Marie de Flavigny, comtesse d'Agoult

Quelques mots sur l'auteur :

Marie d'Agoult

Femme de lettres et écrivaine française née le 31 décembre 1805 à Francfort-sur-le-Main en Allemagne, Marie d'Agoult, connue sous le pseudonyme de Daniel Stern, est décédée le 5 mars 1876 à Paris. Née Marie Catherine Sophie de Flavigny, elle épouse le comte Charles Louis Constant d'Agoult le 16 mai 1827. De cette union sont nées deux filles : Louise (1828-1834), et Claire (1830-1912).

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Les 164 citations de Marie d'Agoult :

Les plus amers censeurs des grandes ambitions, ce sont les petites cupidités.
Marie d'Agoult ; Esquisses morales (1849)

La sincérité est une qualité que beaucoup de gens revendiquent, mais plus sont fourbes et hypocrites que véritablement sincères.
Marie d'Agoult ; Esquisses morales (1849)

Il y a une sincérité haïssable, c'est celle qui ne souffre point à dire une vérité cruelle.
Marie d'Agoult ; Esquisses morales (1849)

Chaque âge a ses joies, ses satisfactions propres, ses peines et ses déplaisirs.
Marie d'Agoult ; Esquisses morales (1849)

On ne sait pas combien, dans l'âme d'un enfant, l'instinct de la justice est clairvoyant et inflexible, même alors qu'il est personnellement intéressé. L'enfant souffre bien davantage de votre amour excessif, partial, aveugle, qu'il ne souffrirait de votre sévérité, si rude qu'elle fût, pourvu qu'elle se montrât équitable.
Marie d'Agoult ; Esquisses morales (1849)

Bien des hommes ne s'aperçoivent pas que, pendant qu'ils croient élever leur enfant, leur enfant les élève. J'ai vu de ces éducations à rebours qui, bien qu'un peu tardives, avaient porté d'excellents fruits !
Marie d'Agoult ; Esquisses morales (1849)

Nous savons bien ce que nos enfants nous doivent, mais pensons-nous à ce que nous leur devons ? Si nous sommes la sécurité de leur existence, ils sont la grâce de la nôtre. La nature a doué leurs attitudes, leurs gestes, leurs sourires, d'un charme mystérieux, involontaire, qui paye et au delà tous nos soins. Nous exigeons trop d'eux en demandant davantage, et quand nous les nommons ingrats, nous risquons fort de l'être nous-mêmes.
Marie d'Agoult ; Esquisses morales (1849)

En contraignant nos enfants, comme on le fait, à recevoir plus de nourriture qu'il ne leur en faudrait, en les bourrant de connaissances indigestes, on en fait des esprits obèses, des cerveaux obstrués, où la vie ne circule plus.
Marie d'Agoult ; Esquisses morales (1849)

Vous respectez la vieillesse, c'est bien ; mais respectez donc aussi l'enfance ; respectez dans cette âme, à peine émanée du sein de la nature, l'image de Dieu que l'haleine corrompue de la société n'a point ternie encore ; respectez les desseins providentiels qui reposent dans ce berceau. Cet enfant sera peut-être Descartes, Washington, Michel-Ange ; et s'il n'est rien de tout cela, n'est-il pas déjà pour vous le souvenir vivant des ravissements de l'amour, le gage et comme le sourire de votre immortalité ?
Marie d'Agoult ; Esquisses morales (1849)

Dans l'enfant, la nature sommeille et fait un beau rêve. Cruels ! vous l'éveillez en sursaut, avant l'heure. Qu'y a-t-il donc de si pressé ? Craignez-vous que le temps lui manque pour souffrir ?
Marie d'Agoult ; Esquisses morales (1849)

L'enfant appartient-il à la famille ou à l'État ? L'enfant n'appartient qu'à Dieu. La notion de possession ne s'applique point à une créature libre. Votre autorité momentanée et conditionnelle n'est qu'un devoir et non un droit. Les parents sont des guides, et non des maîtres.
Marie d'Agoult ; Esquisses morales (1849)

Un grand esprit sans amour est un phénomène qui nous surprend et nous attriste. On dirait une de ces nuits d'été au Septentrion que l'on appelle nuits d'acier, dont la clarté morne fatigue l'œil et oppresse en quelque sorte la pensée.
Marie d'Agoult ; Esquisses morales (1849)

Il est des paroles qui montent comme la flamme ; d'autres qui tombent comme la pluie.
Marie d'Agoult ; Esquisses morales (1849)

Il y a des gens qui, avec peu de paroles, donnent beaucoup à penser ; d'autres qui, avec beaucoup de mots, éveillent peu d'idées. Ils ressemblent à ces deux aiguilles du cadran, dont l'une va très vite et ne marque que les secondes, tandis que l'autre, plus lente en sa marche, désigne les heures.
Marie d'Agoult ; Esquisses morales (1849)

Il y a un temps du verbe dont on devrait ne pas tant multiplier l'emploi dans le commun discours, c'est l'imparfait du conditionnel. À quoi servent, je vous prie, sinon à fatiguer l'oreille et la conscience, ces perpétuels : J'aurais du prévoir, vous auriez dû faire, etc... ? Les esprits fermes ne s'accommodent guère de ces conjugaisons de regrets inutiles.
Marie d'Agoult ; Esquisses morales (1849)

Certains esprits d'une trempe particulière, tout à la fois très délicate et très forte, peuvent se hasarder impunément jusqu'à ces limites extrêmes du monde intellectuel où la sagesse touche à la folie et semble parfois se confondre avec elle. Et c'est là, sous des latitudes indécises, en de vagues horizons, à d'étranges et indéfinissables clartés, que se font les plus merveilleuses rencontres de la vie morale.
Marie d'Agoult ; Esquisses morales (1849)

Il faut aller au loin, dans les lieux solitaires et d'accès difficile, pour chercher la vérité ; l'on ne sort guère de chez soi sans rencontrer l'erreur : L'homme est paresseux, il aime les compagnies faciles.
Marie d'Agoult ; Esquisses morales (1849)

Il y a trois sortes de bonté qu'il ne faudrait pas confondre : celle qui réside dans l'intelligence, celle qui a sa source dans le cœur, et celle enfin qui naît d'une certaine faiblesse, ou, pour me servir d'un mot moderne, d'une certaine impressionnabilité des nerfs. La première, plus grande, plus calme, plus constante, moins sujette à des excès et à des retours, mais un peu froide en apparence, se rencontre plus fréquemment chez les hommes ; on la pourrait nommer la bonté virile. La troisième, passagère, superficielle, capricieuse, est, hélas ! seule à l'usage de la plupart des femmes. Quant à la seconde, la bonté du cœur, je la tiens pour aussi rare que le génie.
Marie d'Agoult ; Esquisses morales (1849)

Tout le monde parle de l'amour, et chacun suppose l'avoir éprouvé, une fois au moins, en quelque rencontre de jeunesse, et se croit le droit d'affirmer dans l'âge mûr, suivant que ses souvenirs lui en ont laissé une image riante ou fâcheuse, que l'amour est une charmante faiblesse excusable dans les années d'inexpérience ; ou bien que l'amour est une ardeur des sens aussitôt éteinte que satisfaite ; ou bien encore que c'est la chimère des imaginations romanesques, et qu'on s'égare et se perd à la poursuivre. Mais la passion, la passion de l'amour, qui l'a connue ? Un homme, peut-être, dans un siècle ; et celui-là voudra-t-il, saura-t-il dire ce qu'il a ressenti ? Et s'il le dit, qui le comprendra ?
Marie d'Agoult ; Esquisses morales (1849)

Le vulgaire se plaint ou se vante d'être haï, calomnié, aimé, chéri. Le sage ne s'occupe point des sentiments qu'il inspire, mais de ceux qu'il éprouve. Il sait que ce qui est triste, amer, douloureux, ce n'est pas d'être haï, mais de haïr ; que ce qui est doux, noble, grand, divin, ce n'est pas d'être aimé, mais d'aimer.
Marie d'Agoult ; Esquisses morales (1849)

Le bon conseil vient au bon désir, on est toujours bien conseillé quand on veut l'être.
Marie d'Agoult ; Esquisses morales (1849)

L'habitude fait les camarades ; la passion ou l'intérêt fait les complices ; un certain bien commun fait les associés ; il n'est donné qu'à la sincérité et à la franchise de faire les amis.
Marie d'Agoult ; Esquisses morales (1849)

Le plus utile enseignement de l'expérience, c'est d'apprendre à se supporter soi-même.
Marie d'Agoult ; Esquisses morales (1849)

Au lieu de chercher absolument à vous consoler d'un malheur, apprenez à vous distraire.
Marie d'Agoult ; Esquisses morales (1849)

Bien des cœurs en cherchant le bonheur ont rencontré la joie passagère, et tout a fini en larmes.
Marie d'Agoult ; Esquisses morales (1849)