2 - Ce dictionnaire vous propose 26 citations et pensées de Guy du Faur de Pibrac :
Avec le jour commence ta journée, de l'Éternel le saint nom bénissant ; le soir aussi ton labeur finissant, loue-le encore, et passe ainsi l'année.
Si en jugeant la faveur te commande, si corrompu par or ou par présents, tu fais justice au gré des courtisans, ne doute point que Dieu ne te le rende.
Dieu tout premier, puis père et mère honore ; soit juste et droit ; et en toute saison de l'innocent prend en main la raison, car Dieu te doit là-haut juger encore.
Vaincre soi-même est la grande victoire ; chacun chez soi loge ses ennemis, qui par l'effort de la raison soumis, ouvrent le pas à l'éternelle gloire.
Heureux qui met en Dieu son espérance et qui l'invoque en sa prospérité, autant ou plus qu'en son adversité, et ne se fie en humaine assurance !
Les biens du corps et ceux de la fortune ne sont pas biens, à parler proprement ; ils sont sujets au moindre changement ; mais la vertu demeure toujours une.
Ce que tu peux maintenant ne diffère au lendemain, comme les paresseux ; et garde aussi que tu ne sois de ceux qui par autrui font ce qu'ils pourraient faire.
En ton parler sois toujours véritable, soit qu'il te faille en témoignage ouïr, soit que parfois tu veuilles réjouir d'un gai propos tes hôtes à la table.
Cacher son vice est une peine extrême, et peine en vain : fais ce que tu voudras, à toi au moins cacher tu ne pourras, car nul ne peut se cacher à soi-même.
De peu de biens nature se contente, et peu suffit pour vivre honnêtement : l'homme ennemi de son contentement, plus a, et plus pour avoir se tourmente.
L'homme est fautif, nul vivant ne peut dire n'avoir failli : des hommes plus parfaits, examinant et leurs dits et leurs faits, tu trouveras, si tu veux, à redire.
As-tu, cruel, le cœur de telle sorte, de mépriser le pauvre infortuné, qui comme toi est en ce monde né, et comme toi de Dieu l'image porte ?
Qui lit beaucoup, et jamais ne médite, semble à celui qui mange avidement, et de tous mets surcharge tellement son estomac, que rien ne lui profite.
Tu ne saurais d'assez ample salaire, récompenser celui qui t'a soigné en ton enfance, et qui t'a enseigné à bien parler, et surtout à bien faire.
Tout l'univers n'est qu'une cité ronde : chacun a droit de s'en dire bourgeois, le Scythe et le Maure autant que le Grégeois, le plus petit que le plus grand du monde.
Boire et manger, s'exercer par mesure, sont de santé les outils plus certains ; l'excès dans l'un de ces trois aux humains, hâte la mort et force la nature.
Tel qui pense, et qui se dit être sage, tiens-le pour fou ; et celui qui savant se fait nommer, sonde-le bien avant.
Adversité, faveurs et querelle, sont trois essais pour sonder un ami ; tel a le nom qui ne l'est qu'à demi, si ne saurait endurer la coupelle.
Ris, si tu veux, en ris de Démocrite, puisque le monde est pure vanité, mais quelquefois, touché d'humanité, pleure nos maux des larmes d'Héraclite.
Songe longtemps avant que de promettre ; mais si tu as quelque chose promis, quoi que ce soit, et fut aux ennemis, de l'accomplir en devoir te faut mettre.
Parler beaucoup on ne peut sans mensonge, ou pour le moins sans vanité ; le parler bref convient à vérité, et l'autre est propre à la fable ou au songe.
Vertus et mœurs ne s'acquièrent d'étude, ni par argent, ni par faveur des rois, ni par acte, ni par deux ou par trois, mais par confiance et par longue habitude.
À l'indigent montre-toi secourable, lui faisant part de tes biens en saison ; car Dieu bénit et accroît la maison qui a pitié du pauvre misérable.
Nul ne saurait par temps devenir sage, s'il l'eût été dès l'abord tout a fait : Quel artisan fut donc maître parfait, du premier jour de son apprentissage ?
Je t'apprendrai, si tu veux, en peu d'heure, le beau secret du breuvage amoureux, aime les tiens, tu seras aimé d'eux : il n'y a point de recette meilleure.
Si ton ami a commis quelque offense, ne va soudain contre lui t'irriter, et doucement, pour ne le dépiter, fais lui ta plainte et reçois sa défense.
