Les citations célèbres de Jean-Jacques Rousseau :
La seule punition de s'être aimés est l'obligation de s'aimer à jamais.
La véritable politesse consiste à marquer de la bienveillance aux hommes, elle se montre sans peine quand on en a. C'est pour celui qui n'en a pas qu'on est forcé de réduire en art ses apparences. Qu'on nous inspire dans l'éducation l'humanité et la bienfaisance, nous aurons de la politesse ou nous n'en aurons pas besoin.
L'homme bon tire le bien qu'il fait de son cœur, et non de sa bourse. Il donne aux malheureux son temps, ses soins, ses affections, sa personne ; et, dans l'estimation de ses bienfaits, à peine ose-t-il compter pour quelque chose l'argent qu'il répand sur les indigents.
Employons à nous rendre bons et heureux le temps que perdent les philosophes à chercher comment on doit l'être, et proposons-nous de grands exemples à imiter, plutôt que de vains systèmes à suivre.
Une des erreurs de notre âme, est d'employer la raison trop nue, comme si les hommes n'étaient qu'esprit. En négligeant la langue des signes qui parlent à l'imagination, l'on a perdu le plus énergique des langages.
Dites ce qui est vrai, faites ce qui est bien. Ce qui importe à l'homme, est de remplir ses devoirs sur la terre. C'est en s'oubliant qu'on travaille pour soi.
Quiconque raille un homme qu'il dit aimer, est assurément un effronté menteur.
Si vous voulez corriger quelqu'un d'un défaut, ne l'en raillez jamais, vous le révolterez au lieu de l'instruire. La leçon ne profite pas quand on méprise celui qui la donne.
Pour faire écouter ce qu'on dit, il faut se mettre à la place de ceux à qui l'on parle ; il faut être homme pour savoir parler au cœur humain.
Ô parents ! l'exemple ! l'exemple ! sans cela on ne réussit à rien auprès des enfants.
Apprenez-moi à quel crime s'arrête celui qui n'a de lois que les vœux de son cœur, et ne sait résister à rien de ce qu'il désire. Il n'y a point de bonheur sans courage, ni de vertu sans combat. La force est la base de toute vertu. La vertu n'appartient qu'à un être sensible par sa nature, et fort par sa volonté. C'est en cela que consiste le mérite de l'homme juste.
Le désordre et la fantaisie n'ont point de bornes, et font plus de pauvres que les vrais besoins.
La vanité de l'homme est la source de ses plus grandes peines. Il n'y a personne de si parfait, de si fêté, à qui elle ne donne encore plus de chagrin que de plaisir, et si jamais la vanité fit quelque heureux sur la terre, à coup sûr cet heureux-là n'était qu'un sot.
Jamais les cœurs sensibles n'aimeront les plaisirs bruyants, vain et stérile bonheur des gens qui ne sentent rien, et qui croient qu'étourdir sa vie c'est en jouir.
Si nous nous contentions d'être ce que nous sommes, nous n'aurions point à déplorer notre sort, mais pour chercher un bien-être imaginaire, nous nous donnons mille maux réels. Qui ne sait pas supporter un peu de souffrance, doit s'attendre à beaucoup souffrir.
Les illusions de l'orgueil sont la source de nos plus grands maux, mais la contemplation de la misère humaine rend le sage toujours modéré.
La condition naturelle de l'homme est de cultiver la terre, de vivre de ses fruits.
Maître, apprenez à votre élève à aimer tous les hommes, et même ceux qui le déprisent ; faites en sorte qu'il ne se place dans aucune classe, mais qu'il se retrouve dans toutes. Parlez devant lui du genre humain avec attendrissement, avec pitié même ; mais jamais avec mépris : homme, ne déshonore point l'homme.
L'abus du savoir produit l'incrédulité. Tout savant dédaigne le sentiment vulgaire, chacun en veut avoir un à soi. L'orgueilleuse philosophie mène à l'esprit fort, comme l'aveugle dévotion mène au fanatisme. Évitez ces extrémités, restez toujours ferme dans la voix de la vérité, ou ce qui vous paraîtra l'être dans la simplicité de votre cœur, sans jamais vous en détourner par vanité ni par faiblesse. Osez confesser Dieu aux philosophes ; osez prêcher l'humanité aux intolérants.
Sois homme, retiens ton cœur dans les bornes de ta condition. Etudie et connais ces bornes ; quelque étroites qu'elles soient, on n'est point malheureux tant qu'on s'y renferme.
La première et la plus importante qualité d'une femme est la douceur : faite pour obéir à un être aussi imparfait que l'homme, souvent si plein de vices, et toujours si plein de défauts, elle doit apprendre de bonne heure à souffrir même l'injustice et à supporter les torts d'un mari sans se plaindre : ce n'est pas pour lui, c'est pour elle qu'elle doit être douce.
L'ami de la vérité n'est point attaché à telle opinion plutôt qu'à telle autre ; quoi qu'il dise, pourvu qu'il le pense, il tend à son but.
Qui ne fait pas ce qu'il dit ne le dit jamais bien.
Malheur à quiconque prêche une morale qu'il ne pratique pas !
Le premier prix de la justice est le sentiment qu'on la pratique.
Combien de fois la voix intérieure nous dit qu'en faisant notre bien aux dépens d'autrui, nous faisons mal. Nous croyons suivre l'impulsion de la nature, et nous lui résistons : en écoutant ce qu'elle dit à nos sens, nous méprisons ce qu'elle dit à nos cœurs. L'être actif obéit, l'être passif commande. La conscience est la voix de l'âme ; les passions sont la voix du corps.
Conscience ! conscience ! instinct divin ; immortelle et céleste voix ; guide assuré d'un être ignorant et borné, mais intelligent et libre ; juge infaillible du bien et du mal, qui rend l'homme semblable à Dieu ; c'est toi qui fais l'excellence de sa nature et la moralité de ses actions, sans toi je ne sens rien en moi qui m'élève au-dessus des bêtes, que le triste privilège de m'égarer d'erreurs en erreurs, à l'aide d'un entendement sans règle et d'une raison sans principe.
La haine des méchants ne fait que s'animer davantage par l'impossibilité de trouver sur quoi la fonder, et le sentiment de leur propre injustice n'est qu'un grief de plus dans celui qui en est l'objet.
Dans l'amitié, gardez à jamais la noble candeur des belles âmes. On peut laisser penser aux indifférents ce qu'ils veulent, mais c'est un crime de souffrir qu'un ami nous fasse un mérite de ce que nous n'avons pas fait pour lui.
Toutes les grandes passions se forment dans la solitude ; on n'en a point de semblables dans le monde, où nul objet n'a le temps de faire une profonde impression, et où la multitude des goûts énerve la force des sentiments.
Je hais les mauvaises maximes encore plus que les mauvaises actions.
La force du devoir, la beauté de la vertu, entraînent, malgré nous, nos suffrages, et renversent nos insensés préjugés.
Pourquoi toujours des réponses ? Si ma méthode répond d'elle-même aux objections, elle est bonne ; si elle n'y répond pas, elle ne vaut rien.
Les fables peuvent instruire les hommes, mais il faut dire la vérité nue aux enfants : sitôt qu'on la couvre d'un voile, ils ne se donnent plus la peine de le lever.
Un cœur droit est le premier organe de la vérité.
Les abus sont toujours plus inépuisables que les richesses.
La vanité de l'homme est la source de ses plus grandes peines.
Je ne crois devoir à personne plus de ménagement qu'à moi-même.
Le faux ami n'aime que son propre intérêt, et si la cupidité le lui conseille, il devient ingrat et parjure.
L'amour-propre est un instrument utile, mais dangereux ; souvent il blesse la main qui s'en sert, et fait rarement du bien sans mal.