Marie de Flavigny, comtesse d'Agoult (3)

Les meilleures citations de Marie d'Agoult :

Parler à quelques hommes, échanger par des paroles fortuites qui meurent aussitôt qu'elles ont prononcées l'expression de nos besoins et de nos impressions du moment, c'est une condition commune à tous, une faculté que tous exercent sans plus y songer qu'à respirer ou à se mouvoir. Mais parler à l'humanité dans la langue immortelle de l'art, c'est un privilège suprême réservé à un petit nombre d'êtres qu'on serait tenté de considérer comme appartenant à une création supérieure, intermédiaire entre l'humanité et ces natures d'essence divine dont notre imagination se plaît à peupler les mondes invisibles. Ce privilège si rare est en même temps une magistrature sacrée. Mésuser d'un tel don est un crime. Ô poètes, vous à qui fut donné l'archet d'or, vous dont l'âme, bercée au rythme de la beauté éternelle, a des vibrations magiques qui ravissent l'humanité et l'attirent sur vos traces, n'abusez point pour l'égarer de cette fascination toute puissante. Laissez les fantômes de l'erreur s'agiter dans ces régions moyennes où tout change et s'évanouit ; ne les élevez point dans la sphère immuable du génie ; ne les revêtez pas de gloire.
Marie d'Agoult ; Les esquisses morales (1849)
Pouvoir, en ce monde pervers, être impunément bon, sans réserve et sans mesure, n'est pas donné à tous ; c'est l'heureux privilège des âmes fortes, et c'est pourquoi la force m'a toujours paru si enviable.
Marie d'Agoult ; Les esquisses morales (1849)
Le grand art de consoler les douleurs, c'est s'en distraire avec délicatesse. L'amour y est plus habile que l'amitié. L'âme affligée n'est point en garde contre sa muette éloquence, tandis qu'elle se cabre et regimbe contre les discours, même les plus insinuants, de l'amitié.
Marie d'Agoult ; Les esquisses morales (1849)
Me promenant, par une belle journée d'octobre, dans les jardins de mon enfance, soudain je fus frappé de la beauté merveilleuse d'un grand nombre d'arbres verts que je n'avais point aperçus durant l'été, cachés qu'ils étaient par l'épais feuillage des massifs, alors dans tout l'éclat de la végétation, maintenant dépouillés. Humble et patiente amitié, pensai-je, c'est ainsi qu'on t'oublie aux heures splendides de la jeunesse et de l'amour ; c'est ainsi que tu apparais, douce et consolatrice, vers le soir de la vie, quand la passion est morte et l'existence dénudée.
Marie d'Agoult ; Les esquisses morales (1849)
Souvent deux amants s'éprennent l'un de l'autre pour des qualités qu'ils n'ont pas, et se quittent pour des défauts qu'ils n'ont pas davantage.
Marie d'Agoult ; Les esquisses morales (1849)
Vous me parlez d'amour, mais nous ne saurions nous comprendre. Pour moi, l'amour est un héros qui conquiert, au péril de ses jours, la domination du monde. Pour vous, c'est un pauvre honteux qui mendie à la dérobée sa précaire existence.
Marie d'Agoult ; Les esquisses morales (1849)
En amour, la plupart des hommes ne sont pas exempts d'indélicatesse. L'image de la femme aimée n'est jamais assez isolée sur l'autel pour que d'étranges confusions ne se fassent point dans leur esprit. Lorsqu'ils s'inclinent devant elle, pareils au flot qui vient saluer la rive, ils déposent à ses pieds, malgré eux, le limon de leurs habitudes corrompues, l'écume de leurs souvenirs.
Marie d'Agoult ; Les esquisses morales (1849)
L'amour est aujourd'hui toute l'ambition de la femme. Pour l'homme, au contraire, il n'est, le plus souvent, que le sommeil momentané de l'ambition.
Marie d'Agoult ; Les esquisses morales (1849)
Aussi longtemps que la science n'aura pas précisé l'action de la force magnétique sur l'organisation humaine, on n'aura pas le secret de ce que nous appelons les amours indignes ; on ne comprendra pas, on ne plaindra pas assez ces passions subies plutôt qu'éprouvées, qui nous ravissent tout empire sur notre volonté sans aveugler notre jugement : affreux supplice pour une âme bien née ; maladie devant laquelle les remèdes moraux sont inefficaces, mais que l'on apprendra peut-être un jour à guérir comme on guérit la fièvre et les fluxions de poitrine.
Marie d'Agoult ; Les esquisses morales (1849)
L'avenir réserve encore à l'homme la plus belle des conquêtes morales : l'amour. Quand la femme ne sera plus seulement par manière de dire, mais véritablement et selon l'esprit, la moitié de l'homme, le sentiment de l'amour, qui n'a encore été que volupté plus ou moins raffinée ou passion plus ou moins chimérique, deviendra, dans sa constance et sa plénitude, l'harmonie suprême de la vie humaine.
Marie d'Agoult ; Les esquisses morales (1849)
L'amour, dites-vous, est un sentiment passager. Quelle erreur est la vôtre ! De toutes les passions qui animent le cœur humain il n'en est point à qui une plus longue durée soit nécessaire. Il faut, pour qu'il arrive à cette perfection, qui seule peut remplir l'âme tout entière, qu'il ait traversé mille épreuves : la présence et l'absence, la santé et la maladie, la prospérité et l'infortune, le monde et la solitude, la faute même et le mutuel pardon. Il lui faut enfin la consécration suprême de la fécondité. Une telle passion ne se produit point dans les froides régions où vous végétez. Vous en concluez qu'elle n'existe pas ; moi je conclus seulement que c'est vous qui n'existez pas.
Marie d'Agoult ; Les esquisses morales (1849)
La plus belle entre les orchidées naît et s'épanouit sur l'écorce d'un tronc desséché. Ainsi je te vois, pieuse et charmante, parant de toutes les grâces, de toutes les suavités de ta jeunesse, mon triste hiver dépouillé par les vents.
Marie d'Agoult ; Les esquisses morales (1849)
Pleurer notre jeunesse, c'est le plus souvent regretter une belle femme qui nous a trompés.
Marie d'Agoult ; Les esquisses morales (1849)
Le premier jour de la vieillesse n'est pas celui où une ride plisse notre front, où un cheveu blanc se montre à nos tempes ; c'est celui où l'imagination s'affaisse sous le poids des souvenirs ; où nous disons hier plus volontiers que demain, j'ai fait plus complaisamment que je ferai.
Marie d'Agoult ; Les esquisses morales (1849)
Avoir, ce n'est pas posséder. Pour posséder les choses il faut une certaine vigueur d'âme ; pour les avoir, il suffit d'être riche.
Marie d'Agoult ; Les esquisses morales (1849)
Les faiblesses des grands hommes consolent le vulgaire. Il les signale ; il les compte ; il se donne beau jeu ; il n'a pas peur qu'on lui rende la pareille. Nul ne remarque les faiblesses du vulgaire. Pourquoi ? parce que le vulgaire n'est que faiblesse.
Marie d'Agoult ; Les esquisses morales (1849)
Action, travail ou besogne : c'est la loi imposée à tous, et nul ne s'y soustrait. Bien peu savent agir. Heureux ceux qui travaillent ! Le vulgaire fait la besogne, puis, la tâche achevée, chacun s'endort d'un même sommeil.
Marie d'Agoult ; Les esquisses morales (1849)
Il est des âmes si bien nées que, sans avoir eu peut-être l'occasion de faire de grandes choses, elles vivent naturellement, simplement, et comme par droit de naissance, dans un commerce familier avec la grandeur.
Marie d'Agoult ; Les esquisses morales (1849)
Il n'y a de secrets bien gardés que ceux auxquels la vanité fait sentinelle.
Marie d'Agoult ; Les esquisses morales (1849)
L'amour-propre, si susceptible pour lui-même, ne devine jamais la susceptibilité d'autrui.
Marie d'Agoult ; Les esquisses morales (1849)
Savoir vivre seul est une condition essentielle pour qui veut conserver intactes, en toutes circonstances, la dignité de ses mœurs et la sincérité de son caractère.
Marie d'Agoult ; Les esquisses morales (1849)
Pour paraître beaucoup plus aimable, il m'a suffi parfois de moins aimer.
Marie d'Agoult ; Les esquisses morales (1849)
Dans le monde, on confond la fréquence des relations avec l'intimité des rapports. Vienne un jour de malheur, et la distinction se fait d'elle-même.
Marie d'Agoult ; Les esquisses morales (1849)
Un faux ami, c'est bien souvent une personne qui vous jalouse, trop envieuse de vos multiples succès, qui vous donne des conseils inutiles, ou, qui fait courir, dès que vous avez le dos tourné, les pires calomnies dans un but intentionnellement de vous nuire. Si vous connaissez une telle personne, et si vous en souffrez, mieux vaut rompre cette amitié sans intérêt, et passer à autre chose.
Marie d'Agoult ; Les esquisses morales (1849)
Pour si peu que l'amitié nous blesse, elle connaît si bien nos côtés vulnérables qu'elle nous laisse des plaies profondes. La haine n'a ni cette sûreté de coup d'œil, ni cette dextérité de main, elle frappe fort, mais aux endroits insensibles.
Marie d'Agoult ; Les esquisses morales (1849)
Pour peu que nous ayons quelque mérite, nos ennemis nous servent beaucoup mieux que nos amis. Par la violence de leurs attaques, ils provoquent les retours de l'opinion. Par leur préoccupation inquiète, ils inspirent le désir de mieux nous connaître pour mieux nous critiquer ; enfin, par leurs traits acérés, ils éveillent en nous des forces qui peut-être se sont engourdies au sein d'une amitié trop indulgente. Ils nous excitent à valoir tout ce que nous pouvons valoir pour donner un éclatant démenti à leurs calomnies. S'ils nous ravissent quelques biens extérieurs, ils nous font souvent découvrir en notre âme des trésors ignorés.
Marie d'Agoult ; Les esquisses morales (1849)
Le pire de certaines inimitiés, c'est qu'elles sont si viles, si rampantes, qu'il faut se baisser pour les combattre.
Marie d'Agoult ; Les esquisses morales (1849)
Chez certaines âmes, plus hautaines que tendres, le pardon est une forme polie, une sorte d'euphémisme du mépris.
Marie d'Agoult ; Les esquisses morales (1849)
Trop de facilité à pardonner tient moins de la grandeur que de la faiblesse d'âme : quiconque sent fortement ressent longtemps.
Marie d'Agoult ; Les esquisses morales (1849)
Rendre une éclatante justice aux mérites inférieurs de notre ennemi, c'est une des jouissances les plus raffinées de l'orgueil.
Marie d'Agoult ; Les esquisses morales (1849)
Les nobles cœurs ont d'orgueilleux chagrins, et d'humbles joies.
Marie d'Agoult ; Les esquisses morales (1849)
Les moralistes ont dit à l'homme : abaisse, réprime, étouffe en toi l'orgueil ; moi, je lui dis : justifie ton orgueil, c'est le secret de toutes les grandes vies.
Marie d'Agoult ; Les esquisses morales (1849)
Beaucoup font l'aumône, peu font la charité.
Marie d'Agoult ; Les esquisses morales (1849)
Ne retournez jamais vos plus belles vertus, leur envers est souvent bien pire que des vices.
Marie d'Agoult ; Les esquisses morales (1849)
L'homme, sournois et fourbe, vous dénigre aujourd'hui pour demain faire votre apothéose.
Marie d'Agoult ; Les esquisses morales (1849)
La plus amère punition de nos fautes, c'est qu'elles nous mettent presque toujours dans la nécessité d'en commettre de nouvelles.
Marie d'Agoult ; Les esquisses morales (1849)
Nos remords ne sont pas dans la proportion de nos fautes, mais dans la proportion des vertus qui nous restent.
Marie d'Agoult ; Les esquisses morales (1849)
Se conformer à son malheur ce n'est pas s'y résigner : l'un est la marque d'un caractère fort, l'autre est le signe certain d'une âme faible.
Marie d'Agoult ; Les esquisses morales (1849)
La différence entre bonheur ou malheur est si petite, qu'on ne doit jamais envier ni plaindre personne.
Marie d'Agoult ; Les esquisses morales (1849)
Presque toutes les choses que nous souhaitons fortement nous arrivent un jour, alors pourquoi faut-il que ce soit précisément le jour où nous avons cessé de les souhaiter ?
Marie d'Agoult ; Les esquisses morales (1849)
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