langue propre, que le poète seul comprend.
Alexandre Weill ; Les glanes d'esprit (1874)
Autrefois on encensait les femmes, maintenant on les enfume.
Alexandre Weill ; Les glanes d'esprit (1874)
Le cœur est comme une meule en mouvement, s'il n'a rien à moudre, il se broie lui-même.
Alexandre Weill ; Le petit trésor d'esprit (1874)
Si les bœufs qu'on engraisse pour la boucherie pouvaient parler, ils diraient : On nous gâte, on nous aime bien !
Alexandre Weill ; Les glanes d'esprit (1874)
Je ne suis pas assez effronté pour être modeste.
Alexandre Weill ; Le petit trésor d'esprit (1874)
Le moi est haïssable, a écrit Blaise Pascal ! Certes, le moi coquin, égoïste, fat, despote, crapuleux est haïssable, mais le moi honnête, laborieux, amoureux et gai, non seulement n'est pas haïssable, mais lui seul inspire de l'intérêt, lui seul est quelque chose. Qu'est-ce que l'homme sans individualité, qui n'a pas son moi ? Tous les coquins, toutes les coquines se ressemblent par à peu près comme les calembours. Ce ne sont plus ni des hommes ni des femmes, c'est une espèce. Seul l'honnête homme, seule l'honnête femme a un caractère, une spécialité, un moi.
Alexandre Weill ; Ma jeunesse (1888)
Non seulement je crois la femme l'égale de l'homme pour l'esprit, la capacité et la raison, mais elle lui est même supérieure par le sentiment et la vertu. Il faut qu'un homme soit sottement infatué de son sexe pour admettre un instant qu'un être qui l'a formé, qui l'a nourri de son sang, sa mère, ou bien qu'un être qui est né de ses entrailles, sa fille, lui soit inférieur. Non, mille fois non, l'homme et la femme ne sont que deux faces d'un seul et même être intelligent, et, sous ce rapport, ils sont complétement égaux.
Alexandre Weill ; Si j'avais une fille à marier (1860)
Je le crache comme de la drogue quand ce cafard m'embrasse.
Alexandre Weill ; Ma jeunesse (1888)
Je t'aime tant, te l'ai-je dit ? Voleur de mon âme, bandit ! Oui, je t'aime et je te le dis. Toi, ma joie, ma beauté et mon paradis, prends ma vie, elle t'est vouée. C'est en ton cœur qu'elle est nouée.
Alexandre Weill ; Ma jeunesse (1888)
Je ne sais pas où je mourrai ni quand, cela m'est parfaitement égal. En attendant, je suis heureux comme un pierrot dans le chènevis. Je me porte comme Apollon, et je gagne ma vie.
Alexandre Weill ; Ma jeunesse (1888)
Quand on fouette les autres, il ne faut jamais leur présenter ses fesses.
Alexandre Weill ; Ma jeunesse (1888)
Tout ce qui existe est un composé de contrastes. Il n'est pas de mot sans voyelles et consonnes, pas de musique sans notes aiguës et graves. Le jour est un composé de lumière et d'ombre, la nuit de ténèbres et d'étoiles, le nombre est un mélange de pair et d'impair. La différence des caractères est dans le degré de ces contrastes. Quant à moi, je passe du calme le plus profond à l'agitation la plus véhémente, du comique au tragique, de l'abattement le plus absolu aux espérances les plus joyeuses.
Alexandre Weill ; Ma jeunesse (1888)
L'amour de deux mortels, c'est un rien dans l'immensité.
Alexandre Weill ; Ma jeunesse (1888)
Un ignorant ressemble à un brochet qui vient d'avaler une carpe.
Alexandre Weill ; Ma jeunesse (1888)
Tout homme parle trois langues. Il se sert tantôt de l'une, tantôt de l'autre, tantôt de toutes les trois, pour exprimer ou pour dissimuler sa pensée. C'est d'abord la langue parlée, la plus trompeuse de toutes. Puis vient en second lieu le regard, qui constitue un langage à part. Puis enfin le geste. Il n'existe point de grammaire ou de dictionnaire pour la langue des regards et des gestes ; elle est comprise sans être apprise. Mais quand un homme ment ou fait une mauvaise action, ces trois langues ne s'accordent plus, et il faut une longue étude aux fripons et aux imposteurs pour harmoniser leurs regards et leurs gestes avec leurs mensonges et leurs flatteries.
Alexandre Weill ; Si j'avais une fille à marier (1860)
Un mari, avant d'être reconnu parfait honnête homme, est l'ennemi naturel de la femme, ennemi que Dieu lui a suscité pour ses peines et ses douleurs. Ma fille, il faut donc, avant tout, que celui que tu aimeras soit un honnête homme, et que la société n'ait à lui reprocher ni une mauvaise action, ni une lâcheté, ni une bassesse, ni surtout ce qu'on appelle une indélicatesse.
Alexandre Weill ; Si j'avais une fille à marier (1860)
Ma fille, le but de cette lettre est de t'engager à ne jamais te marier qu'avec un homme que tu aimes et qui soit digne de ton amour, non pas par des flatteries sur ta beauté et ton esprit, encore moins parce qu'il ressentira ou feindra de l'amour pour toi, mais parce qu'il sera digne d'être aimé par sa femme pour ses qualités morales, pour l'honnêteté de sa famille, et, en dernier lieu, mais en dernier lieu, pour son physique.
Alexandre Weill ; Si j'avais une fille à marier (1860)
En France presque tous les mariages d'amour tournent au tragique, ou pour le moins tournent court à la séparation de corps. Un jeune homme rencontre une jeune fille ; elle lui plaît ; il lui parle à la dérobée et lui dit qu'il l'aime. Les jeunes gens croient, en effet, s’aimer avec passion et ne pouvoir vivre l'un sans l'autre. Ils se voient pourtant rarement seuls, et ils n'ont pas le temps d'étudier leur caractère, leurs goûts, leurs défauts, car personne n'est sans défaut. Parfois les parents s'opposent à cette union : alors les jeunes gens, foulant aux pieds toute raison, tout respect, déclarent vouloir mourir plutôt que d'attendre. Or, s'ils avaient un brin de raison, s'ils pouvaient vaincre la matière au profit de l'âme, non seulement ils respecteraient la volonté des parents, mais ils chercheraient à les persuader par un amour pur, constant, par une patience à toute épreuve ; car rien ne résiste à un amour véritable, pas même un père. Le temps, remède de tout, est aussi la pierre de touche de tout. Un amour qui n'a pas subi l'épreuve du temps n'est pas de bon aloi. C'est souvent une vilaine passion, un sentiment de satisfaction sensuelle, indigne d'un homme et d'une femme.
Alexandre Weill ; Si j'avais une fille à marier (1860)
Le plus grand bonheur d’une femme n'est pas d'être aimée, mais d'aimer, car elle a plus besoin d'aimer que d'être aimée. Aussi le plus grand malheur de la malhonnête femme n'est pas de ne pouvoir plus être aimée, mais de ne pouvoir plus aimer. Elle passe sa vie à chercher un homme qu'elle aime, et quand elle est bien convaincue de sa chute et de son malheur, elle aime un chien ou un oiseau.
Alexandre Weill ; Si j'avais une fille à marier (1860)
Les sots courent après ces femmes qui à chaque sottise qu'ils font, à chaque inconvenance, à chaque grivoiserie qu'ils débitent, grivoiserie qu'ils ont lue dans des journaux faits exprès pour eux, les proclament charmants, spirituels, irrésistibles, tout en leur soutirant leur argent.
Alexandre Weill ; Si j'avais une fille à marier (1860)
Le vice est inévitable dans une société civilisée, à moins qu'on ne parvienne à abolir la richesse et la pauvreté, ce qui serait un immense bien.
Alexandre Weill ; Si j'avais une fille à marier (1860)
Le misérable qui trompe et vole son prochain, souvent son ami, le châtiment l'atteindra tôt ou tard. Il est rare que le bourreau ne devienne pas victime à son tour.
Alexandre Weill ; Si j'avais une fille à marier (1860)
Ma fille, il n'y a dans toute la création rien de plus beau, de plus méritoire, de plus sacré qu'une femme intelligente qui, domptant sa nature ardente, brûlante, dévorante, écrasant le serpent de la convoitise, restant sourde à toutes les tentations du luxe et du plaisir, ne vit que pour l'idéal de la vertu, et s'élève au- dessus de la foule, au-dessus de l'homme, au-dessus de son mari, par l'accomplissement de son devoir d'épouse et de mère !
Alexandre Weill ; Si j'avais une fille à marier (1860)
Ma fille, si belle que tu sois, ta beauté n'est qu'un reflet, ta jeunesse qu'une matinée : tout cela s'enfuit comme une nuée blanche. Mais la vertu dure non seulement pendant la vie, mais encore au-delà de la tombe ! Sois vertueuse !
Alexandre Weill ; Si j'avais une fille à marier (1860)
Ma fille, veux-tu ta vie durant jouir de l'estime générale, au point que tous les hommes, en te voyant, malgré eux et fussent-ils des Don Juan, seront forcés de d'honorer ton sexe ? Sois vertueuse ! Évite même le moindre soupçon d'infidélité. Dès que tu auras un mari, si tendre que soit son amour pour toi, il cherchera tes défauts pour s'en prévaloir. L'homme envie peu les qualités passagères de la femme, mais il baisse pavillon devant la vertu qu'il ne possède pas.
Alexandre Weill ; Si j'avais une fille à marier (1860)
Ma fille, pour jouir de tes droits de femme et d'épouse, il faut d'abord que tu en remplisses les devoirs. Parfois on accomplit son devoir sans que le droit en jaillisse tout de suite, mais jamais le droit n'existe de soi ! De même l'arbre ne produit pas toujours du fruit, il y a des orages, des grêles qui en détruisent les fleurs, mais sans arbre point de fruit possible ! Si donc tu comptes goûter le doux fruit des droits d'épouse, de femme et de mère, plante d'abord l'arbre du devoir. Sois toujours fidèle à l'homme auquel tu as promis ton amour.
Alexandre Weill ; Si j'avais une fille à marier (1860)
Tout le monde parle toujours exclusivement de ses droits, comme si le droit était chose abstraite et indépendante du devoir. Or, la société, depuis le pâtre jusqu'au roi, n'existe que par le devoir et le sacrifice, et que tout droit jaillit d'un devoir accompli.
Alexandre Weill ; Si j'avais une fille à marier (1860)
L'homme dans la vie terrestre n'est que la chenille de lui-même. La mort lui donne des ailes de papillon ! La mort, ne pouvant être qu'un bien, étant universelle, n'est pas le contraire de la vie, mais de la naissance. C'est forcément, logiquement, une transition, une transformation, une évolution nécessaire, supérieure.
Alexandre Weill ; Si j'avais une fille à marier (1860)
L'idéal du mariage, auquel d'ailleurs les humains atteignent rarement, c'est l'amour double de deux êtres parfaitement sains de corps et d'âme.
Alexandre Weill ; Si j'avais une fille à marier (1860)
Se marier, pour une jeune fille et un jeune homme, c'est l'acte le plus important de la vie, plus important que la naissance et la mort ; car il décide du bonheur ou du malheur, non seulement de la femme, non seulement de l'homme, mais de toute une famille.
Alexandre Weill ; Si j'avais une fille à marier (1860)
Avoir une mère vertueuse et un père honnête homme, il n'est pas de noblesse supérieure à celle-là. Sans père, point de famille, car c'est le père qui donne son nom à l'enfant. Un enfant illégitime n'a pas de nom.
Alexandre Weill ; Si j'avais une fille à marier (1860)
L'enfant ne se contente nullement d'une mère. Il lui faut un père. La nature exige absolument cette trinité de famille et la légitimité de la naissance est loin d'être un préjugé.
Alexandre Weill ; Si j'avais une fille à marier (1860)
Ce n'est pas par l'amour que la femme dompte et subjugue l'homme, mais par la vertu. Souvent l'amour de la femme, par sa nature ombrageuse et exigeante, impose au mari trop de sacrifices de temps et de forces. Mais la vertu enchaine son âme, captive son esprit et sert de doux oreiller à ses velléités de liberté.
Alexandre Weill ; Si j'avais une fille à marier (1860)
Une femme infidèle n'est et ne saurait jamais être mère, elle sacrifierait tôt ou tard son enfant à ses amants. Pour être mère, il faut d'abord être épouse ou digne de l'être, c'est-à-dire, fidèle au père de l'enfant.
Alexandre Weill ; Si j'avais une fille à marier (1860)
La nature a voulu que l'idéal de la femme réside dans la fidélité à un seul homme. Car de cette fidélité jaillit l'humanité. Car sans cette fidélité, la femme représentant un bloc de chair animée, ne mettrait au monde que des crétins.
Alexandre Weill ; Si j'avais une fille à marier (1860)
L'épouse la plus malheureuse, fidèle à un ingrat, est encore plus heureuse que la femme adultère ou la courtisane, qui dans les bras d'un amant, lui jure un amour éternel, car elle ment !
Alexandre Weill ; Si j'avais une fille à marier (1860)
La santé est la seule beauté réelle du corps, de même que la raison est l'unique santé de l'âme.
Alexandre Weill ; Si j'avais une fille à marier (1860)
La plupart des femmes dépensent leur jeunesse et gaspillent leur bonheur pour acquérir cette science de la vie qui n'est autre chose que la connaissance de soi-même.
Alexandre Weill ; Si j'avais une fille à marier (1860)
Le mensonge est le père de la corruption de l'esprit, corruption qui rend la vertu ridicule et prend l'honnêteté pour de la niaiserie.
Alexandre Weill ; Si j'avais une fille à marier (1860)
Une femme accomplie est une âme d'homme dans un corps féminin.
Alexandre Weill ; Si j'avais une fille à marier (1860)
Un homme supérieur est une âme de femme dans un corps masculin !
Alexandre Weill ; Si j'avais une fille à marier (1860)
Le mariage, tout en sauvegardant les droits de la femme, l'enchaîne à des devoirs qui, s'ils ne deviennent pas des plaisirs, sont si difficiles à remplir, qu'il faudrait être plus qu'une femme, qu'il faudrait être un ange, pour ne pas chanceler quelquefois, pour ne pas fléchir un instant.
Alexandre Weill ; Si j'avais une fille à marier (1860)
Une femme infidèle ne sait jamais où elle s'arrêtera. Une fois l'âme vaincue par le corps, l'insatiabilité de la chair la jette d'un homme à l'autre, cherchant partout et ne trouvant nulle part le bonheur rêvé.
Alexandre Weill ; Si j'avais une fille à marier (1860)