Jean Dutourd (2)

Les citations célèbres de Jean Dutourd :

La plupart des gens traversent la vie avec pour tout bagage une centaine de proverbes. Ils se feraient couper en morceaux plutôt que de l'avouer, ils n'en sont même pas toujours conscients ; mais ces cent proverbes leur permettent de tenir soixante ou quatre-vingts ans sans catastrophe majeure, tout aussi bien que s'ils se réglaient sur les principes de Kant ou de Platon.
Jean Dutourd ; Mimi-Bamboche (1979)

L'amour ressemble parfois à un feu qui prend mal, qui menace à tout instant de s'éteindre. Si tu y jettes des bûches, tu l'étouffes. Tu n'arrives à le faire durer qu'en ajoutant de temps à autre des brindilles.
Jean Dutourd ; Les œuvres romanesques (1979)

Être quitté, cela signifie que votre amour n'est pas mort d'épuisement ou de vieillesse, mais qu'il a été assassiné, qu'il a été tué dans sa fleur.
Jean Dutourd ; L'âme sensible (1959)

Perdre le temps est un délice que je goûte souvent. Je vais de-ci de-là, l'esprit vide, deux pensées roulant dans la tête, comme des billes. Il ne me déplaît pas de perdre mon temps si c'est comme je le veux. Seul, du temps passé à m'ennuyer me semble réellement perdu.
Jean Dutourd ; Le complexe de César (1946)

Il y a toujours assez de temps pour s'ennuyer, c'est pour s'amuser ou travailler qu'on en manque.
Jean Dutourd ; Le vieil homme et la France (1994)

L'amour est la grande affaire des femmes, même de celles qui ne l'ont guère connu ou pas du tout. Elles ont un œil d'aigle pour le repérer, si soigneusement se dissimule-t-il ; elles le devinent avant qu'il soit éclos.
Jean Dutourd ; Les œuvres romanesques (1979)

Un homme et une femme qui passent leur vie entière ensemble, qui finissent par ne faire plus qu'une seule et même âme, qu'un seul et même être, est l'une des plus belles réussites humaines.
Jean Dutourd ; Les œuvres romanesques (1979)

Les hommes organisent leur amour en fonction de leur vie, les femmes organisent leur vie en fonction de l'amour. L'amour ne pose aucun problème aux femmes, elles immolent tout pour lui avec enthousiasme. Alors que pour les hommes, il s'agit de l'ajuster, de le répartir, de l'empêcher de mordre trop sur les occupations, le gagne-pain, la position sociale, etc. L'amour se fraie un chemin comme il peut à travers l'âme encombrée des hommes, alors qu'il prend possession, souverainement, de l'âme des femmes, qui se vide de tout à son approche.
Jean Dutourd ; Les œuvres romanesques (1979)

Il est plus facile d'être malheureux du malheur d'autrui qu'heureux de son propre bonheur.
Jean Dutourd ; Le bonheur et autres idées (1980)

Qui donne ne sait jamais combien il faut donner ; qui reçoit croit toujours qu'on le gruge.
Jean Dutourd ; Le bonheur et autres idées (1980)

La chance, c'est le bonheur, c'est la face rébarbative et noire du destin qui tout à coup s'illumine d'un charmant sourire. Un instant avant, on vivait dans les ténèbres, on étouffait sous un couvercle, on était enchaîné par la nécessité, on était un esclave écrasé par le poids du monde.
Jean Dutourd ; De la France considérée comme une maladie (1982)

L'oisiveté, c'est la plus belle chose du monde, quand on n'en souffre pas.
Jean Dutourd ; Pluche ou l'amour de l'art (1967)

Quelqu'un qui vous dit qu'il va vous rendre heureux, c'est comme quelqu'un qui vous apporte une surprise. Il est rare que la surprise soit agréable. Elle tombe presque toujours à côté. Cela se comprend : le donateur, pour son cadeau, tâche d'imaginer ce qui lui ferait plaisir à lui.
Jean Dutourd ; Le spectre de la rose (1986)

Les gens qu'on aime, c'est sacré.
Jean Dutourd ; Pluche ou l'amour de l'art (1967)

Le libertinage, c'est la recherche de plaisirs sensuels qui sont les seuls plaisirs par lesquels on puisse tirer — enfin — un peu d'agrément de ce fichu corps.
Jean Dutourd ; Carnet d'un émigré (1973)

Vingt-huit ans est l'âge où l'on est placé devant le choix déchirant des pantoufles ou des pieds nus.
Jean Dutourd ; Henri ou l'Éducation nationale (1983)

Le propre de notre temps est la malhonnêteté intellectuelle.
Jean Dutourd ; Scènes de genre et tableaux d'époque (1996)

On excuse volontiers la mauvaise foi ; on n'excuse pas la bonne foi.
Jean Dutourd ; Le paradoxe du critique (1971)

Il n'y a pas de fumée sans feu.
Jean Dutourd ; Dutouriana, le 7 mars 2002.

Un chagrin d'amour, cela s'organise et cela se savoure.
Jean Dutourd ; Les horreurs de l'amour (1963)

Les femmes qui ont été abandonnées et qui souffrent d'un chagrin d'amour ont besoin, pour les apaiser, d'une certaine forme virile de la tendresse : où trouver cette tendresse mieux que chez un père ?
Jean Dutourd ; Leporello, Ed. Plon (2007)

Rousseau n'était pas fou, il était pire : c'était un homme en avance sur son temps.
Jean Dutourd ; Le spectre de la rose (1986)

Il n'y a rien de plus guignard qu'un homme qui veut à tout prix se marier.
Jean Dutourd ; Les horreurs de l'amour (1963)

Une femme n'est pas un homme ; excuse-moi d'insister sur une chose aussi bête !
Jean Dutourd ; Pluche ou l'amour de l'art (1967)

Quelle pourrait bien être pour moi la femme idéale ? Un corps privé de pensée !
Jean Dutourd ; Les œuvres romanesques (1979)