Fernand Durand-Désormeaux

Quelques mots sur l'auteur :

Photo de Fernand Durand-Désormeaux
Philosophe, juge à Rambouillet (1872-1876), chef de cabinet du ministre de la justice (1876-1878), directeur du personnel au ministère de la justice (1879), conseiller d'état (1880) né le 18 février 1840 à Saint-Julien-du-Sault (Champagne), Fernand Durand-Désormeaux est décédé le 30 juillet 1881 à Brienon-sur-Armançon (Champagne) à l'âge de 41 ans.

Les 36 citations de Fernand Durand-Désormeaux :

Il y a des intelligences pénibles, qui cherchent laborieusement leur voie au milieu des scrupules de leur conscience, et finissent toujours par prendre la résolution la plus conforme à leur intérêt personnel.
Fernand Durand-Désormeaux ; Les réflexions et pensées (1884)
Il y a des natures dont c'est la condition de ne pouvoir aimer une femme qui leur demanderait seulement de l'amour ; elles veulent vivres solitaires tant qu'elles sont obscures, et elles font subir à leur cœur une mutilation volontaire tant que leur intelligence n'a pas fait aux yeux du monde acte de virilité.
Fernand Durand-Désormeaux ; Les réflexions et pensées (1884)
Il ne faut pas supprimer la passion, mais il faut être capable de lui dire : Tu n'iras pas plus loin ! A cette condition seule elle peut nous procurer le bonheur que nous cherchons toujours. La passion elle-même nous échappe bientôt quand nous n'en sommes plus maîtres.
Fernand Durand-Désormeaux ; Les réflexions et pensées (1884)
Dans l'amour, les phénomènes intellectuels mis en commun sont éprouvés simultanément par les deux êtres et ils sont produits par les mêmes causes ; dans l'amitié, il suffit que notre ami éprouve une impression pour que, bien que nous n'ayons pas les mêmes raisons pour l'éprouver, nous la ressentions aussi.
Fernand Durand-Désormeaux ; Les réflexions et pensées (1884)
Le bonheur, pour l'homme, consiste dans l'exercice de son activité, avec cette réserve que le bonheur est d'autant plus grand et plus exquis que les plus hautes facultés sont mises en jeu et s'exercent en faisant concourir toutes les facultés qui leur sont inférieures à atteindre le but vers lequel elles se tournent. De cette façon, nous évitons de rompre l'équilibre de la machine humaine, et le bonheur nous apparaît comme une harmonie dans la plus grande activité possible.
Fernand Durand-Désormeaux ; Les réflexions et pensées (1884)
Les hommes vraiment vertueux sont les poètes de la vie ; la beauté de leurs actions ne leur coûte ni raisonnement ni efforts. Ils sont inspirés.
Fernand Durand-Désormeaux ; Les réflexions et pensées (1884)
La poésie ne convient qu'à l'enfance du monde ou bien à la jeunesse de l'homme.
Fernand Durand-Désormeaux ; Les réflexions et pensées (1884)
Ceux qui souffrent répandent la souffrance sur leur chemin.
Fernand Durand-Désormeaux ; Les réflexions et pensées (1884)
Ceux qui font souffrir sont des êtres qui cherchent à se débarrasser de leur propre souffrance.
Fernand Durand-Désormeaux ; Les réflexions et pensées (1884)
Un besoin est le commencement d'une souffrance.
Fernand Durand-Désormeaux ; Les réflexions et pensées (1884)
Que de gens veulent au moins se donner le mérite de prédire les événements qu'ils n'ont pas eu le pouvoir d'empêcher.
Fernand Durand-Désormeaux ; Les réflexions et pensées (1884)
Quand nos regards n'ont plus les horizons du monde extérieur, ils se fixent vers la pensée et reçoivent d'elle leurs impressions. L'âme se nourrit d'elle-même.
Fernand Durand-Désormeaux ; Les réflexions et pensées (1884)
Il est difficile, pour l'homme, de ne point porter ses pas dans les lieux habités par son imagination. Si le Jourdain, le Nil, l'Océan, remplissent habituellement votre pensée, vous serez voyageur ; les voyages du corps suivent nécessairement ceux de l'intelligence.
Fernand Durand-Désormeaux ; Les réflexions et pensées (1884)
La guerre appelle la guerre. Enivré de ses succès, le vainqueur n'a qu'une pensée : les poursuivre. Humilié de ses revers, le vaincu tourne toutes ses pensées vers un but unique : les venger.
Fernand Durand-Désormeaux ; Les réflexions et pensées (1884)
Un instant de joie fait oublier des années de douleur. Un rayon de soleil, au printemps, dissipe jusqu'à la dernière trace des pluies de tout un hiver.
Fernand Durand-Désormeaux ; Les réflexions et pensées (1884)
Le présent est la semence de l'avenir. Mais pour que ce germe se développe, il doit chercher dans le passé ses conditions d'existence.
Fernand Durand-Désormeaux ; Les réflexions et pensées (1884)
La gloire n'est qu'une forme de l'amour. Dans l'amour, on éprouve le besoin de posséder un être unique ; dans la gloire, on éprouve le besoin de posséder tous les hommes.
Fernand Durand-Désormeaux ; Les réflexions et pensées (1884)
Toute beauté a toujours une face mystérieuse par laquelle elle fait naître en nous l'admiration passionnée.
Fernand Durand-Désormeaux ; Les réflexions et pensées (1884)
Il y a des hommes qui ne s'inquiètent pas des souffrances étalées dans leur famille et autour d'eux. Pour qu'un malheur les touche, il faut qu'il se produise à cinq cents lieues de l'endroit qu'ils habitent. Ces hommes sont les presbytes du sentiment. Ils ne voient pas les objets qui les touchent et ne peuvent découvrir que ceux qui sont éloignés.
Fernand Durand-Désormeaux ; Les réflexions et pensées (1884)
Analyser ses sentiments, ses idées, c'est chercher un soulagement. Nous nous croyons délivrés d'un tourment, nous n'avons fait que nous élever à un tourment supérieur. L'activité intellectuelle de nos jours n'est que la forme d'une souffrance qui ne cesse guère.
Fernand Durand-Désormeaux ; Les réflexions et pensées (1884)
Mon cœur, plein de passions, aspire à des sentiments qui ne finissent pas ; mon intelligence, froide et calme, ne me montre que des êtres incapables de sentiments durables.
Fernand Durand-Désormeaux ; Les réflexions et pensées (1884)
L'automne est souvent la saison où les sentiments intérieurs de l'homme se développent avec le plus d'activité. Il éprouve le besoin de réagir contre les scènes de destruction dont il est entouré ; il est plus lui-même qu'à aucune autre époque de l'année.
Fernand Durand-Désormeaux ; Les réflexions et pensées (1884)
Le printemps nous trouble et nous enivre ; nous ne nous appartenons plus, nous sommes dispersés dans ces manifestations de la vie partout répandue ; nous appartenons au parfum, à la couleur, à la douceur de la température.
Fernand Durand-Désormeaux ; Les réflexions et pensées (1884)
Le paysage est un instrument dont nous nous servons pour exprimer, pour manifester nos sensations. Nous effleurons du regard la profondeur des bois, les ondulations des collines, la couleur changeante des nuages ; nous aspirons la fraîcheur des vallées, et toutes ces choses, touchées ensemble ou successivement par chacun de nos sens ou par tous à la fois, rendent sous cet attouchement des accords ravissants, comme le son d'une lyre, sous la main de l'artiste.
Fernand Durand-Désormeaux ; Les réflexions et pensées (1884)
On voudrait pouvoir retenir, par leur manteau de feuillage, les journées d'automne ; mais elles s'enfuient, ne nous laissant que des lambeaux de leur parure.
Fernand Durand-Désormeaux ; Les réflexions et pensées (1884)
Effleurant déjà le sol des collines et couvert d'une pourpre sombre, le soleil, à travers les chênes, ressemblait à l'un de ces promeneurs mystérieux qui mènent leurs pensées à travers le double silence du soir et des bois.
Fernand Durand-Désormeaux ; Les réflexions et pensées (1884)
C'est l'automne ! Nos collines sont vêtues de tièdes couleurs, et il n'y a plus dans l'atmosphère qu'une chaleur effacée. Il ne nous reste plus de réalité que ce qui est nécessaire pour évoquer des souvenirs et des espérances. C'est le mois où l'on vit par l'imagination.
Fernand Durand-Désormeaux ; Les réflexions et pensées (1884)
Les heures de la nuit sont les plus salutaires de toutes soit qu'elle nous offre le sommeil, soit qu'elle nous le refuse, l'ombre fait germer le rêve.
Fernand Durand-Désormeaux ; Les réflexions et pensées (1884)
Les grands spectacles, comme celui de la mer, nous plaisent par leur charme propre, parce qu'ils sont le signe de l'immensité, et presque de l'éternité. Les flots évoquent les terres qu'ils ont baignées, les hommes qu'ils ont transportés, les événements auxquels ils ont touché. L'attrait des contrées d'où l'on aperçoit la mer vient de ce que celle-ci est à la fois un signe et un spectacle.
Fernand Durand-Désormeaux ; Les réflexions et pensées (1884)
La femme, si on la juge dans ses rapports avec l'homme, c'est-à-dire à sa place dans le monde n'est qu'instinct, sentiment et amour. Ses idées les plus élevées sont toujours marquées d'un caractère instinctif. Aucune n'échappe à cette loi. Elles trouvent leur grandeur dans l'acceptation volontaire du rôle qui leur est imposé par leur nature.
Fernand Durand-Désormeaux ; Les réflexions et pensées (1884)
Autrefois, j'aimais le son de ces cloches, et je me laissais aller à leur mélancolie. Aujourd'hui, ces sons monotones ne sauraient me plaire. Les êtres, les lieux, les temps sur lesquels les cloches ont résonné se sont effacés. Elles sont le glas de la solitude que le temps a faite en moi et autour de moi. - Elles ne servent qu'à éveiller les échos de la solitude que je porte au fond de moi-même ; de ces solitudes dont il me semble que je n'ai pas conscience, lorsque rien ne les traverse et ne trouble leur silence.
Fernand Durand-Désormeaux ; Les réflexions et pensées (1884)
L'accomplissement du devoir, dans le sens le plus élevé du mot, c'est la liaison établie entre nos idées de bien les plus hautes et tous les actes de notre existence. Les actes d'un peuple se jugent à la même lumière, la plus haute de toutes. L'idéal, c'est l'accomplissement du devoir, c'est la conformité de nos actes avec les révélations de la conscience appliquée au bien.
Fernand Durand-Désormeaux ; Les réflexions et pensées (1884)
Tout est nécessaire et ordonné dès l'origine par des lois qui ne peuvent fléchir. Mais les lois, pour accomplir leur action dans le monde, pour réaliser le monde, ont attaché un plaisir ou une douleur à chacun de nos actes. Ces sentiments nous indiquent la voie. Dans l'ordre moral et intellectuel, nous sommes poussés à chercher les actes auxquels est attachée la plus haute somme de satisfaction. Nous sacrifions un plaisir inférieur à un plaisir élevé.
Fernand Durand-Désormeaux ; Les réflexions et pensées (1884)
Heureux les poètes ! heureux les historiens ! Le passé, la nature, leur apportent la matière de leurs œuvres. Ils ne cherchent pas à exprimer les secrets d'un avenir qui ne s'est pas encore peint dans les événements et dans la vie. C'est une tâche austère de devancer pour ainsi dire la création. Plus heureux que nous, ils trouvent dans le passé et dans la nature la matière de leurs tourments.
Fernand Durand-Désormeaux ; Les réflexions et pensées (1884)
Savoir choisir sa pensée, la développer avec méthode, si ce travail se fait naturellement dans l'esprit, voilà la marque d'un écrivain bien doué. Si la pensée est élevée, si l'expression est juste, ne cherchez pas d'autres qualités, vous êtes en face d'un écrivain parfait.
Fernand Durand-Désormeaux ; Les réflexions et pensées (1884)
Certaines intelligences n'aiment que le grand et le beau, d'autres ne produisent que cela. Lequel vaut le mieux, de celui qui produit des œuvres vulgaires, ou de celui qui aime seulement celles qui sont belles ?
Fernand Durand-Désormeaux ; Les réflexions et pensées (1884)