Marie d'Agoult (4)

Les plus belles citations de Marie d'Agoult :

Aussi longtemps que la science n'aura pas précisé l'action de la force magnétique sur l'organisation humaine, on n'aura pas le secret de ce que nous appelons les amours indignes ; on ne comprendra pas, on ne plaindra pas assez ces passions subies plutôt qu'éprouvées, qui nous ravissent tout empire sur notre volonté sans aveugler notre jugement : affreux supplice pour une âme bien née ; maladie devant laquelle les remèdes moraux sont inefficaces, mais que l'on apprendra peut-être un jour à guérir comme on guérit la fièvre et les fluxions de poitrine.
Marie d'Agoult ; Esquisses morales (1849)

L'avenir réserve encore à l'homme la plus belle des conquêtes morales : l'amour. Quand la femme ne sera plus seulement par manière de dire, mais véritablement et selon l'esprit, la moitié de l'homme, le sentiment de l'amour, qui n'a encore été que volupté plus ou moins raffinée ou passion plus ou moins chimérique, deviendra, dans sa constance et sa plénitude, l'harmonie suprême de la vie humaine.
Marie d'Agoult ; Esquisses morales (1849)

L'amour, dites-vous, est un sentiment passager. Quelle erreur est la vôtre ! De toutes les passions qui animent le cœur humain il n'en est point à qui une plus longue durée soit nécessaire. Il faut, pour qu'il arrive à cette perfection, qui seule peut remplir l'âme tout entière, qu'il ait traversé mille épreuves : la présence et l'absence, la santé et la maladie, la prospérité et l'infortune, le monde et la solitude, la faute même et le mutuel pardon. Il lui faut enfin la consécration suprême de la fécondité. Une telle passion ne se produit point dans les froides régions où vous végétez. Vous en concluez qu'elle n'existe pas ; moi je conclus seulement que c'est vous qui n'existez pas.
Marie d'Agoult ; Esquisses morales (1849)

La plus belle entre les orchidées naît et s'épanouit sur l'écorce d'un tronc desséché. Ainsi je te vois, pieuse et charmante, parant de toutes les grâces, de toutes les suavités de ta jeunesse, mon triste hiver dépouillé par les vents.
Marie d'Agoult ; Esquisses morales (1849)

Ce qui rend parfois la vieillesse très triste, c'est que nous vieillissons fragmentairement. Une partie de nous-mêmes, encore dans sa vigueur, assiste consternée à la décadence de l'autre. Trop souvent un cœur resté jeune n'a plus pour organes que des sens caducs ; quelquefois des sens ardents font le tourment et la honte d'une âme glacée.
Marie d'Agoult ; Esquisses morales (1849)

Pleurer notre jeunesse, c'est le plus souvent regretter une belle femme qui nous a trompés.
Marie d'Agoult ; Esquisses morales (1849)

Le premier jour de la vieillesse n'est pas celui où une ride plisse notre front, où un cheveu blanc se montre à nos tempes ; c'est celui où l'imagination s'affaisse sous le poids des souvenirs ; où nous disons hier plus volontiers que demain, j'ai fait plus complaisamment que je ferai.
Marie d'Agoult ; Esquisses morales (1849)

Avoir, ce n'est pas posséder. Pour posséder les choses il faut une certaine vigueur d'âme ; pour les avoir, il suffit d'être riche.
Marie d'Agoult ; Esquisses morales (1849)

Les faiblesses des grands hommes consolent le vulgaire. Il les signale ; il les compte ; il se donne beau jeu ; il n'a pas peur qu'on lui rende la pareille. Nul ne remarque les faiblesses du vulgaire. Pourquoi ? parce que le vulgaire n'est que faiblesse.
Marie d'Agoult ; Esquisses morales (1849)

Les pensées et les sentiments d'un grand cœur sont comme un perpétuel défi à l'impossible.
Marie d'Agoult ; Esquisses morales (1849)

Action, travail ou besogne : c'est la loi imposée à tous, et nul ne s'y soustrait. Bien peu savent agir. Heureux ceux qui travaillent ! Le vulgaire fait la besogne, puis, la tâche achevée, chacun s'endort d'un même sommeil.
Marie d'Agoult ; Esquisses morales (1849)

Il est des âmes si bien nées que, sans avoir eu peut-être l'occasion de faire de grandes choses, elles vivent naturellement, simplement, et comme par droit de naissance, dans un commerce familier avec la grandeur.
Marie d'Agoult ; Esquisses morales (1849)

Il n'y a de secrets bien gardés que ceux auxquels la vanité fait sentinelle.
Marie d'Agoult ; Esquisses morales (1849)

L'amour-propre, si susceptible pour lui-même, ne devine jamais la susceptibilité d'autrui.
Marie d'Agoult ; Esquisses morales (1849)

Savoir vivre seul est une condition essentielle pour qui veut conserver intactes, en toutes circonstances, la dignité de ses mœurs et la sincérité de son caractère.
Marie d'Agoult ; Esquisses morales (1849)

Pour paraître beaucoup plus aimable, il m'a suffi parfois de moins aimer.
Marie d'Agoult ; Esquisses morales (1849)

Dans le monde, on confond la fréquence des relations avec l'intimité des rapports. Vienne un jour de malheur, et la distinction se fait d'elle-même.
Marie d'Agoult ; Esquisses morales (1849)

Un faux ami, c'est bien souvent une personne qui vous jalouse, trop envieuse de vos multiples succès, qui vous donne des conseils inutiles, ou, qui fait courir, dès que vous avez le dos tourné, les pires calomnies dans un but intentionnellement de vous nuire. Si vous connaissez une telle personne, et si vous en souffrez, mieux vaut rompre cette amitié sans intérêt, et passer à autre chose.
Marie d'Agoult ; Esquisses morales (1849)

Pour si peu que l'amitié nous blesse, elle connaît si bien nos côtés vulnérables qu'elle nous laisse des plaies profondes. La haine n'a ni cette sûreté de coup d'œil, ni cette dextérité de main, elle frappe fort, mais aux endroits insensibles.
Marie d'Agoult ; Esquisses morales (1849)

Pour peu que nous ayons quelque mérite, nos ennemis nous servent beaucoup mieux que nos amis. Par la violence de leurs attaques, ils provoquent les retours de l'opinion. Par leur préoccupation inquiète, ils inspirent le désir de mieux nous connaître pour mieux nous critiquer ; enfin, par leurs traits acérés, ils éveillent en nous des forces qui peut-être se sont engourdies au sein d'une amitié trop indulgente. Ils nous excitent à valoir tout ce que nous pouvons valoir pour donner un éclatant démenti à leurs calomnies. S'ils nous ravissent quelques biens extérieurs, ils nous font souvent découvrir en notre âme des trésors ignorés.
Marie d'Agoult ; Esquisses morales (1849)

Le pire de certaines inimitiés, c'est qu'elles sont si viles, si rampantes, qu'il faut se baisser pour les combattre.
Marie d'Agoult ; Esquisses morales (1849)

Chez certaines âmes, plus hautaines que tendres, le pardon est une forme polie, une sorte d'euphémisme du mépris.
Marie d'Agoult ; Esquisses morales (1849)

Trop de facilité à pardonner tient moins de la grandeur que de la faiblesse d'âme : quiconque sent fortement ressent longtemps.
Marie d'Agoult ; Esquisses morales (1849)

Rendre une éclatante justice aux mérites inférieurs de notre ennemi, c'est une des jouissances les plus raffinées de l'orgueil.
Marie d'Agoult ; Esquisses morales (1849)

Les nobles cœurs ont d'orgueilleux chagrins, et d'humbles joies.
Marie d'Agoult ; Esquisses morales (1849)