Jean Dutourd

Quelques mots sur l'auteur :

Photo de Jean Dutourd

Romancier et essayiste français né le 14 janvier 1920 à Paris, Jean Gwenaël Dutourd est élu à l'Académie française le 30 novembre 1978, il décède à l'âge de 91 ans le 17 janvier 2011 à Paris.

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Les 86 citations de Jean Dutourd :

En amour, l'homme est un chasseur et la femme une proie.
Jean Dutourd ; L'âme sensible (1959)

Les chagrins d'amour prolongent les amours, en ce qu'ils découragent comme eux les assiduités masculines. Le regret d'un amant absorbe autant que l'amant lui-même ; les hommes sentent qu'il est aussi difficile de gagner le cœur ou les faveurs d'une femme abandonnée que d'une femme heureuse : l'une et l'autre opposent les mêmes défenses, ou la même indifférence.
Jean Dutourd ; Les œuvres romanesques (1979)

Les femmes qui ont été abandonnées et qui souffrent d'un chagrin d'amour ont besoin, pour les apaiser, d'une certaine forme virile de la tendresse : où trouver cette tendresse mieux que chez un père ?
Jean Dutourd ; Leporello, Ed. Plon (2007)

Chacun s'arrange comme il peut avec le bon Dieu.
Jean Dutourd ; Le vieil homme et la France (1994)

Un vol demeure un vol, qu'il lèse une personne ou qu'il en lèse dix millions.
Jean Dutourd ; La Gauche la plus bête du monde (1985)

Pour écrire du merveilleux, il faut être soi-même émerveillé, ou l'avoir été et en garder le souvenir en dépit de tous les désenchantements de la vie.
Jean Dutourd ; Avec Marcel Schneider (2005)

Les proverbes sont un trésor, un patrimoine, un corps de recettes qu'on se repasse de siècle en siècle pour ne pas être trop malmené par le monde, un bréviaire pour le commun des mortels, un guide des embûches quotidiennes.
Jean Dutourd ; Mimi-Bamboche (1979)

Il en est de la mort comme de tout : tant qu'on n'y a pas tâté, on s'en fait un monde.
Jean Dutourd ; Journal intime d'un mort (2004)

L'amour demande des loisirs ; pas de loisirs, pas d'amour.
Jean Dutourd ; Les horreurs de l'amour (1963)

Le loisir est la chose la plus fatigante et la plus déprimante que je connaisse. C'est pour ça que je ne suis pas à l'aise dans notre société actuelle, dite société des loisirs. Moi, je ne suis pas fait pour ça.
Jean Dutourd ; Les choses comme elles sont (1978)

Avant l'heure, c'est pas l'heure, après l'heure, c'est plus l'heure.
Jean Dutourd ; Les choses comme elles sont (1978)

Pour durer dans un journal, il faut s'y montrer le moins possible, envoyer ses articles par la poste. Ainsi les confrères ne vous connaissent pas, ou guère, et votre caractère, avec ses aspérités, ne leur inspire aucune antipathie.
Jean Dutourd ; Les pensées et réflexions (1990)

L'Occident ne veut plus d'enfants pour diverses raisons. La première est qu'il est riche et que, quand on est riche, on a perdu l'habitude d'aimer, c'est-à-dire de se gêner.
Jean Dutourd ; Le septennat des vaches maigres (1984)

Rien n'est plus comique que de se croire conquérant et de n'être qu'une conquête.
Jean Dutourd ; Les pensées et réflexions (1990)

La guerre et l'amour sont à peu près les dernières choses qu'on fasse sans permis, ce qui est évidemment un anachronisme.
Jean Dutourd ; Les pensées et réflexions (1990)

Les Parisiens sont odieux avec leur genre de mépriser le reste du monde et singulièrement la province.
Jean Dutourd ; Un ami qui vous veut du bien (1981)

Il faut avoir tort en même temps que les autres, il n'est jamais bon non plus d'avoir raison avant.
Jean Dutourd ; Le mauvais esprit (1985)

On ne change pas de destin à volonté.
Jean Dutourd ; Le mauvais esprit (1985)

C'est affreux des gens sans préjugés, on ne se heurte à rien. On est perdu !
Jean Dutourd ; Henri ou l'éducation nationale (1983)

Écrire beaucoup, c'est comme de faire beaucoup de sport. On devient très souple.
Jean Dutourd ; Le fond et la forme (1965)

J'ai toujours pensé que le plus grand bonheur pour un individu ordinaire est d'être pris pour un autre. J'ai ce bonheur quand j'écris.
Jean Dutourd ; Henri ou l'éducation nationale (1983)

Un amour est parfois encore plus vif depuis qu'il est devenu douloureux.
Jean Dutourd ; Le printemps de la vie (1972)

Le bon goût et l'amour de la vérité engendrent la passion de la justice.
Jean Dutourd ; L'âme sensible (1959)

Le premier mouvement de la langue, c'est d'articuler les deux petits mots : « Moi, je... » « Moi, j'aime les glaces au chocolat... Moi, j'aime les femmes maigres... Moi, j'ai très bien dormi... Moi, je suis un objecteur de conscience... Moi, si j'étais le Gouvernement... Moi, les inquiétudes métaphysiques, ça me laisse froid... Moi, je pense, donc je suis... Moi, je ne pense à rien, ça me repose la tête... Moi, il faut que je me change les idées... Moi, moi, moi ! ... » Comment faisons-nous pour supporter tous ces Moi qui nous entourent, qui nous clament leur nom aux oreilles, qui s'imposent à nos yeux, qui veulent mobiliser notre esprit, qui tentent constamment de nous ravir à nous-mêmes pour que nous prenions en considération, non leurs tourments ou leurs tragédies – cela du moins serait distrayant et peut-être instructif –, mais leurs minuscules besoins, les niaiseries qui leur traversent la tête, leurs goûts éphémères, les événements insignifiants de leur vie quotidienne ? Tous ces Moi qui me cernent et qui m'attaquent ne m'apportent rien de substantiel. Aucune sagesse, aucune expérience, rien de précieux ni de fécond. Les hommes sont aussi avares de leurs pensées sérieuses et de leurs sentiments réels que de leur argent. Ils me prodiguent la menue monnaie de leur existence, le billon, les boutons de culotte. À la fin de la journée, toute cette ferraille m'encombre les poches et déforme mon vêtement. Je n'en suis pas plus riche. « Le moi est haïssable », disait Pascal !
Jean Dutourd ; Le bonheur et autres idées (1980)

On veut être aimé pour rien, malgré ses défauts et surtout malgré ses qualités.
Jean Dutourd ; Le bonheur et autres idées (1980)

Il est infiniment doux de faire des projets avec l'homme qu'on aime, sût-on, au fond de soi, que ce sont des châteaux en Espagne. D'ailleurs sont-ce vraiment des châteaux en Espagne ? Vivre quelque chose par avance, c'est presque le vivre en réalité, cela fait autant plaisir ! Les rares hommes qui comprennent ce trait profond de la nature féminine sont extraordinairement aimés. Aimés comme seuls le sont les charlatans, qui promettent tout et ne tiennent rien. Les projets des femmes, c'est leur poésie.
Jean Dutourd ; Les horreurs de l'amour (1963)

Les femmes sentent admirablement ces nuances. Dès le premier mot ou presque, elles flairent l'homme dont le cœur est pris, et qui ne leur fait la cour que par dilettantisme sexuel ; les plus faciles y opposent une résistance de vierge.
Jean Dutourd ; Les horreurs de l'amour (1963)

Les femmes sont des caméléons, des miroirs pour l'homme qu'elles aiment.
Jean Dutourd ; Les horreurs de l'amour (1963)

Dans l'administration ou dans le commerce, quand on veut se débarrasser de quelqu'un sans douleur, on lui donne de moins en moins de travail, jusqu'au moment où le condamné en est réduit à se tourner les pouces. C'est une espèce d'asphyxie progressive. À ce moment-là, le président-directeur général a un entretien avec le malheureux. Il lui dit avec une infinie politesse, la voix brisée par le regret : « Vous voyez, mon cher, votre poste dans cette maison est superflu. Vous en convenez vous-même, et nous en sommes tous désolés. Ce n'est pas sans tristesse que nous nous séparons de vous, mais réellement, il n'y a pas d'autre solution. Ce n'est la faute de personne. Les affaires ont évolué de façon telle que votre place qui, à une certaine époque, était très importante, est devenue sans objet », etc. Il n'y a rien à répondre !
Jean Dutourd ; Les horreurs de l'amour (1963)

À la longue on se lasse de faire le bonheur des gens malgré eux.
Jean Dutourd ; Le spectre de la rose (1986)