Citations Paul Léautaud - Ses 73 citations

Paul Léautaud

Quelques mots sur l'auteur :

Photo de Paul Léautaud

Écrivain et critique littéraire français né le 18 janvier 1872 à Paris, Paul Léautaud est décédé le 22 février 1956 à Châtenay-Malabry dans les Hautes-de-Seine. Léautaud meurt à l'âge de 84 ans dans son pavillon de banlieue, il a été incinéré au cimetière du Père-Lachaise le samedi 26 février.

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Les 73 citations de Paul Léautaud :

Je le répète à chaque instant, à qui veut l'entendre : Le vrai talent littéraire, c'est d'écrire des livres comme on écrit des lettres, absolument. Tout ce qui n'est pas cela n'est que pathos, pose, rhétorique, enflure. Se laisser aller, ne pas chercher ses phrases, se moquer des négligences de style même, le ton de sincérité et de naturel y gagnera.
Paul Léautaud ; Le journal littéraire (1968)

Le caractère d'un homme se voit dans sa démarche.
Paul Léautaud ; Le journal littéraire (1968)

Comme tu m'aimerais si tu m'aimais comme je t'aime.
Paul Léautaud ; Les aphorismes (1872-1956)

Si j'avais un fils, je me garderais bien d'en faire une bête à concours. Je lui ferais tout bonnement apprendre à lire et à écrire. Je lui dirais ensuite : Fais comme moi. Fuis les examens, les examinateurs, les concours et les diplômes. Si tu as de l'esprit, ils te l'abîmeront. Si tu en es privé, ils ne t'en donneront pas. Imite-moi. Sorti de l'école communale à quinze ans, j'ai appris tout seul, par moi-même, sans personne, sans règles, sans direction arbitraire, ce qui me plaisait, ce qui me séduisait, ce qui correspondait à la nature de mon esprit (on n'apprend bien que ce qui plaît)
Paul Léautaud ; Passe-Temps (1928)

L'enseignement pédagogique est fait pour les paresseux, pour les esprits sans curiosité, pour les individus qui resteraient complètement ignares si on ne leur apprenait pas quelque chose de force, pour ainsi dire. II n'y a que l'élite qui compte, et l'élite ne se constitue pas avec des diplômes. Elle tient à la nature même de certains individus, supérieurs aux autres de naissance, et qui développent cette supériorité par eux-mêmes, sans avoir besoin de l'aide d'aucuns pédagogues, gens, le plus souvent, fort bornés et fort nuisibles.
Paul Léautaud ; Passe-Temps (1928)

Quand on ne connaît rien, on trouve tout admirable.
Paul Léautaud ; Marly-le-Roy et environs (1945)

Que de choses m'ont apprises, jusque sur moi-même, mes deux grands amours. Que de choses j'apprendrais encore si j'avais l'âge d'en avoir un troisième.
Paul Léautaud ; Les propos d'un jour (1947)

Pas de femmes plus agréables pour faire l'amour que les professionnelles.
Paul Léautaud ; Les propos d'un jour (1947)

Ne dites pas qu'une femme est laide tant que vous ne l'avez pas vue dans le plaisir de l'amour. La moins jolie peut l'y devenir.
Paul Léautaud ; Les propos d'un jour (1947)

À quoi bon avoir plusieurs maîtresses ? Pour se les représenter chacune, avec d'autres, dans les mêmes postures qu'elles ont avec soi ? Une seule suffit.
Paul Léautaud ; Les propos d'un jour (1947)

De tous les livres de Stendhal, celui que j'ai certainement le moins lu est De l'Amour. C'est pour moi beaucoup d'abstractions dans un domaine qui n'en comporte pas tant. Lui-même était extrêmement physique en amour. Gros sanguin, jouisseur sensuel, souvent « hussard », rien d'un amant au clair de lune. Il a idéalisé plus tard (Brulard, Souvenirs d'Égotisme), la faculté amoureuse éteinte (impuissant à quarante-neuf ans), sous l'effet du regret, qui embellit tout, comme le désir.
Paul Léautaud ; Les propos d'un jour (1947)

À soixante ans passés, je ne suis blasé en rien sur les plaisirs de l'amour. Je me moque moi-même : Vieille jeunesse !
Paul Léautaud ; Les propos d'un jour (1947)

Les plaisirs de l'amour n'ont toute leur saveur que dans la maturité. Ce n'est pas à vingt ans qu'un homme sait jouir pleinement du sexe d'une femme, ni une femme du sexe d'un homme.
Paul Léautaud ; Les propos d'un jour (1947)

La jalousie, les soupçons, les explications ? Merveilleux exercice intellectuel qui délie, assouplit l'esprit à examiner les pour, les contre, les coïncidences, les feintes, les contradictions, les vues justes ou fausses, le bon ou le mauvais, les chances d'erreur ou les risques de certitude.
Paul Léautaud ; Les propos d'un jour (1947)

À soixante ans passés, je n'ai pas encore fini de réfléchir sur cette maxime de La Rochefoucauld : On a bien de la peine à rompre quand on ne s'aime plus.
Paul Léautaud ; Les propos d'un jour (1947)

Je disais à une femme, dans un rendez-vous que j'avais avec elle, pour lui marquer mon ardeur : « J'attends cette soirée depuis trois jours. — Je vous en sais gré », me répondit-elle. Voilà la passion qu'elles ont, ou qu'elles laissent voir.
Paul Léautaud ; Les propos d'un jour (1947)

C'est curieux comme j'ai toujours été volé dans mes amours. Je veux dire que j'ai toujours donné plus que je ne recevais, que j'ai toujours montré plus de presse, de goût, d'ardeur qu'on ne m'en montrait. Cela vient sans doute que je portais partout la passion, la spontanéité, ce que j'appelais le franc-jeu, quand les femmes n'y mettent que calcul, prudence, dissimulation et diplomatie.
Paul Léautaud ; Les propos d'un jour (1947)

C'est en quittant de faire l'amour, dans la chaleur et la rêverie que me laissait le plaisir, également en m'y rendant, dans la passion qui m'animait, que souvent j'ai trouvé les meilleurs traits de mes écrits.
Paul Léautaud ; Les propos d'un jour (1947)

Un amant très épris disait à sa maîtresse, prénommée Marie, jouisseuse inépuisable : Je vous salue, Marie, pleine de f...
Paul Léautaud ; Les propos d'un jour (1947)

Aimer, c'est préférer un autre à soi-même.
Paul Léautaud ; Les propos d'un jour (1947)

Le plaisir de ma partenaire m'a toujours plus intéressé que le mien propre. Moi qui ne suis guère aimable de manières, je me conduis là comme un homme du monde : Vous d'abord, Madame. Moi, après.
Paul Léautaud ; Les propos d'un jour (1947)

Mes écrits m'ont souvent gâté mes amours. Par ce sang-froid toujours gardé, ce manque de « cristallisation », cette faculté d'observation restée intacte. Tant pis ! me suis-je dit chaque fois. Écrire d'abord. J'y sacrifierais l'univers.
Paul Léautaud ; Les propos d'un jour (1947)

Nous avons tous, homme ou femme, notre partenaire pour le plaisir de l'amour. On ne le trouve souvent que tard. Certains ne le trouvent jamais.
Paul Léautaud ; Les propos d'un jour (1947)

Aux yeux de tous, être les gens les plus indifférents l'un à l'autre, et jouir, en soi, de se connaître comme se connaissent deux amants. Être pour tout le monde la femme la plus indifférente à l'amour, et être, en secret, pour son amant, la créature la plus libertine — si j'avais été femme, quelle jouissance ! Je suis là comme je suis pour certains livres, que je voudrais être seul à connaître.
Paul Léautaud ; Les propos d'un jour (1947)

Le secret, surcroît de plaisir. Être l'amant d'une femme, être la maîtresse d'un homme, sans que personne s'en doute.
Paul Léautaud ; Les propos d'un jour (1947)