2 - Ce dictionnaire vous propose 144 citations et pensées de Marie du Deffand :
Un ami sincère et sévère est le plus grand de tous les biens de la vie.
L'esprit et le cœur contents contribuent beaucoup à la santé.
Je suis bien plus près de l'imbécillité que de la folie. Peut-être qu'un jour sortirai-je de cet état !
La vie passe, et quand on est parvenu à l'instant où elle finit, il n'y a plus de différence entre les gens heureux et les malheureux.
J'ai le malheur de n'être satisfaite de rien, ou de bien peu de chose. En fait de gens, comme en fait de livres, il y a toujours beaucoup à désirer, et encore plus à rejeter. Devoir supporter certaines personnes, cela n'est pas toujours facile. Il faudrait avoir plus de patience que je n'en ai.
Je me contente des gens que j'aime, et je connais bien peu de gens qui soient dignes qu'on les recherche !
Il y a des gens que j'applaudis rarement, parfois que je siffle, et avec qui je bâille.
Il n'y a de bonne société que celle des gens pour qui l'on a du penchant et qui en ont pour nous ; tout le reste me semble froid et sans intérêt.
Quand on dédaigne trop ceux que l'on adore pas il ne faut pas être offensé de leur indifférence.
Il n'est rien de si différent que les goûts.
On dit souvent beaucoup en ne disant rien.
La liberté, qu'on regarde comme le plus grand bonheur, a bien ses inconvénients ; être isolé ne me paraît pas un bien.
La raison apprécie la valeur des choses, et la faiblesse en rend dépendante.
Il est bon d'être philosophe, mais il n'est guère utile de passer pour tel.
Il est heureux de pouvoir se passer de ce dont on ne peut jouir.
Il est bien difficile de parler avec confiance quand on craint d'être écouté avec indifférence.
Il vaut mieux être un méchant original qu'une bonne copie.
L'ennui, c'est le ver solitaire qui absorbe tout, et qui fait que rien ne nous profite.
On a bien de la peine à avoir du plaisir.
Tous ceux qui disent qu'on peut être heureux et libre dans la pauvreté sont des menteurs, des fous et des sots.
Les sots d'aujourd'hui sont plats et froids, ils ne sont plus absurdes ni extravagants comme ils étaient autrefois.
La mort met les goujats et les empereurs au même rang.
Il faut dans la vie faire la part aux ennuis, aux dégoûts, aux chagrins, et jouir modestement du reste.
On dit bon nombre de paroles oiseuses quand on veut parler sans avoir rien à dire.
Parler pour ne rien dire à toujours été le propre des gens qui n'ont que des paroles oiseuses.
Nous louons hautement les qualités que nous croyons avoir, et nous admirons en silence celles dont nous sommes privés.
On n'a de l'esprit qu'autant qu'on a du cœur. C'est le cœur qui fait tout connaître, tout démêler ; tout est de son ressort.
Il est des gens si malheureux qu'on est honteux de se croire tel quand on se compare à eux.
Il y a du danger à trop approfondir certaines choses, il faut le plus souvent s'en tenir aux surfaces.
Tout m'abat, tout m'accable ; et si je ne fais pas cas des autres, j'en fais encore moins de moi.
Il est en mauvaise compagnie celui qui se trouve livré à lui-même quand il ne sait ni s'occuper, ni s'amuser de lectures.
Les trahisons et les infidélités, jamais elles ne s'effacent, rien ne peut les réparer.
Faire du bien à ses ennemis, c'est ressembler à l'encens qui parfume le feu par lequel il est consumé.
Le paradis le plus facile à concevoir est celui des Turcs : rien ne ressemble plus à un ange qu'une femme parfaite.
Souvent on exagère son malheur pour faire admirer son courage.
La vanité perd plus de femmes que l'amour.
Pour mener les hommes où l'on veut il suffit de leur persuader que le bonheur y est.
Les consolations sont pour la santé de l'âme ce qu'est la tisane pour celle du corps.
Les hommes sont bien différents des statues : la distance de celles-ci les rapetisse, et c'est l'approche des autres qui les réduit presque à rien.
L'amitié est la seule passion que l'âge n'amortit pas.
Tous discours sur certaine matière me paraissent inutiles ; le peuple ne les entend pas, la jeunesse ne s'en soucie guère, les gens d'esprit n'en ont pas besoin, et peut-on se soucier d'éclairer les sots ?
Ne nous flattons jamais d'établir la tolérance ; les persécutés la prêcheront toujours, et s'ils cessaient de l'être, ils ne l'exerceraient pas. Quelque opinion qu'aient les hommes, ils y veulent soumettre tout le monde.
Que chacun pense et vive à sa guise, et laissons chacun voir par ses lunettes.
Les phrases et les lieux communs dénotent une disette de sentiments et de pensées.
La finesse de l'esprit et la délicatesse du goût sont des qualités bien dangereuses lorsqu'elles ne sont pas accompagnées de l'indulgence et de la prudence.
Malgré tous vos défauts, je vous aime à la rage.
Vivre sans rien aimer c'est mourir tous les jours.
En amour, il n'y a que le premier pas qui coûte.
Nos années, nos ennemis, sont toujours en plus grand nombre que nous croyons.
Les imaginations vivent aiment mieux de loin que de près.
Les imbéciles et les sots sont les plus exacts, parce qu'ils ont tous la tête vide ; les sots suivent le plan, la marche qu'on leur indique, et par manque de réflexion et d'initiative, ils ne s'en écartent jamais.
Parlez-moi comme à une bête, mais à une bête bon enfant, à qui l'on peut tout dire, pourvu qu'on lui dise la vérité.
J'aime mieux la vérité toute crue ou toute nue, je n'ai pas besoin qu'on me dore la pilule.
J'aime l'amitié à la folie, mon cœur n'a jamais été fait que pour elle. Tout ce qui ressemble à l'amour m’est odieux, et je suis presque bien aise d'être vieille et hideuse pour ne pouvoir pas me méprendre aux sentiments qu’on a pour moi, et bien aise d'être aveugle pour être bien sûre que je ne puis en avoir d'autres que ceux de la plus pure et sainte amitié.
Le plus grand des plaisirs est de faire le bonheur de quelqu'un qui n'en a jamais eu de véritable dans sa vie.
Il est dangereux de dire ce qu'on pense à une personne fourbe ; ce sont des armes qu'on lui donne contre soi, et dont elle fait usage selon son caprice.
Il est bien difficile de pouvoir contenter quelqu'un de qui le bonheur ne peut être que surnaturel !
Il est impossible d'aimer ceux dont notre amour-propre est sans cesse humilié.
Il est agréable d'être loué par quelqu'un qui se connaît bien en mérite.
La société est composée de deux classes d'hommes, les sots et les fripons.
