Le chant d'une jeune fille, de Honoré de Balzac

Le chant d'une jeune fille.

Recueil : Modeste Mignon (1844)

Mon cœur, lève-toi ! Déjà l'alouette
Secoue en chantant son aile au soleil ;
Ne dors plus, mon cœur, car la violette
Élève à Dieu l'encens de son réveil.

Chaque fleur vivante et bien reposée,
Ouvrant tour à tour les yeux pour se voir,
A dans son calice un peu de rosée,
Perle d'un jour qui lui sert de miroir.

On sent dans l'air pur que l'ange des roses
A passé la nuit à bénir les fleurs ;
On voit que pour lui toutes sont écloses.
Il vient d'en haut raviver leurs couleurs.

Ainsi, lève-toi, puisque l'alouette
Secoue en chantant son aile au soleil ;
Rien ne dort plus, mon cœur ! la violette
Élève à Dieu l'encens de son réveil.


Honoré de Balzac
(1799-1850)