Citations Tahar Ben Jelloun - Ses 75 citations

Tahar Ben Jelloun

Quelques mots sur l'auteur :

Photo de Tahar Ben Jelloun

Écrivain et poète marocain de langue française né le 1er décembre 1944 à Fès au Maroc. Tahar Ben Jelloun vit à Tanger avec sa femme et ses enfants, si vous souhaitez découvrir davantage ce merveilleux poète et écrivain, visitez son site officiel : www.taharbenjelloun.org

Pour de plus amples informations, lisez sa biographie sur Wikipédia.

Les 75 citations de Tahar Ben Jelloun :

La liberté porte depuis quelque temps un gilet pare-balles qui la protège.
Tahar Ben Jelloun ; Un pays sur les nerfs (2017)

Très souvent, le raciste s'aime beaucoup. Il s'aime tellement qu'il n'a plus de place dans son cœur pour les autres, d'où son égoïsme.
Tahar Ben Jelloun ; Le racisme expliqué à ma fille (1997)

Quand on ne s'aime pas, on n'aime personne.
Tahar Ben Jelloun ; Le racisme expliqué à ma fille (1997)

L'islam incite les croyants à rendre visite aux mourants ; c'est une invite faisant du bien à leur égoïsme. Voir les autres mourir, c'est apprendre à vivre et aussi à mourir. Encore faut-il être capable, au passage, d'un peu d'humilité.
Tahar Ben Jelloun ; Que la blessure se ferme (2011)

Il fait un temps d'enfance abandonnée. La météo n'a rien prévu dans ce cas.
Tahar Ben Jelloun ; Que la blessure se ferme (2011)

Il est des vies qui traversent le temps sans que personne les réclame. Elles disparaissent avec les nuages, sans bruit, sans oraison. Il arrive que la poésie se souvienne d'elles ; on regarde autour de soi et on se dit : C'est peut-être de moi qu'il s'agit.
Tahar Ben Jelloun ; Que la blessure se ferme (2011)

On dit qu'il faut s'asseoir sur le bord d'un fleuve et attendre de voir passer le cadavre de l'ennemi. Cette sagesse est une mauvaise plaisanterie. Le goût de la vengeance ne se contenterait pas d'une histoire de voyeur apaisé. Surtout que l'ennemi n'a pas de cadavre puisqu'il habite le fantôme du Démon.
Tahar Ben Jelloun ; Que la blessure se ferme (2011)

Ceux qui confondent l'amour et la nuit commettent une erreur. Le sommeil est absence ; l'absence est une insulte à l'amour ; les rêves fatigués se souviennent mal du bonheur.
Tahar Ben Jelloun ; Que la blessure se ferme (2011)

On dit que l'arbre cache la forêt. Comment ? Avec son ombre, avec ses oiseaux, avec ses branches qui s'envolent et voyagent dans un livre mal écrit pour couvrir la douleur du monde.
Tahar Ben Jelloun ; Que la blessure se ferme (2011)

En Islam, l'enterrement d'un roi est aussi simple et rapide que celui d'un mendiant. Un imam crie « C'est un homme qu'on enterre ». Ni plus ni moins. L'égalité, enfin atteinte.
Tahar Ben Jelloun ; Que la blessure se ferme (2011)

On confond aisément amour et souffrance comme si le fait d'aimer ne pouvait être que la traversée d'un calvaire. Au bout du tunnel se trouve le comptoir de la culpabilité. On ne peut l'éviter.
Tahar Ben Jelloun ; Que la blessure se ferme (2011)

Le verbe « désaimer » (s'il existe) est une paresse : se détacher, se dégager, se détourner, dénouer, débarrasser, détruire, déconstruire... on pourrait à ce rythme ajouter dédésirer, si on bégaye c'est qu'il y a encore de l'émotion.
Tahar Ben Jelloun ; Que la blessure se ferme (2011)

Le mot « ivresse » se dit en latin crapula. Comment a-t-on fait pour désigner un individu « très malhonnête » par le mot « crapule » ? Je connais des crapules qui n'ont jamais été ivres si ce n'est d'avoir volé, menti, trahi, dépouillé la personne qui s'est trouvée sur leur chemin.
Tahar Ben Jelloun ; Que la blessure se ferme (2011)

Ceux qui ont la passion du mal excellent dans cette vocation afin de vivre longtemps, de profiter au maximum de la vie, et surtout d'avoir une belle mort : s'éteindre en dormant. Le mal préserve et conserve. En le pratiquant quotidiennement comme un sport, on est certain de décourager l'usure des cellules et des os.
Tahar Ben Jelloun ; Que la blessure se ferme (2011)

La célébrité, la notoriété, la fortune n'ont jamais intimidé ni éloigné la maladie ni l'amour. Dans un sens comme dans l'autre, ces choses-là ne sont que des paillettes, des illusions qui se confondent avec la mauvaise poussière de la vie.
Tahar Ben Jelloun ; Que la blessure se ferme (2011)

Je propose de mettre sur pied un « syndicat de la gratuité ». Y adhère celui ou celle qui donne à cette valeur son sens concret. La devise en sera : « donner c'est recevoir ». Attention à la litanie religieuse.
Tahar Ben Jelloun ; Que la blessure se ferme (2011)

Il est des mots qu'on devrait utiliser avec parcimonie car ils sont menacés de rejoindre le domaine des clichés. Ainsi, phantasme est à prendre avec des pincettes tellement il a été galvaudé par la psychologie sur papier glacé.
Tahar Ben Jelloun ; Que la blessure se ferme (2011)

Quand je regarde une femme, je la déshabille très doucement ; elle ne s'en rend pas compte. C'est lorsque je détourne mon regard qu'elle se vexe et pense que l'indécence tombe de mes yeux.
Tahar Ben Jelloun ; Que la blessure se ferme (2011)

Quand une femme relève sa chevelure, c'est pour montrer sa nuque et nous plonger dans la mer des illusions. L'érotisme tient parfois à un cheveu, présent, absent, volant.
Tahar Ben Jelloun ; Que la blessure se ferme (2011)

La politique et la comédie ont en commun le mensonge. Sauf qu'en politique, ne pas dire la vérité est une indignité, et que dans la comédie rien ne sert de la dire puisque tout a été inventé.
Tahar Ben Jelloun ; Que la blessure se ferme (2011)

Je propose qu'on ne dise plus « tomber amoureux » mais « s'élever amoureux ». Dans « tomber », il y a la possibilité de la chute ; dans l'élévation, plus dure sera la chute. C'est un souci de précision linguistique.
Tahar Ben Jelloun ; Que la blessure se ferme (2011)

Les discours racistes sont tous les mêmes : de la haine, de l'arrogance et un immense complexe d'infériorité qui cherche à se combler par la mort et les massacres.
Tahar Ben Jelloun ; L'auberge des pauvres (1997)

Les terroristes ont dit : « Nous avons vengé le Prophète. » L'esprit du Prophète ne leur a jamais rien demandé. Le prophète Mahomet, quand il s'adressait à ses soldats avant une bataille, leur recommandait expressément de « ne pas tuer les femmes, les enfants, les vieillards ; de ne pas arracher un palmier ou un arbre ; de ne pas détruire les maisons.
Tahar Ben Jelloun ; Un pays sur les nerfs (2017)

Le raciste est celui qui pense que tout ce qui est trop différent de lui le menace dans sa tranquillité.
Tahar Ben Jelloun ; Le racisme expliqué à ma fille (1997)

Le racisme quand il ne tue pas tend à blesser l'être dans ce qu'il a de plus profond.
Tahar Ben Jelloun ; La plus haute des solitudes (1977)