2 - Ce dictionnaire vous propose 96 citations et pensées d'Isocrate :
Le pouvoir tyrannique est un fardeau accablant qui pèse sur les oppresseurs autant que sur les opprimés.
Les services qu'on reçoit dans la détresse sont ceux qu'on oublie le moins.
Ne vous hâtez pas de vous enrichir : à une grande fortune préférez toujours une bonne réputation.
Ne recherchez jamais que des plaisirs honnêtes : les plaisirs sont un bien quand ils s'accordent avec l'honnêteté ; ils deviennent un mal dès qu'ils s'en écartent.
L'essentiel serait de se maintenir dans les bornes d'une modération exacte ; mais comme il n'est pas facile de déterminer ces limites, préférez de rester en deçà plutôt que de vous porter au-delà : on est plus près de la modération en n'allant pas jusqu'au but que quand on le passe.
Travaillez à surpasser les autres en mérite autant que vous les surpasserez en grandeur et en dignités.
Ne montrez pas un front dur et sévère ; contentez-vous d'un maintien grave et recueilli : le premier désigne l'orgueil ; l'autre, la prudence.
Ne vous contentez pas de vous abstenir des fautes ; évitez même tout ce qui pourrait en faire naître le soupçon.
La plupart des hommes sont plus ennemis de celui qui les reprend de leurs fautes que de celui qui les leur fait commettre.
Civil envers tout le monde ne vous familiarisez qu'avec les gens vertueux ; c'est le moyen d'éviter l'inimitié des uns et de vous concilier l'amitié des autres.
Quand vous serez revêtu de quelque charge importante n'employez jamais d'hommes improbes et méchants ; quand vous la quitterez que ce soit avec plus de gloire que de richesses.
Celui qui est en place doit éviter d'employer des hommes vicieux, bien persuadé qu'on lui imputera ce qu'ils pourront faire de mal.
Ne portez pas envie aux citoyens qui occupent les premières places ; mais, plein d'une noble émulation, tâchez par les mêmes services de vous élever au même rang.
Ce n'est pas de ceux qui ont d'immenses richesses qu'il faut envier le sort, mais plutôt de ceux qui n'ont rien à se reprocher ; une conscience pure fait couler d'heureux jours.
Craignez de donner prise aux imputations de la calomnie quelque fausses qu'elles puissent être. La plupart des hommes, sans s'informer de la vérité, ne jugent que sur les bruits vulgaires.
Il n'est jamais bienséant de dire ce qu'il serait honteux de faire.
Respectez les biens d'autrui si vous voulez posséder tranquillement les vôtres.
Soulagez la vertu malheureuse ; les bienfaits bien appliqués sont le trésor de l'honnête homme.
Un des premiers devoirs de l'amitié est de prévenir les demandes de ses amis et soi-même les secourir.
Montrez-vous difficile dans le choix de vos amis. Préférez toujours ceux qui vous rendront plus parfait, et qui donneront aux autres une plus haute idée de vous-même.
Punissez la calomnie comme vous puniriez le crime.
La paresse est un opprobre, et le travail un éloge.
Sois lent à accorder ton amitié, et quand tu l'as donnée tâche de persévérer. Car il est aussi honteux de n'avoir aucun ami que de changer fréquemment de liaisons.
Content de ta situation présente, cherche néanmoins à l'améliorer.
Fortifiez votre corps par le travail, et votre esprit par l'étude.
Sois lent dans tes délibérations, mais prompt à exécuter ce que tu auras arrêté.
Si jamais tu fais une action honteuse n'espère pas la tenir cachée. Car, quand même tu la déroberais aux autres, ta conscience la saura.
Ce qu'il est honteux de faire est également honteux de le dire.
Cherchez dans vos habits la propreté, et non le luxe : le luxe ne se plaît que dans une vaine ostentation ; la propreté s'en tient à une décence honnête.
Parle de tes amis absents à ceux qui sont présents afin de leur faire voir que tu ne les oublies pas eux-mêmes quand ils sont éloignés de toi.
Sois lent à accorder ton amitié ; quand tu l'as donnée, tache de persévérer.
Prends la parole dans deux circonstances, ou quand il s'agit de choses que tu sais parfaitement, ou quand la nécessité l'exige. Dans ces deux cas seuls la parole est préférable au silence ; dans tous les autres, il vaut mieux se taire que de parler pour ne rien dire.
Quelque chose que tu doives dire, réfléchis-y auparavant. Bien des gens parlent avant de réfléchir.
Exact dans la recherche des fautes, soyez modéré dans la punition ; que la peine soit toujours au-dessous du délit.
Un esprit solide dans le corps humain, c'est la plus grande force dans la plus grande faiblesse.
Observez-vous dans vos paroles et dans vos actions, cette attention vous fera éviter bien des fautes.
Comportez-vous envers vos parents comme vous voudriez que vos enfants se conduisent un jour envers vous-même.
Avant de vous lier avec une personne, sachez comment il s'est conduit avec les autres aussi bien dans ses relations amicales, que ses relations amoureuses : il vous traitera comme il a traité les autres.
Sortez des emplois plus estimé, non plus riche ; les éloges sont préférables aux richesses.
Préparez-vous, par des travaux volontaires, à supporter les fatigues quand il en sera besoin.
La beauté est une fleur que la maladie flétrit, et que le temps détruit.
L'amitié des méchants est peu durable, le temps ne peut altérer celle des gens de bien.
Profite de ta journée comme si elle était la dernière.
Mourir, c'est l'arrêt que le destin a prononcé contre tous les hommes.
S'il vous arrive d'avoir des goûts méprisables, cachez-les, mais que votre ardeur pour les grandes choses ne craigne point de se montrer.
Ne combattez que quand il vous est utile de vaincre.
Soyez poli dans vos manières et affable dans vos discours : la politesse demande qu'on salue le premier ceux qu'on rencontre ; l'affabilité veut qu'on leur tienne des propos honnêtes.
Avant que de parler, pensez à ce que vous allez dire : La langue, dans plusieurs, prévient la réflexion.
À des richesses mal acquises préférez une pauvreté sans reproche.
Ne reprochez à personne sa mauvaise fortune : L'avenir est incertain, c'est le sort qui règle tout ici-bas.
De toutes nos possessions, la sagesse seule est immortelle.
Un trésor de belles maximes est préférable à un amas de richesses.
Soyez avide de savoir et vous deviendrez savant.
Les leçons que vous donneriez à vos enfants, mettez-les vous-même en pratique.
N'honorez pas du nom de grand, celui qui forme des projets au-dessus de ses forces, mais celui qui, sage dans ses desseins, peut exécuter toutes ses entreprises.
Ne poursuivez pas toujours vos droits à la rigueur ; ne combattez que quand il vous est utile de vaincre.
Que votre autorité ne tire sa force, ni de la dureté du commandement, ni de la rigueur des châtiments, mais de la supériorité de votre sagesse.
Que votre royaume soit pour tous les étrangers un asile sûr.
Ne faites rien avec colère ; affectez, toutefois, d'être irrité lorsqu'il est à propos.
Laissez à la sagesse la liberté de se faire entendre : elle s'empressera de vous aider de ses conseils dans les affaires épineuses.
Dans ta mise, cherche à être décent, et évite le luxe ; or la décence s'accorde avec la magnificence, mais le luxe recherche les superfluités.
Il est vraisemblable qu'il survienne des choses qui ne sont pas vraisemblables.
Vénus nourrit les passions dans nos âmes.
Le chagrin le plus cuisant est la perte d'un proche, d'un ami.
Le soleil brille souvent de l'éclat le plus pur, mais de temps en temps des nuages l'obscurcissent.
Une naissance illustre ne pare point véritablement l'homme, et chez les héros le courage en tient lieu.
Il faut que chacun garde le rang que le sort lui assigne ; il n'en est point d'assez bas pour humilier un bon esprit.
Le comble de l'infortune, c'est quand une illustre origine donne à nos malheurs une sorte de célébrité.
Un homme de cœur regarde en face l'adversité.
Les femmes ont toujours plus de finesse que les hommes.
Les esprits rebelles ne cèdent qu'à la force de l'autorité.
L'homme vertueux fait le bien avec délices, le méchant ne le fait qu'avec dégoût.
S'écrire des lettres est la seule chose qui rend présents les hommes absents.
Je n'ai jamais vu personne faire à propos ce qu'il devait faire.
Quiconque sait se contenter du simple nécessaire jouit toute sa vie du bonheur.
Dans toutes les circonstances, montrez-vous ami de la vérité et de vos promesses.
Un des devoirs de l'amitié est de porter assistance à ses amis en toutes circonstances.
Si le corps se fortifie par des travaux modérés, c'est par de sages instructions que l'esprit se perfectionne.
Un homme fidèle à la vertu ne s'abandonne jamais à l'oisiveté.
Le flatteur et le trompeur doivent vous être également odieux : ils sont à craindre pour quiconque leur donne sa confiance.
Quand vous délibérez, prenez dans le passé des exemples pour l'avenir : ce qui est déjà connu vous fera juger de ce que vous ne connaissez pas encore.
La persévérance est la compagne du courage ; l'obstination est le partage de l'ignorance.
Souvenez-vous de la conduite de votre père, c'est le plus bel exemple qu'on puisse suivre.
Réfléchis avec lenteur, mais exécute rapidement tes décisions.
Témoignez de votre affection par des effets plutôt que par des paroles.
Exerce-toi par des travaux volontaires, afin de pouvoir supporter ceux qui seront imposés.
Juge tes amis dans les moments fâcheux de la vie, et en voyant la part qu'ils prennent à tes périls.
Cherche à connaître ceux que tu fréquentes.
Évite les accusations sans fondement.
Entre les plaisirs recherche ceux qu'accompagne l'honneur.
Crains Dieu, et honore tes parents ; respecte tes amis, et obéis aux lois.
La richesse sert le vice bien plus que la vertu.
Tous ceux qui composent des exhortations pour leurs amis entreprennent une œuvre louable.
Les liaisons des gens frivoles se refroidissent en peu de temps.
Pense qu'il est également honteux de se laisser abattre par les méchancetés de ses ennemis, et de se laisser vaincre par ses amis en bienfaits.
Goûte les choses immortelles par l'élévation de tes sentiments, et les choses mortelles en jouissant avec modération des biens présents.
Biographie courte : Orateur, professeur de rhétorique et philosophe grec né en 436 av. J.-C. dans le dème d'Erchia de l'Athènes antique, Isocrate est décédé en octobre 338 av. J.-C., à l'âge 98 ans. Il fut le fondateur d'une école de rhétorique célèbre, qui forma nombre d'orateurs. Son idéal de culture, qu'il appela philosophie, enseignait que l'art de bien parler passait par l'art de bien penser. (