Recueil de poésie et de citations ainsi que des proverbes.

Johann Georg Zimmermann

Quelques mots sur l'auteur :

Photo de Johann Georg ZimmermannMédecin, botaniste, écrivain et philosophe suisse né le 8 octobre 1728 à Brugg dans le canton d'Argovie, Johann Georg Zimmermann est décédé le 7 octobre 1795 à Hanovre en Allemagne à l'âge de 66 ans. Pour de plus amples informations, lisez sa biographie sur Wikipédia.

Les 38 pensées et citations de Johann Georg Zimmermann :

La médisance, ce fléau si cruel, n'est un besoin que pour les âmes étroites et vides qui vont épier la conduite du voisin jusque chez lui, et relèvent, sans pitié, la moindre peccadille qu'il commet dans son ménage, sa cuisine ou dans son jardin.

Johann Georg Zimmermann - Les réflexions sur la solitude (1756)

Il est bon d'être deux fois solitaire dans le cours de sa vie. Dans la jeunesse, pour acquérir une infinité de connaissances utiles, et se former un caractère décidé, une façon de penser invariable pour toute la vie. Dans la vieillesse, pour jeter encore un coup-d'œil sur le chemin qu'on a parcouru, réfléchir sur tout ce qui nous est arrivé, sur toutes les fleurs que nous avons cueillies, et sur tous les orages de nos destins.

Johann Georg Zimmermann - Les réflexions sur la solitude (1756)

La solitude est un état de l'âme dans lequel elle s'abandonne librement à ses réflexions. Ainsi le sage qui oublie tout ce qui l'environne pour se recueillir en lui-même, n'est pas moins solitaire que celui qui fuit la société, pour se livrer entièrement aux douceurs d'une vie tranquille.

Johann Georg Zimmermann - Les réflexions sur la solitude (1756)

Souvent on est solitaire sans être seul ; il suffit pour cela de se livrer entièrement à ses réflexions.

Johann Georg Zimmermann - Les réflexions sur la solitude (1756)

J'aime à me rappeler les jouissances tranquilles de la solitude, à les opposer aux soucis et aux tracasseries du monde ; à méditer sur les puissantes consolations qu'elle nous offre quand le chagrin nous dessèche, quand les maladies nous touchent, quand le fardeau des ans nous écrase ; et sur son influence bienfaisante dans les peines du cœur.

Johann Georg Zimmermann - Les réflexions sur la solitude (1756)

Dans la solitude chacun s'abandonne sans règle et sans loi à ses idées, et suit aveuglément son goût et son tempérament, son penchant et ses lumières. Voyez les bergers de ces vastes prairies ; l'un chante la beauté de la femme dont il est épris ; l'autre lui ramasse des fleurs ; celui-ci n'a d'autre plaisir qu'à observer les splendeurs de la nature. Tout homme, quand il est entièrement libre, a le droit inné de suivre son humeur. Les uns aiment le chant flatteur du rossignol, d'autres aiment les cris lugubres du hibou nocturne. Il est tel homme à qui vos éternelles visites déplaisent ; lui, pour se distraire, il reste en sa demeure, écrit un poème, ou tue des mouches.

Johann Georg Zimmermann - Les réflexions sur la solitude (1756)

Être seul n'est pas bon pour les affligés, les larmes ne font que couler plus abondamment.

Johann Georg Zimmermann - Les réflexions sur la solitude (1756)

Les amoureux aiment la solitude et le calme. Ils cherchent du repos dans les lieux solitaires pour s'y livrer à la seule pensée qui leur fait aimer la vie à deux. Peu leur importe tout ce qui se passe dans les villes, tout ce qui ne respire pas l'amour, ou qui ne l'inspire pas.

Johann Georg Zimmermann - Les réflexions sur la solitude (1756)

La mélancolie est le fait d'un faux raisonnement, qui, avec le concours de certaines sensations maladives et pénibles, entretient dans l'âme les idées les plus décourageantes, et lui fait voir en elle et hors d'elle tous les objets sous le point de vue le plus affligeant.

Johann Georg Zimmermann - Les réflexions sur la solitude (1756)

La solitude ne peut vaincre l'amour, mais elle l'épure et le sanctifie. Ce qui est de la nature de l'homme doit rester dans l'homme ; il ne faut pas le détruire, mais apprendre à le bien diriger.

Johann Georg Zimmermann - Les réflexions sur la solitude (1756)

Les relations du monde sont une source inépuisable de nouvelles pensées et d'observations. Elles nous aident à exécuter des choses qui nous paraissent impossibles ; elles nous donnent cette grâce, cette souplesse, cette force qui entraîne le cœur et persuade l'esprit. Combien de savants qui, du fond de leur obscure retraite, prétendent éclairer les hommes, et qui ne savent pas même comment on agit sur les hommes !

Johann Georg Zimmermann - Les réflexions sur la solitude (1756)

Sans la variété, sans la distraction, l'homme s'engourdit dans la solitude lorsqu'il n'a pas assez de force pour soutenir longtemps un difficile effort. Ses idées prennent un caractère de roideur et d'inflexibilité, ses points de vue lui semblent préférables à tous ceux des autres, et il finit par ne plus estimer que lui-même.

Johann Georg Zimmermann - Les réflexions sur la solitude (1756)

La solitude accable celui qui, dans un état de langueur, ne peut s'occuper en lui-même ni avec lui-même. Il succombe au moindre effort, lorsque le devoir ou la passion ne le raniment pas, et l'ardeur de son esprit s'éteint dans un morne isolement, dans une sombre mélancolie.

Johann Georg Zimmermann - Les réflexions sur la solitude (1756)

L'homme, dans l'oisiveté de la solitude, est comme une eau stagnante qui n'a point d'écoulement et qui se corrompt.

Johann Georg Zimmermann - Les réflexions sur la solitude (1756)

Pour une belle âme, la solitude est le contre-poison de la misanthropie.

Johann Georg Zimmermann - Les réflexions sur la solitude (1756)

Rien ne conduit l'indolent dans la solitude, il y reste par l'effet de sa paresse flegmatique.

Johann Georg Zimmermann - Les réflexions sur la solitude (1756)

Les relations sociales peuvent être un salutaire délassement après le travail, les soucis de la journée, et en reposant l'esprit, elles lui donnent un nouveau ressort.

Johann Georg Zimmermann - Les réflexions sur la solitude (1756)

Les indolents s'effraient de voir venir la fin de l'année et se demandent chaque matin : Mais quand viendra donc le soir ? En été ils désirent être en hiver ; en hiver ils réclament l'été.

Johann Georg Zimmermann - Les réflexions sur la solitude (1756)

La stérilité de l'esprit fait fuir les plaisirs de l'intelligence, elle fait que l'on se moque de tout ce qui est vraiment grand et beau, que l'on dédaigne les productions des meilleurs écrivains et poètes. Tout ce qu'il y a de meilleur dans les œuvres de la pensée déplaît à ces flegmatiques créatures du monde qui n'ont ni la volonté, ni le pouvoir de sentir ces belles choses, qui ne cherchent partout qu'un passe-temps léger et qui, dans le vide de leur esprit, le cherchent partout sans le trouver.

Johann Georg Zimmermann - Les réflexions sur la solitude (1756)

La débauche peut seule animer l'indolent Sibérien. Son intelligence est si pauvre, si lourde, que rien de noble ne la frappe.

Johann Georg Zimmermann - Les réflexions sur la solitude (1756)

Il est plus facile de sentir que de penser, de recevoir que de donner, et celui qui ne prend pas l’initiative, aime assez qu'on la prenne envers lui. Voilà pourquoi on s'en va avec empressement là où l'on espère trouver du mouvement, de la gaieté, du bruit. Voilà pourquoi on recherche les soirées, les bals, les salons étincelants de lumière et de diamants, les danses voluptueuses qui éveillent tant de vives sensations ; rien de plus facile que de se procurer ces plaisirs factices ; quant à ceux de la solitude, on n'en jouit pas toujours sans un certain effort.

Johann Georg Zimmermann - Les réflexions sur la solitude (1756)

Tout ce qu'il y a d'essor dans l'esprit d'un homme, d'élan dans son cœur, est comprimé, paralysé par l'ennui qu'il éprouve ou qu'on lui fait éprouver. Dans cet ennui, on s'assied en silence au milieu d'une assemblée, on écoute d'une oreille indifférente ce qui se dit, on ne s'intéresse à aucun entretien, et souvent on perd soi-même toute espèce de pensées.

Johann Georg Zimmermann - Les réflexions sur la solitude (1756)

Le germe de l'amour naît quelquefois des émotions d'une âme qui ne se rend pas nettement compte de ses penchants, mais qui éprouve vivement qu'il n'est pas bon d'être seul.

Johann Georg Zimmermann - Les réflexions sur la solitude (1756)

Il existe un penchant factice pour la société qui souvent rend l'homme incapable de vivre avec lui-même. Ne trouvant plus aucune satisfaction dans son esprit, s'il s'éloigne du monde, il lui semble qu'il s'éloigne de toutes les joies de la vie : alors, adieu le bonheur possible, adieu les charmes de la solitude ! il faut à cet homme le mouvement, le bruit, l'éclat, les réunions nombreuses.

Johann Georg Zimmermann - Les réflexions sur la solitude (1756)

Il faut qu'une jeune fille ait un ami, ne fût-ce qu'un échalas.

Johann Georg Zimmermann - Les réflexions sur la solitude (1756)

Le ciel et la terre disparaissent près de la femme qu'on aime.

Johann Georg Zimmermann - Les réflexions sur la solitude (1756)

La solitude est une situation où l'âme s'abandonne à ses propres réflexions : nous jouissons de la solitude, soit lorsque nous prenons plaisir à nous séparer du tumulte humain, soit lorsque nous détournons notre pensée de ce qui nous entoure.

Johann Georg Zimmermann - Les réflexions sur la solitude (1756)

Dans cette vie inquiète, au milieu de la contrainte des devoirs et des affaires, dans les chaînes du monde, au déclin de mon existence, je veux me rappeler l'ombre de mes joies évanouies, l'ombre des jours de ma jeunesse, où je trouvais mon bonheur dans la solitude, où je n'entrevoyais pas de refuge plus doux que celui des cloîtres, des cellules bâties sur les montagnes, où je m'élançais avec ardeur dans les profondeurs des forêts, dans les ruines des vieux châteaux, et où je n'avais pas de plaisir plus vif que de m'entretenir avec les morts.

Johann Georg Zimmermann - Les réflexions sur la solitude (1756)

Rien de meilleur, en certains moments de la vie, qu'une solitude sage et dignement occupée ; rien de plus dangereux qu'une solitude où l'on ne porte que de mauvais penchants, qu'on ne cherche point à corriger, et des habitudes de désœuvrement.

Johann Georg Zimmermann - Les réflexions sur la solitude (1756)

Si la solitude calme et apaise les passions les plus fougueuses, il est possible aussi qu'elle les entretienne et leur donne un essor plus impétueux. Il faut, pour en goûter la salutaire influence, y porter des pensées de travail, des idées de raison.

Johann Georg Zimmermann - Les réflexions sur la solitude (1756)

L'homme est né pour vivre en société, il a des devoirs à remplir dans le monde, devoirs de citoyen, de famille, de relations affectueuses. Il ne doit pas briser la chaîne de ces devoirs pour se retrancher dans la retraite avec un froid égoïsme ou une sauvage misanthropie.

Johann Georg Zimmermann - Les réflexions sur la solitude (1756)

Le plus sot orgueil est celui qui naît de l'ignorance.

Johann Georg Zimmermann - Les réflexions sur la solitude (1756)

L'amour s'associe volontiers avec l'aspect de la belle nature ; l'enthousiasme subjugue les sens, et le cœur s'attendrit plus aisément sous des ombrages tranquilles que dans le tumulte de nos longues soirées.

Johann Georg Zimmermann - Les réflexions sur la solitude (1756)

Rien au monde ne donne tant d'esprit, même où il n'y en a pas naturellement, que l'amour.

Johann Georg Zimmermann - Les réflexions sur la solitude (1756)

Il n'est rien de plus court, rien de plus fragile, que le bonheur ! Souvent hélas ! au moment où nous en jouissons avec plus de sécurité, un coup imprévu et rapide vient frapper, jusque dans nos bras, la malheureuse victime du sort, tous les plaisirs de la vie, nous paraissent alors anéantis pour jamais, tout autour de nous devient lugubre et désert, tout inspire l'effroi. On étend ses bras en vain pour embrasser celle qui n'est plus, on l'appelle en vain ; on croit entendre ses pas, ces pas si connus. Tout nous paraît mort, et nous sommes morts pour tout ; la solitude nous environne de toute part ; partout nous nous croyons seuls avec notre cœur sanglant ; nous nous persuadons, dans notre abattement, qu'il n'est plus rien qui nous aime, et que nous n'aimons plus rien, et une vie sans amour est, pour le cœur qui a véritablement aimé, la mort la plus terrible ! Aussi l'infortuné qu'a éprouvé ce malheur veut vivre et mourir solitaire. Dans ces moments cruels, dans ce passage rapide du bonheur suprême au comble de l'infortune, il ne voit personne qui lui tende une main compatissante, une âme qui partage ses souffrances, qui s'en forme une idée ; car, c'est une perte qu'on ne connaît qu'après l'avoir sentie. Mais alors on cherche, on désire la solitude ; il n'est point de chagrin, point de tristesse qu'elle n'adoucisse, hélas !

Johann Georg Zimmermann - Les réflexions sur la solitude (1756)

La solitude est la consolation des cœurs trompés.

Johann Georg Zimmermann - Les réflexions sur la solitude (1756)

Lorsque la mélancolie éteint notre ardeur, nous perdons bientôt le goût du monde, de la vie, et nous nous retirons dans la solitude. Rien n'est plus inséparable des divers genres de mélancolie que le désir de s'éloigner des hommes, de rompre toute relation avec eux, de ne parler à personne, de ne voir personne, et de n'entretenir aucune correspondance.

Johann Georg Zimmermann - Les réflexions sur la solitude (1756)

Qui est mélancolique veut être seul pour se repaître en liberté des rêves, des images qu'il devrait par-dessus tout éviter. Les gens qui observent cet état maladif d'un homme mélancolique lui répètent qu'il doit se distraire, voir le monde, fréquenter ses proches de cœur. De tels avis sont sans doute dictés par une bonne intention, mais ils ne peuvent être efficacement suivis. Un homme mélancolique ne se résigne point à faire ce qui est contraire à ses goûts, à ses penchants, à sa conviction. La mélancolie jette le désordre dans l'âme : souvent elle anéantit les bienfaits de Dieu, le bonheur humain.

Johann Georg Zimmermann - Les réflexions sur la solitude (1756)

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