Quoi qu'en disent les mauvaises langues, c'est une douce chose que la compagnie d'une femme.
Juger est un métier que tout le monde ne sait pas faire. Il y faut de la science et de la conscience, deux choses qui ne se rencontrent pas souvent en une même personne. La cause d'un ami est presque toujours bonne ; celle d'un ennemi presque toujours mauvaise.
Dieu qui s'est repenti d'avoir fait l'homme, ne s'est jamais repenti d'avoir fait la femme.
On ne saurait trop penser à ce qu'on ne saurait assez bien faire.
Quand on veut tromper, il ne faut pas tromper à demi.
Amoureux, il le faut être, ou renoncer à tout ce qu'il y a de plus doux en la vie.
Il n'y a que deux belles choses au monde, les femmes et les roses ; et que deux bons morceaux, les femmes et les melons.
Vos jeunes beautés flétriront comme l'herbe que l'on a trop foulée, et qui ne fleurit plus.
Il ne faut pas se mêler de conduire le vaisseau sur lequel on n'est que passager.
L'aiguillon de l'amour, c'est la difficulté.
Nos jours passent comme le vent, et les plaisirs nous vont décevants.
C'est bien une juste coutume que le cœur affligé, par le canal des yeux vidant son amertume, cherche d'être allégé.
Un courage élevé toute peine surmonte.
Qui cesse d'espérer, il cesse aussi de craindre.
Le temps est médecin d'heureuse expérience, son remède est tardif, mais il est bien certain.
Il est meilleur de ne rien dire que ne pas dire ce qu'il faut.
Deux beaux yeux sont l'empire pour qui je soupire.
Que d'épines, Amour, accompagnent tes roses !
Que mon fils ait perdu sa dépouille mortelle, ce fils si brave que j'aimais si fort, je ne l'impute point à l'injure du sort, puisque finir à l'homme est chose naturelle.
Le trouble de mon âme étant sans guérison, le vœu de la vengeance est un vœu légitime.
Vos yeux ont des appâts que j'aime et que je prise.
La mort a des rigueurs à nulle autre pareilles, on a beau la prier, la cruelle qu'elle est se bouche les oreilles, et nous laisse crier.
Les difficultés sont le champ des vertus.
Il y a des esprits bossus et boiteux aussi bien que des corps.
Haïssez toujours le mal : Dieu vous fera toujours du bien.
Il faut louer Dieu, de quelque façon et en quelque temps qu'il dispose de nous ou des nôtres. La mort est un passage nécessaire à tout ce qui vit au monde, et si aujourd'hui nous perdons et pleurons, demain nous serons perdus et pleurés à notre tour.
La diversité des opinions en ce monde est aussi naturelle que la différence des visages.
Il en est de l'applaudissement universel comme de la quadrature du cercle, du mouvement perpétuel, de la pierre philosophale, et telles autres chimères : tout le monde le cherche, et personne ne le trouve.
Il est des cervelles à fausse équerre aussi bien que des bâtiments.
Ceux qui sont morts ne sont pas plus morts que je le suis.
De tout ce que nous possédons, les femmes sont les seules qui prennent plaisir d'être possédées. Allons-nous vers elles, elles font aussitôt la moitié du chemin ; leur disons- nous mon cœur, elles nous répondent mon âme ; leur demandons-nous un baiser, elles se collent sur notre bouche ; leur tendons-nous les bras, les voilà pendues à notre cou.
Ce qu'on fait malgré soi est toujours difficile.
Il n'y a si mauvais père qui sans quelque regret puisse être privé du plus mauvais fils qui soit au monde.
Mon âge me défend aujourd'hui de ne rien entreprendre qui soit ni long ni difficile. Maintenant, c'est aux jeunes à planter des chênes : les vieux comme moi ne doivent plus planter que du persil, des choux, des épinards, et autres telles denrées.
La fortune use impérieusement de ses affections ; elle suit qui bon lui semble, mais elle ne s'attache à personne.
Les amitiés que les opinions nous impriment commencent légèrement, et finissent de même ; un faible soupçon les ébranle, une petite offense les ruine. Mais les amitiés qui ont leur naissance dans les sentiments de la nature s'attachent en nous avec des racines si profondes qu'il n'y a qu'une violence prodigieuse qui soit capable de les en arracher.
Les années sont toutes de douze mois ; c'est une borne où toujours elles arrivent, et qu'elles n'outrepassent jamais. Il n'en est pas de même de nos vies ; leur durée est courte ou longue, comme il plaît à Dieu qui nous les donne. Tantôt il arrache le fruit en sa verdeur, tantôt il en attend la maturité, tantôt il le laisse pourrir sur l'arbre.
Nous avons beau être distingués en la condition de vivre, nous sommes tous égaux en la nécessité de mourir. C'est une loi qui ne reçoit ni dispense ni privilège. Naissant dans la splendeur des palais ou dans l'obscurité des cabanes, sur le drap d'or ou sur le fumier, parmi les tapisseries ou parmi les araignées, nous en sommes aussi peu exempts d'une façon que d'autre.
Il est aisé de se passer de confitures ; mais de pain, il faut en avoir ou mourir.
On se noie en amour aussi bien qu'en une rivière. Il faut donc sonder le gué de l'un aussi bien que de l'autre.
Avec le temps et la paille les nèfles se mûrissent.
En matière des choses futures, le oui et le non trouvent des amis qui parient les uns d'un côté, et les autres de l'autre.
La persévérance fait des miracles, mais ce n'est pas toujours, ni partout.
Quand une femme refuse ce qu'on lui demande, ce n'est pas qu'elle condamne la chose qui lui est demandée, c'est que le demandeur ne lui plaît pas.
Les vertus et les vices s'accompagnent en nos mœurs comme font les joies et les ennuis en nos aventures.
Heureux sont ceux qui voient clair en ce monde des ténèbres !
J'ai le courage d'un philosophe pour les choses superflues ; pour les nécessaires, je n'ai autre sentiment que d'un crocheteur.
Grandeurs, richesses et l'amour, sont fleurs périssables et vaines.
Ta fille était du monde où les plus belles choses ont le pire destin, et rose, elle a vécu ce que vivent les roses, l'espace d'un matin.
Amour a cela de Neptune, que toujours à quelque infortune il se faut tenir préparé.
L'orgueil ne connaît point de lois.
Apprenez, âmes vulgaires, à mourir sans murmurer.
Je ne trouve la paix qu'à me faire la guerre.
Un déplaisir extrême est toujours à la fin d'un extrême plaisir !
La bonne cause est toujours la plus forte.
La femme est une mer aux naufrages fatales ; rien ne peut aplanir son humeur inégale.
Une chose qui plaît n'est jamais assurée.
Il n'est rien ici-bas d'éternelle durée.
C'est Dieu qui nous fait vivre, c'est Dieu qu'il faut aimer.